LES BLOGUES

PQ, on change de ton

28/10/2012 04:53 EDT | Actualisé 28/12/2012 05:12 EST
PC

C'est fou ce que le discours change lorsqu'un parti prend le pouvoir.

Depuis que le Parti québécois gouverne, la taxe santé, décriée, est redevenue la contribution santé, le Plan marketing du Nord est rebaptisé Plan de développement du Nord, et on ne peut plus répudier les maires lorsqu'ils sont accusés ou soupçonnés de malversations.

Il fallait entendre les nouveaux ministres péquistes faire des pirouettes et des arabesques quand la commission Charbonneau a commencé à mettre à nu le système de corruption qui sévit à Montréal et lorsque la police a débarqué chez Gilles Vaillancourt, maire de Laval.

On ne demande plus la démission des élus municipaux, on les invite, tout au plus «à réfléchir» dans l'intérêt de leurs citoyens, et la tutelle, mon dieu, qui a osé évoquer ça?

La tutelle peut effectivement s'appliquer dans des petites villes par le biais de la Commission municipale et encore faut-il démontrer que le conseil de ville est inopérant. Quant aux maires, ils sont élus au suffrage universel et nous n'avons pas encore de mécanisme de destitution ou de «recall».

Le changement de ton du PQ est remarquable. En août dernier, en pleine campagne électorale, les candidats péquistes s'engageaient à mettre la ville de Mascouche en tutelle si leur parti l'emportait.

En mai, l'opposition péquiste a présenté une motion à l'Assemblée nationale afin que celle-ci enjoigne «le gouvernement qu'il intervienne afin que le maire de Mascouche se retire du conseil municipal dès maintenant...». La motion a été battue à 66 voix contre 42 et le PQ est monté aux barricades.

Durant la période des questions on se faisait fort de rappeler que le maire, Richard Marcotte, est un ancien candidat du Parti libéral que le gouvernement cherchait à protéger.

Le ministre des Relations internationales et responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, statuait ces jours-ci que (en parlant de la tutelle) «ceux qui parlent de ça ne connaissent pas ça, il n'y a pas de recours légal pour sortir les maires de l'équation».

Donc on doit comprendre qu'on a choisi, à l'époque, de tirer le maximum de bénéfice politique en sachant que le gouvernement était impuissant à sortir des maires.

Au chapitre de la petite politique, il faut retenir le discours de l'Alliance sociale, un regroupement de syndicats et d'associations étudiantes.

L'Alliance a voulu surfer sur les scandales révélés par la Commission Charbonneau pour pousser son agenda. Le SPGQ (Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec) a dénoncé le phénomène de la sous-traitance ajoutant «qu'avec la fonction publique, on a une garantie d'impartialité et d'imputabilité».

C'est vrai quand les fonctionnaires jouent leur rôle et servent de rempart pour protéger les intérêts collectifs. Ce qu'on voit devant la commission ce sont des ingénieurs syndiqués «sur le bras», des entrepreneurs de la ville de Montréal, trop heureux d'aller jouer au golf avec ceux-ci.

La Commissiion Charbonneau a à peine effleuré l'attribution des contrats au Ministère desTransports, le plus gros donneur d'ouvrage au Québec.

Faut-il rappeler que les employés du secteur municipal ont des conditions de travail chromées et des régimes de pension à l'abri des incertitudes ce qui devrait assurer leur indépendance et protéger le contribuable. Nous avons été trahis par les monsieurs TPS de ce monde.

Le conseil des ministres de Pauline Marois