Dr. Michael J. Breus

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Dr. Michael J. Breus
 

Couche-tard et lève-tôt auraient des structures cérébrales différentes

Publication: 10/12/2013 11:26

Faites-vous partie de ceux qui se lèvent avant l'aube et n'ont jamais besoin d'un réveil? Ou seriez-vous plutôt du genre à dormir jusqu'à midi si vous le pouviez? Avez-vous l'impression d'atteindre votre rythme de la journée en fin d'après-midi, ou préférez-vous accomplir les tâches importantes de la journée dès le matin?

Les gens ont en général leurs préférences pour les longues nuits ou les longues matinées. La place d'une personne sur cet éventail détermine fortement son chronotype -- sa disposition pour l'organisation des périodes quotidiennes d'activité ou de repos. Certains d'entre nous sont des sortes d'alouettes -- des lève-tot -- tandis que d'autres agissent plutôt comme des oiseaux de nuit. Le reste de la population se situe quelque part entre les deux.

Il semblerait en fait que ces dispositions soient déterminées par des éléments biologiques et génétiques. Les différents chronotypes sont liés à des variations génétiques, ainsi qu'à des différences de mode de vie et de disposition d'esprit, des fonctions cognitives et seraient à l'origine de certains problèmes de santé, dont les troubles du sommeil et la dépression.

De nouvelles recherches viennent de trouver la preuve de différences physiques dans les cerveaux de différents chronotypes. Des scientifiques à l'université d'Aix-la-Chapelle (Allemagne) ont scanné les cerveaux de lève-tôt, couche-tard et de chronotypes "intermédiaires". Ils ont découvert des différences structurelles dans les cerveaux des patients. Les chercheurs ont observé un groupe de 59 hommes et femmes de différents chronotypes: 16 étaient des lève-tôt, 20 des dormeurs intermédiaires et 23 des couche-tard. Ils ont découvert qu'en comparaison des lève-tôt et des intermédiaires, les couche-tard avaient une moindre densité de substance blanche dans plusieurs régions du cerveau. La substance blanche est un tissu adipeux facilitant la communication entre les cellules nerveuses. Une densité moins élevée de substance blanche a été associée à la dépression et à des perturbations des fonctions cognitives.

La cause de cette différence de qualité de substance blanche entre couche-tard et autres dormeurs n'est pas claire. Selon les suppositions des chercheurs, la moindre densité de substance blanche pourrait être un effet du "décalage horaire social"causé par les habitudes sommeil-éveil des couche-tard. Les personnes enclines à rester éveillées jusque tard dans la nuit et à se réveiller tard se trouvent en décalage avec l'organisation du monde qui les entoure, en particulier avec les horaires de travail ou d'école exigeant de se lever tôt. Cela peut amener les couche-tard à être en manque constant de sommeil et à ressentir les effets -- fatigue et insomnie de jour, difficultés de concentration, douleur physique et inconfort -- d'un décalage horaire normalement dû au voyage.

Les recherches indiquent que les personnes restant éveillées tard courent un plus grand risque de dépression. Des études ont aussi montré que les couche-tard étaient plus enclins à l'alcoolisme et au tabagisme, et disposés à manger plus, et de façon moins saine, que les lève-tôt ou les dormeurs "intermédiaires". Mais les recherches sur les chronotypes ne donnent pas que des résultats négatifs pour les couche-tard. Certaines études ont montré que les personnes qui restent debout jusque tard sont plus productives que les lève-tôt, et ont plus d'endurance au long de la journée. Une autre étude a démontré que les couche-tard faisaient preuve d'un meilleur raisonnement et de plus grandes habilités analytiques que les lève-tôt. Selon les recherches, les oiseaux de nuit ont en moyenne plus de réussite financière et professionnelle que les "alouettes".

