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Le legs de Pauline Marois

16/04/2014 11:49 EDT | Actualisé 16/06/2014 05:12 EDT
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Quel est le legs de Pauline Marois, qui vient de tirer un trait sur une carrière politique de plus de 30 ans?

Dans les pages des livres d'histoire, elle restera la première femme première ministre du Québec. Ce n'est pas rien dans un univers aussi dur que la politique, qui a eu raison de gens comme René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard...

Le gouvernement qu'elle a dirigé durant 18 mois deviendra une parenthèse entre deux régimes libéraux. Le bilan de cette année et demie est pour le moins mitigé, celui de sa très longue carrière plus substantiel. Son départ ferme en effet un grand pan de la politique québécoise. Il ne reste pas beaucoup de politiciens actifs qui ont côtoyé René Lévesque.

Pauline Marois a plongé dans la vie politique en 1978 en travaillant pour Jacques Parizeau, puis Lise Payette. Élue une première fois en 1981 dans La Peltrie, ministre à 33 ans, elle a la plus longue feuille de route des élus de l'Assemblée nationale après avoir dirigé une dizaine de ministères, dont les plus importants: Santé, Éducation, Finances, Conseil du Trésor.

Son parcours rappelle qu'elle avait une ambition dévorante. Dès 1985, elle se présente au leadership contre Pierre-Marc Johnson pour remplacer René Lévesque. En 2001, elle cherche une alliance avec François Legault pour bloquer la route à Bernard Landry. En 2005, elle affronte André Boisclair et subit une défaite sévère.

Mme Marois affirme alors que «le coeur n'y est plus» et qu'elle veut «cultiver les fleurs dans son jardin», une expression qu'elle a reprise lors de sa seconde retraite. Elle cueille toutefois la présidence du Parti québécois en 2007, après l'épisode pénible de Boisclair.

Le PQ lui réserve un couronnement et redécouvre le mérite de l'expérience.

Mme Marois a traversé toutes les tempêtes qui ont marqué l'histoire du PQ, jouant assez habilement du jeu des alliances au conseil des ministres. La saga de l'amphithéâtre de Québec (avec un certain PKP, décidément) a pourtant bien failli la pousser vers la sortie.

Tout au long de ces 30 ans, elle a su résister et attendre son heure, car elle n'a jamais soulevé l'enthousiasme au sein des électeurs, comme en témoigne sa courte victoire contre Jean Charest en 2012.

Mme Marois souhaite qu'on se rappelle de son gouvernement pour avoir nettoyé les moeurs politiques. Une série de législations en effet, et principalement le financement limité à 100$ qui fera époque. Ce sont deux créatures libérales, l'UPAC et la Commission Charbonneau, qui ont fait le gros du travail, mais il est exact que le PQ avait maintenu la pression pendant des mois.

Si le bilan du gouvernement Marois avait été aussi bon que le clament les ministres défaits, il serait encore au pouvoir. Dans l'imaginaire populaire, ce sera plutôt le débat acrimonieux sur la Charte des valeurs qui stigmatisera ce 18 mois.

Mme Marois a mentionné que, jeune femme, elle souhaitait «changer le monde». Elle l'a fait en déconfessionnalisant les commissions scolaires et en poussant une politique familiale articulée autour de la mise sur pied d'un réseau de garderies. Ce sont des legs durables.

La politique est cruelle et Pauline Marois tire un trait sur trois décennies de combats de manière humiliante, battue dans son propre comté.

Elle devient le 6e ex-chef du PQ (Pierre-Marc Johnson, Bernard Landry, Jacques Parizeau, André Boisclair, Lucien Bouchard) mais elle a averti qu'elle ne jouera pas le rôle de «belle-mère» et qu'elle se ferait discrète.

Et selon vous, quel est le legs de Pauline Marois?

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