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Est-ce possible de reconstruire la confiance dans l'ère post Charbonneau?

20/04/2015 09:58 EDT | Actualisé 20/06/2015 05:12 EDT

Depuis quelques années, le Québec est plongé dans une profonde crise de confiance. La Commission Charbonneau a contribué à nous faire prendre conscience de cette situation. Claude Béland, ancien PDG du mouvement Desjardins, me mentionnait récemment, que nous sommes passés, en quelques décennies, d'une présomption de bonne foi à une présomption de méfiance envers notre prochain.

Mais que s'est-il passé ?

Bien entendu, il serait facile de mettre au banc des accusés nos entreprises de construction et d'ingénierie. Mais ne soyons pas dupes. Plusieurs sondages révèlent que la confiance des Québécois envers l'ensemble des métiers a dégringolé de 65% à 52% entre 2002 et 2015 (Léger Marketing) ! À noter que le Québec n'est pas seul à connaître pareil phénomène. Dans la 15e édition du Baromètre de confiance d'Edelman il est fait mention d'un effritement de la confiance au cours de la dernière année dans plusieurs pays industrialisés : Suède (52% à 41%), Allemagne (de 57% à 50%), Australie (de 58% à 52%) et Canada (de 60% à 53%). Les causes de ce phénomène sont nombreuses. Il est urgent de s'y attarder et prendre les mesures appropriées pour tenter de remédier à cette situation.

Est-ce possible de renverser la vapeur et de rehausser nos valeurs ?

Certains y croient, et j'en fais partie. Avec l'appui de plusieurs experts en confiance provenant d'Australie (Vanessa Hall), de France (Hervé Serieyx) et des États-Unis (Michelle et Dennis Reina), l'Institut de la confiance dans les organisations (Québec) abordera ce sujet lors du Sommet International de la Confiance dans les Organisations qui se tiendra à Montréal les 21 et 22 mai prochains. Ces conférenciers internationaux et plusieurs locaux (Caroline Néron, Christian Latreille, Diane Lemieux, Me Denis Gallant, Robert Poëti, Benoit Robert, etc.) partageront leurs réflexions, stratégies et expériences qui peuvent contribuer à mieux cerner le problème et nous aider à solidifier, maintenir et peut-être même reconstruire cette confiance.

Cependant, soyons réalistes, ce ne sera pas une mince tâche. Le premier pas est de reconnaître l'importance de cette confiance. Comme l'énonce Jean-Claude Deschênes (ex-président du CHUM), la confiance est comme l'huile d'un moteur. Imaginez ce qui arrive à un moteur lorsqu'il n'y a pas d'huile... celui-ci fige ou pire brûle. La confiance est comme cette huile. On ne l'a voit pas, mais elle est essentielle.

Un second ingrédient sera d'élire, de nommer, de développer et de faire connaitre des leaders, créateurs de confiance. Au Canada, les chefs d'entreprise n'obtiennent la faveur que de 28 % des Canadiens. Pourtant, au-delà de 95% des Québécois considèrent que les dirigeants d'entreprises se doivent d'améliorer le climat de confiance au sein de leur personnel ainsi qu'avec leurs clients, fournisseurs et autres parties prenantes.

Et vous, quelles sont vos pistes de solution ?

Tel que l'affirme Joseph Stiglitz, prix Nobel de l'économie, dans son livre Le prix de l'iniquité, il faudra impliquer et écouter la population, laquelle mérite notre confiance. Sinon nous allons tout droit dans un mur. C'est pourquoi je profite de cette tribune pour solliciter vos réflexions et vos pistes de solutions.

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