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Le pouvoir d'attraction de Couillard

27/02/2014 02:30 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Philippe Couillard a des comtés, très sûrs, à offrir à un candidat qui a un solide profil économique:

Robert-Baldwin, Nelligan, Outremont et Verdun. Les deux premiers sont des forteresses libérales. Dans Robert-Baldwin, Pierre Marsan a récolté une majorité de 23 000 voix en 2012 et il a annoncé son départ de la politique. Quant à Yolande James, elle suivait derrière avec une avance de 19 000 voix sur son adversaire dans Nelligan.

Le comté d'Outremont a élu Raymond Bachand à trois reprises et, lors du dernier scrutin, ce dernier l'a emporté par 4800 voix, une majorité assez confortable. Auparavant, c'est le libéral Yves Séguin qui représentait Outremont. Verdun est un comté libéral en perte de vitesse. Les majorités de l'ineffable Henri-François Gautrin ne sont plus ce qu'elles étaient et il a été choisi par 547 voix. Toutefois, les libéraux vous confieront que Gautrin n'a pas fait campagne en 2012 et que Verdun demeure un bon comté.

Voilà donc des circonscriptions susceptibles d'attirer des grosses pointures du monde des affaires. Car le problème demeure pour le PLQ: à quelques jours du déclenchement des élections, on ne sait pas qui serait le ministre des Finances, ou de l'Économie d'un gouvernement Couillard. C'est embarrassant pour un parti dont le fonds de commerce est l'économie.

Le Parti québécois laisse filtrer les noms des personnalités recrutées, alors qu'au PLQ, c'est le silence radio.

La publication de gros noms à quelques jours du déclenchement crée l'impression d'un mouvement irrésistible. Les stratèges libéraux disent qu'ils attendent que Pauline Marois donne le signal de départ avant de faire connaître les noms des vedettes sur lesquelles ils ont mis le grappin. On fait valoir également que ce lui qui a un job important ne se lancera pas dans la bataille tant que les élections ne sont pas appelées officiellement.

Le fait est que la politique est moins attirante et le politicien, dévalorisé. Quel PDG laissera une carrière fructueuse pour aller gérer la décroissance et la grogne qui l'accompagne. Il faut donc de bons arguments et miser sur son sens de l'État pour le convaincre de faire le saut. Nombre de militants libéraux rêvent par ailleurs ouvertement d'une alliance avec la CAQ pour intégrer dans leur équipe les François Legault, Christian Dubé, Stéphane Le Bouyonnec, constatant que l'équipe économique de la Coalition a plus de profondeur à ce chapitre.

En 1985, Robert Bourassa s'était constitué un groupe de choc lors de son retour en politique. Il avait recruté Paul Gobeil, André Vallerand, Pierre MacDonald, Pierre Fortier notamment et promettait de gérer le Québec avec cette expertise du privé. Bourassa était, pour sa part, un économiste. Les résultats obtenus par ce swat team ont été mitigés, mais ces candidatures prestigieuses avaient dopé la campagne libérale. Jean Charest avait lui marqué des points en recrutant Raymond Bachand, un gestionnaire de haut vol associé au PQ.

Le nouveau chef du PLQ a donc des comtés avec une élection garantie à présenter à de grosses pointures dans le domaine économique. Le nom de Jacques Daoust, ex-président d'Investissement Québec, a été évoqué.

Le principal handicap de l'Opposition officielle en cette fin de mandat péquiste est sur le flanc de l'économie. Les derniers sondages ont sans doute aussi refroidi les ardeurs de gros candidats qui n'aspirent pas aux banquettes de l'opposition.

Bientôt, on pourra mesure le pouvoir d'attraction de Philippe Couillard.

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