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Le niqab, un voile sur la campagne

16/09/2015 10:08 EDT | Actualisé 16/09/2016 05:12 EDT

Le débat sur le niqab coince les candidats libéraux et néo-démocrates au Québec.

Ils devront expliquer à leurs électeurs qu'une future citoyenne pourrait prêter serment à son pays d'adoption tout en dissimulant le visage. Refuser de se dévoiler dans un moment aussi solennel, c'est refuser les valeurs de sa terre d'accueil.

Il suffit d'écouter les lignes ouvertes pour constater à quel point c'est, au Québec, une cause entendue. Peut-être en raison du débat sur les accommodements raisonnables et celui sur la Charte des valeurs du Parti québécois, les Québécois se sont fait une tête.

En 2007, en pleine tourmente, le gouvernement Charest légiférait pour que le vote lors des élections se fasse à visage découvert.

La décision de la Cour d'appel de maintenir le jugement de première instance sur la directive d'Immigration Canada a projeté la question du niqab dans la campagne électorale. On peut reprocher au gouvernement conservateur de s'être trainé les pieds, et même d'entretenir à dessein cette controverse, mais il a raison de porter cette affaire devant la Cour suprême.

Le jugement fait ressortir le fait que la directive du ministère fédéral, interdisant le visage couvert lors de l'assermentation, n'est pas appuyée sur un texte de loi.

Pour mémoire, le gouvernement Harper s'était engagé, dans le Discours du Trône en 2007, à légiférer sur cette question. Deux projets de loi sont morts au feuilleton depuis.

Au dernier jour de la session à Ottawa, le gouvernement conservateur a déposé un projet de loi (C-75) pour régler la question et ... a fermé les livres.

Il s'engage maintenant, s'il est réélu, à passer la loi dans les 100 premiers jours.

Partisan indéfectible de la Charte des droits et du multiculturalisme, le Parti libéral du Canada estime qu'il faut défendre les droits des minorités à tout prix. Justin Trudeau ne peut fouler aux pieds la Charte imposée par son père au Canada.

Certains experts sont d'avis que le gouvernement canadien ne pourra interdire le port du niqab, dans certaines circonstances sans recourir à la clause dérogatoire qui permet de suspendre le droit à la liberté de religion.

Les 58 élus du NPD au Québec se retrouvent dans une position inconfortable, en porte-à- faux avec l'opinion générale au Québec.

Le Bloc québécois de Gilles Duceppe s'est empressé, comme il l'avait fait la semaine dernière sur la question des frappes contre l'État islamique, de prendre parti avec les conservateurs.

La question a rebondi à l'Assemblée nationale ou tous les partis ont réaffirmé que les services publics doivent être donnés et rendus à visage découvert.

Le gouvernement Couillard a refusé d'appuyer une motion présentée par Nathalie Roy de la CAQ qui enjoignait le gouvernement fédéral à rendre obligatoire le serment de citoyenneté à visage découvert. Il s'est retranché derrière les règles de procédure pour refuser son consentement.

Pour faire oublier cette frilosité parlementaire, le premier ministre Philippe Couillard a senti le besoin de réaffirmer la position officielle de son gouvernement.

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