La dernière étude en date est la première à offrir une preuve physique des différences neurologiques entre personnes ayant des habitudes de sommeil distinctes. Mais une autre étude a aussi montré que les inclinations à rester éveillé tard ou à se lever tôt sont largement causées par des différences biologiques et génétiques:

Les scientifiques ont découvert un gène "alarme" qui active l'horloge biologique du corps le matin à partir de la période de sommeil nocturne. identifier ce gène et sa fonction pourrait nous donner des informations importantes sur l'influence du chronotype et du rythme circadien sur le sommeil et la santé.

Plusieurs études portant sur des jumeaux ont permis de trouver des liens génétiques dans plusieurs aspects du sommeil, dont l'horaire circadien et les préférences sommeil/éveil.

Une étude a aussi révélé des différenxes dans la fonction métabolique du cerveau des couche-tard par-rapport aux lève-tôt et aux intermédiaires. Ces différences métaboliques ont été découvertes dans des régions du cerveau ayant une influence sur l'humeur, et expliqueraient pourquoi les couche-tard sont plus exposés aux dépressions liées à l'insomnie.

Récemment, des scientifiques ont identifiéune variante génétique ayant une forte influence sur l'horloge circadienne, et sur l'inclination à se coucher tard ou à se lever tôt. Cette variation génétique -- qui affecte presque la totalité de la population --peut modifier le cycle sommeil-éveil d'une personne jusqu'à 60 minutes sur 24h.

Si nos préférences de sommeil et d'éveil sont fortement influencées par la génétique et la biologie, que sommes-nous censés faire quand nos inclinations ne correspondent pas aux exigences et aux responsabilités de nos vies? Les facteurs génétiques semblent jouer un rôle important dans nos préférences, mais nous essayons encore de comprendre comment, et à quel point. Et nous sommes loin d'être sans ressources: les choix que nous faisons sur notre environnement et nos habitudes de sommeil peuvent aussi faire une grande différence. Une récente étude a montré que le fait de limiter l'exposition nocturne à la lumière artificielle et augmenter l'exposition à la lumière naturelle du soleil peut modifier plus tôt les cycles sommeil-éveil -- même chez les couche-tard. Avoir l'habitude de bien dormir-- en prenant garde de ne pas trop consommer d'alcool avant d'aller se coucher, s'imposer des horaires de sommeil et de réveil réguliers, s'assurer que la chambre est plongée dans l'obscurité et ne comprend aucun appareil électronique allumé -- peut aider à renforcer les horaires de sommeil, même si cela ne s'accorde pas parfaitement avec vos habitudes de sommeil.

Plus largement, espérons que la société va se décider à reconnaître le pouvoir de ces schémas biologiques de sommeil, et le besoin d'une flexibilité permettant aux gens de construire des horaires de travail correspondant mieux à leurs dispositions de sommeil. C'est une stratégie intelligente et respectueuse du sommeil qui serait bénéfique à la santé publique et à la productivité.

Dormez bien,
Michael J. Breus, PhD
The Sleep Doctor®
www.thesleepdoctor.com

Le livre de Michael J. Breus: The Sleep Doctor's Diet Plan: Lose Weight Through Better Sleep


Loading Slideshow...
  • Cachez ce réveil que je ne saurai voir

    Ne cherchez pas à savoir quelle heure il est. Vous rendrez compte qu'il est déjà trois heures du matin ne fera que vous stresser davantage. Planquez votre réveil sous votre lit, vous l'entendrez, mais vous ne le verrez pas. <em>Flickr photo by <a href="http://www.flickr.com/photos/szift/3196084839/" target="_hplink">Szift</a></em>

  • Aidez votre esprit à se détendre

    La nuit on pense à tout, à tout ce qu'on doit faire, ce qu'on devrait faire, ce qu'on aurait dû faire. D'où l'intérêt d'avoir un plan pour tenir éloigner cette angoisse. Quand vous sentez que votre esprit commence de tourner à toute vitesse ou encore quand vous êtes réveillé par le stress, prenez une fille de papier et notez tout ce que vous avez à faire. Cela vous permettra de faire le ménage dans votre tête. Si le stress l'emporte, prenez une grande inspiration et remémorez-vous ce que vous venez d'écrire sur votre petit bout de papier. Tout est sous contrôle, vous pouvez vous rendormir. <em>Flickr photo by <a href="http://www.flickr.com/photos/boboroshi/566081668/" target="_hplink">boboroshi</a></em>

