C'est fou ce que le discours change lorsqu'un parti prend le pouvoir.
Depuis que le Parti québécois gouverne, la taxe santé, décriée, est redevenue la contribution santé, le Plan marketing du Nord est rebaptisé Plan de développement du Nord, et on ne peut plus répudier les maires lorsqu'ils sont accusés ou soupçonnés de malversations.
Il fallait entendre les nouveaux ministres péquistes faire des pirouettes et des arabesques quand la commission Charbonneau a commencé à mettre à nu le système de corruption qui sévit à Montréal et lorsque la police a débarqué chez Gilles Vaillancourt, maire de Laval.
On ne demande plus la démission des élus municipaux, on les invite, tout au plus «à réfléchir» dans l'intérêt de leurs citoyens, et la tutelle, mon dieu, qui a osé évoquer ça?
La tutelle peut effectivement s'appliquer dans des petites villes par le biais de la Commission municipale et encore faut-il démontrer que le conseil de ville est inopérant. Quant aux maires, ils sont élus au suffrage universel et nous n'avons pas encore de mécanisme de destitution ou de «recall».
Le changement de ton du PQ est remarquable. En août dernier, en pleine campagne électorale, les candidats péquistes s'engageaient à mettre la ville de Mascouche en tutelle si leur parti l'emportait.
En mai, l'opposition péquiste a présenté une motion à l'Assemblée nationale afin que celle-ci enjoigne «le gouvernement qu'il intervienne afin que le maire de Mascouche se retire du conseil municipal dès maintenant...». La motion a été battue à 66 voix contre 42 et le PQ est monté aux barricades.
Durant la période des questions on se faisait fort de rappeler que le maire, Richard Marcotte, est un ancien candidat du Parti libéral que le gouvernement cherchait à protéger.
Le ministre des Relations internationales et responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, statuait ces jours-ci que (en parlant de la tutelle) «ceux qui parlent de ça ne connaissent pas ça, il n'y a pas de recours légal pour sortir les maires de l'équation».
Donc on doit comprendre qu'on a choisi, à l'époque, de tirer le maximum de bénéfice politique en sachant que le gouvernement était impuissant à sortir des maires.
Au chapitre de la petite politique, il faut retenir le discours de l'Alliance sociale, un regroupement de syndicats et d'associations étudiantes.
L'Alliance a voulu surfer sur les scandales révélés par la Commission Charbonneau pour pousser son agenda. Le SPGQ (Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec) a dénoncé le phénomène de la sous-traitance ajoutant «qu'avec la fonction publique, on a une garantie d'impartialité et d'imputabilité».
C'est vrai quand les fonctionnaires jouent leur rôle et servent de rempart pour protéger les intérêts collectifs. Ce qu'on voit devant la commission ce sont des ingénieurs syndiqués «sur le bras», des entrepreneurs de la ville de Montréal, trop heureux d'aller jouer au golf avec ceux-ci.
La Commissiion Charbonneau a à peine effleuré l'attribution des contrats au Ministère desTransports, le plus gros donneur d'ouvrage au Québec.
Faut-il rappeler que les employés du secteur municipal ont des conditions de travail chromées et des régimes de pension à l'abri des incertitudes ce qui devrait assurer leur indépendance et protéger le contribuable. Nous avons été trahis par les monsieurs TPS de ce monde.
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«Le gouvernement Marois veut inciter les fonctionnaires à dénoncer les actes répréhensibles dont ils seraient témoins dans le secteur public. Il envisage d'adopter une loi pour protéger les dénonciateurs, les whistleblowers, d'éventuelles représailles.
Fait peu connu, le PQ a déjà déposé un projet de loi en ce sens au moment où il était dans l'opposition. En 2009, le député Sylvain Simard, qui a quitté la vie politique plus tôt cette année, avait présenté le projet de loi 196 sur «la protection des dénonciateurs du secteur public québécois». Le gouvernement Charest n'a pas donné son aval pour que l'idée soit débattue à l'Assemblée nationale. Il n'a donc pas été adopté.»
A présent que le PLQ est en minorité à l'assemblée nationale, les choses vont aller beaucoup plus vite. Ils ne pourront plus faire de l'obstruction systématique pour se protéger, eux, leurs amis, et leurs élections et référendums truqués. Les libéraux sont les Lance Armstrong de la démocratie.
Pour ce qui est des municipalités, plusieurs villes au Canada et USA ont laissé à leur citoyen le pouvoir de '' Rappel'', un nombre déterminer de signataire est suffisant pour destituer un maire.
Est ce trop pour nos concitoyens ou trop pour nos gouvernements
(J'ai l'impression de vous servir votre propre médecine)
La collusion c'est de la petite biere en comparaison du tort que vous avez fait au Quebec et vous nous promettez de recommencer, pauvre petit peuple...
Pour la perte de sièges sociaux il y en a eu peu importe le gouvernement en place. C'est plutôt les achats d'entreprise qui décident où iront les sièges sociaux
Et ils vont continuer à faire des nominations politiques pour avoir des amis tranquilles aux postes clés.
1.a) Souhaitez-vous que l'opposition devienne plus fade et plus molle dans ses critiques face au gouvernement?
1.b) Souhaitez vous que le gouvernement devienne moins balancé, moins nuancé, qu'il gouverne à l'emporte-pièce?
1.c) toutes ces réponses?
2) Croyez-vous que la demande à l'effet que «le gouvernement intervienne afin que le maire X se retire du conseil municipal dès maintenant...» n'inclut pas «l'inviter, tout au plus «à réfléchir» dans l'intérêt de leurs citoyens»??
Ne croyez-vous pas qu'«inviter un maire à réfléchir» est une action infiniement plus «active» que «ne rien faire du tout»?
3) Niez-vous que les maires actuellement dans la soupe chaude sont libéraux?
Vous gagneriez à aller droit au but et à laisser tomber les insinuations sybillines. Peut-être que si vous faisiez cet effort, vous constateriez que vos insinuations ont l'air de mener nulle part, ou alors, à des conclusions sottes, fausses ou malhonnêtes.
Le véritable scandale c'est le refus des libéraux de déclencher cette commission d'enquête que tous réclamait. Deux ans à tergiverser. Eux lorsqu'ils étaient au pouvoir auraient pu changer cette loi pour destituer tous ces maires véreux. Mais l'allégeance libérale de ces escrocs a primé sur l'intérêt public.
Fallait pas toucher à ces bons libéraux...
Je ne suis pas inquiet M.Charette....je suis convaincu que le PQ va réussir là où les libéraux ont lamentablement échoué, sans doute à votre grand déplaisir.
C'est plutôt l'analyse des faits et des procédures judiciaires pour la mise en tutelle qui obligent à être réaliste.
Quand à votre dernier paragraphe sur les conditions de travail chromées il laisse pantois. C'est fort pratique de toujours blâmer les fonctionnaires et leur condition d'empli.
Ne serait-il pas aussi juste de mettre dans la balance les conditions plus que précaires des employés non syndiqués à la merci des humeurs du patron. Il faudrait également parler de cette attitude anti-syndicale de cette chaîne de dépanneurs et du grand MArt américain.