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Rater sa rentrée (VIDÉO/TWITTER)

12/02/2013 09:16 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

Comment rater la première journée de rentrée parlementaire?

Voter avec l'opposition pour dénoncer ses propres compressions en éducation, composer avec un député (Daniel Breton) qui roupille au début de la période des questions et passer l'avant-midi à répondre à Jacques Parizeau sur la gratuité scolaire.

L'épisode de la motion qui exigeait que le «le gouvernement renonce aux compressions budgétaires imposées en fin d'exercice financier aux universités» est cocasse, embarrassant, bien que sans conséquences graves. Présentée par le député de la CAQ, Stéphane Lebouyonnec (La Prairie), et appuyée par les autres partis, la motion aurait dû passer à la trappe rapidement.

À la surprise générale, le jeune député de Terrebonne, Mathieu Traversy, qui agissait en tant que leader parlementaire a donné son consentement au nom de son parti. Il a bien tenté, par la suite, de rattraper le vote, d'expliquer qu'il y avait eu confusion, mais le mal était fait.

Des motions à l'Assemblée nationale, il y en a tous les jours, mais elles n'ont pas toutes le même poids. En soirée, on spinnait, dans les officines du pouvoir, que la motion n'exprimait qu'un souhait, sans lier le gouvernement de quelconque façon. Sans doute, mais certaines de ces motions ont aussi servi à démontrer à Ottawa un désaccord profond sur une question précise.

C'est le côté ridicule de l'affaire qui fait mal. Les oppositions cherchent constamment à forcer le jeu en semant des petits pièges parlementaires, peu importe le parti au pouvoir. Le rôle du bureau du leader en Chambre c' est d'éviter ces pièges à ours et non de mettre les deux pieds dedans.

Après s'être parlés par l'intermédiaire des médias pendant neuf semaines, les élus ont pu se mesurer. Une bonne période des questions qui a porté sur, évidemment, les frais de scolarité, les garderies, les minicentrales, l'UPAC qui s'intéresse à Hydro-Québec au chantier de la Romaine.

Les ministres péquistes ont pris de l'assurance, mais quelqu'un pourrait suggérer à Pierre Duchesne, Enseignement supérieur, de répondre, à l'occasion, aux questions sans sombrer dans la partisanerie à outrance.

La première ministre, Pauline Marois, fait miroiter la Terre Promise au plan budgétaire en 2014-15 et les libéraux lui reprochent d'avoir conclu «un pacte avec les casseroles». Pour François Legault, se comporter en Nation c'est d'abord investir dans l'Éducation.

Intéressante question de Raymond Bachand, ex-ministre des Finances, qui estime que le gouvernement a transféré 250 millions $ de compressions dans la cour des universités pour préparer un «faux déficit zéro».

Ce que les gens retiendront peut-être c'est qu'en ce premier jour, le gouvernement s'est tiré dans les pieds, tout seul, comme un amateur.

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