  • Pensez à un lieu qui vous plaît

    Votre cerveau continue de bourrer? Rebecca Scott, docteur et experte en troubles du sommeil au <a href="http://www.nysleepinstitute.com/" target="_hplink">New York Sleep Institute</a> recommande de "penser très fort à une expérience positive ou à quelque chose ou quelqu'un qui vous aura rendu heureux." Pour le psychologue Robin Haight, il peut aussi être utile de se représenter dans un lieu confortable, à la plage, dans les bois, ou pourquoi pas dans un hamac, de sorte à vous détendre. <em>Flickr photo by <a href="http://www.flickr.com/photos/stevenworster/7666495156/" target="_hplink">Steven | Alan</a></em>

  • Luttez contre les bouffées de chaleur

    Pendant la ménopause, la diminution des niveaux d'oestrogènes peut provoquer des bouffées de chaleur. La nuit, elles sont susceptibles de vous réveiller. Si cela arrive souvent, gardez votre chambre fraîche. Ouvrez une fenêtre, installez un ventilateur ou l'air conditionné. Portez des vêtements plus légers, faites de même avec vos draps. Parlez-en aussi avec votre médecin. Il pourrait vous proposer un traitement à base d'hormones ou encore des antidépresseurs. <em>Flickr photo by <a href="http://www.flickr.com/photos/knitsteel/7753312236/" target="_hplink">knitsteel</a></em>

  • Il ronfle? Dites-lui d'aller voir un médecin

    Oui oui, ça se soigne.

  • Propriété privée!

    Tenez les enfants et les animaux éloignés de votre chambre à coucher. C'est parfois difficile, mais vous y gagnerez en tranquillité. Sauf si on s'agite devant votre porte.

  • Faites le black out

    La lumière et le bruit, aussi légers soient-ils sont susceptibles de vous déranger bien plus que vous ne l'imaginez. Éteignez votre téléphone et mettez le à charger hors de votre vue. Une chambre noire de chez noire aura des effets bénéfiques sur votre sommeil. De la même manière dégagez toutes les sources de lumière claire. Les veilleuses sombres ou la lumière de votre réveil ne perturberont pas vos niveaux de melatonine, vous pouvez donc en brancher dans les couloirs si jamais vous avez besoin de vous lever au milieu de la nuit. N'hésitez pas non plus à installer des rideaux occultant sur vos fenêtres. <em>Flickr photo by <a href="http://www.flickr.com/photos/natvella74/5966553925/" target="_hplink">MadEmoiselle Sugar</a> </em>

Loading Slideshow...
  • La paralysie du sommeil

    Endormie, ou sur le point de s'éveiller, la personne souffrant de paralysie du sommeil est tout à fait consciente mais incapable d'effectuer tout mouvement volontaire. À cette sensation d'immobilisation sont couramment associées des hallucinations auditives, kinesthésiques ou visuelles ainsi que des impressions d'oppression, de suffocation, de présence maléfique et de mort imminente. D'où l'anxiété et la peur. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paralysie_du_sommeil" target="_hplink">Ce trouble du sommeil</a> serait dû à des intrusions du sommeil paradoxal et de l'absence de tonus musculaire qui l'accompagne lors des transitions entre veille et sommeil. (Source: Wikipédia)

  • TCSP ou Trouble du Comportement en Sommeil Paradoxal

    Le <a href="http://www.sommeil-mg.net/spip/Troubles-du-Comportement-en" target="_hplink">Trouble du Comportement en Sommeil Paradoxal</a> (TCSP) est une parasomnie caractérisée par la survenue de comportements gestuels pendant le sommeil paradoxal (REM), et fréquemment rattachés à des situations vécues au cours d'un rêve. La personne endormie a des mouvements brusques, brutaux et bruyants: coups de pied ou de poing et parfois saute du lit en criant... Certaines crises donnent lieu à des situations d'insécurité pendant le sommeil qui peuvent avoir des répercussions familiales. La consultation est motivée par un accident (chute du lit) ou parce que les proches ont peur de se faire blesser. (Source: www.sommeil-mg.net/spip)

