LES BLOGUES

PKP: le dauphin pressé

09/03/2014 08:40 EDT | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

Avec Pierre Karl Péladeau, Pauline Marois s'est trouvé un ministre de l'Économie (si son parti est réélu) et un dauphin pressé de vendre la souveraineté.

L'annonce de la candidature du magnat de la presse est un coup fumant, car PKP représente tout à fait la philosophie entrepreneuriale qui manquait cruellement au PQ. C'est la caution économique dont le PQ a besoin pour pousser le projet indépendantiste.

Mais ce coup vient avec un prix qu'il est encore difficile de mesurer.

(D'abord, je dois mentionner, avant qu'on m'en fasse reproche, que j'ai travaillé pendant des années dans l'empire Québecor, après un passage prolongé chez Gesca).

Pas étonnant que l'annonce de la candidature de PKP ait été repoussée au lendemain du Conseil national du PQ, car on aurait sûrement entendu des vociférations dans les couloirs.

La méthode PKP est devenue, pour la gauche, le symbole du capitalisme sauvage à la québécoise, faisant fi des lois en matière de relations de travail. Le champion des lock-out rappelait Françoise David...

L'épisode rocambolesque de l'amphithéâtre de Québec a failli, par ailleurs, emporter Mme Marois il n'y a pas si longtemps.

Son recrutement consacre le virage à droite du PQ. On a calculé qu'il ne servait à rien de continuer le flirt avec Québec solidaire, car, les comtés à prendre pour avoir une majorité, sont en territoire de la CAQ.

De la réaction de Marc Laviolette du SPQ-Libre, on déduit que des syndicalistes vont se boucher le nez au nom de la quête du pays. Nul doute que l'arrivée de PKP va secouer des péquistes.

Le candidat-vedette a résolument mis le cap sur la souveraineté lors de sa conférence de presse.

Depuis le lancement de la campagne, Pauline Marois cherche à évacuer le thème du calendrier référendaire, mais PKP l'a ramené au premier plan.

Les libéraux se tapaient sur les cuisses en entendant le candidat de Saint-Jérôme. «Nous étions dans une élection entre Charte et économie, dorénavant c'est l'économie contre le référendum», confiait un organisateur du PLQ qui y voit un point tournant de cette élection référendaire.

PKP a surpris bien des observateurs en laissant planer l'impression qu'il aspire à succéder à Pauline Marois. Aux côtés de sa chef, il aurait été tout naturel qu'il affirme sa loyauté indéfectible. Bourde du néophyte ou ambition mal dissimulée, peu des gens qui l'ont connu le voient jouer les seconds violons ou se contenter d'être une plante verte. Les JF Lisée et Bernard Drainville ont dû prendre des notes.

Enfin, l'arrivée de PKP soulève bien des questions en ce qui concerne celui qui est actionnaire de contrôle de Québecor. La CAQ croit que PKP devra vendre ses actions. La nature des propriétés de l'homme d'affaires pose problème, en effet, et il est trop facile de s'en remettre au Commissaire à l'éthique.

Il faudra certaines garanties qu'on érige un rempart entre son empire médiatique et son rôle public.

La Caisse de dépôt et placement a investi des centaines de millions de ses déposants pour que Québecor se porte acquéreur de Vidéotron.

Je ne doute point du professionnalisme des journalistes de l'empire, mais, en politique, les apparences sont capitales et les soupçons vite éveillés.

Le saut en politique de PKP a provoqué un tsunami de réactions, mais les vagues ne sont pas terminées.

>Élections 2014: toutes les nouvelles et les blogues du HuffPost sur la campagne

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

PKP dans Saint-Jérôme

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.



>Comment connecter son compte HuffPost à Facebook pour pouvoir commenter?