  • Le somnambulisme

    <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Somnambulisme" target="_hplink">Le somnambulisme</a> survient généralement durant de courtes périodes de transition entre les phases 3 et 4 du sommeil, ou sommeil profond. Les somnambules font l'expérience de déambulations nocturnes, en état d'inconscience, lors d'un sommeil lent profond. Ces déambulations peuvent être sans danger comme s'asseoir sur le lit, marcher dans la salle de bain ou nettoyer des objets, ou au contraire hasardeux comme faire la cuisine, conduire, faire des gestes violents, attraper des objets... Souvent, les somnambules se souviennent un peu, voire pas du tout de l'incident, car il n'existe aucune conscience dans leur gestuelle. Bien que leurs yeux soient ouverts, leur visage est sans expression. Le somnambulisme peut durer 30 secondes à 30 minutes. (Source: Wikipédia)

  • L'énurésie nocturne

    <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nur%C3%A9sie_nocturne" target="_hplink">Ce trouble est une affection</a> caractérisée par la survenue pendant le sommeil de mictions involontaires et inconscientes chez l'enfant de plus de cinq ans ou l'adulte. C'est ce que désigne familièrement l'expression «faire pipi au lit». L'énurésie est due à un sommeil trop profond, à un manque de maturité du réflexe de miction ou à un trouble psycho-affectif. Dans de rares cas, l'énurésie nocturne est le signe d'une malformation de l'appareil urinaire. Les causes peuvent en être multiples: problèmes psychologiques, de sommeil ou proprement urologique (cystite). Une constipation y est assez fréquemment associé et la génétique a un rôle à jouer. (Source: Wikipédia)

  • Les terreurs nocturnes

    <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_nocturne" target="_hplink">Une terreur nocturne</a> est un trouble spectaculaire du sommeil survenant en début de nuit et en phase de sommeil lent profond. La terreur nocturne commence par un cri de panique. L'enfant est souvent assis sur son lit, les yeux écarquillés et fixes; l'air terrifié, il hurle, et est insensible aux tentatives de ses parents pour le rassurer. Il ne garde aucun souvenir de la crise... qui laisse en général ses parents inquiets et désemparés. La terreur nocturne se rapproche du somnambulisme, mais est très différente du cauchemar qui survient plutôt en fin de nuit, et dont on garde le souvenir. Des terreurs nocturnes répétées sont observées chez 6% des enfants d'âge préscolaire, et sont encore plus fréquentes chez le très jeune enfant (mais elles seraient alors moins facilement identifiées). Moins d'1% des adultes en sont affectés. (Source: Wikipédia)

  • Le bruxisme

    Ce trouble consiste en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruxisme" target="_hplink">serrements et grincements de dents</a>. Cette parafonction peut se manifester pendant la journée mais plus souvent durant le sommeil, il est alors généralement inconscient. (Source: Wikipédia)

  • Le syndrome de la tête qui explose

    Il s'agit d'un trouble du sommeil totalement bénin, faisant partie des parasomnies. La personne sur le point de s'endormir ou légèrement endormie entend soudain un bruit fort, une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_la_t%C3%AAte_qui_explose" target="_hplink">impression d'explosion dans la tête</a>. Le bruit ne s'accompagne jamais de douleur. Par contre s'y associe très fréquemment l'apparition d'une sensation de flash lumineux, et des manifestations végétatives réactionnelles (sensation de difficultés respiratoires, palpitations...). Il s'agit d'une hallucination; le stress et l'anxiété pourraient en être la cause. (Source: Wikipédia)

 

Suivre Dr. Michael J. Breus sur Twitter: www.twitter.com/thesleepdoctor

Suivre Le HuffPost Québec