LES BLOGUES

Martine Ouellet sur la sellette

31/10/2013 10:36 EDT | Actualisé 31/12/2013 05:12 EST

Mauvaise semaine au bureau pour Martine Ouellet. Son projet de loi sur les mines ( projet 43) a été torpillé par l'opposition et l'aluminerie Alcoa menace de faire une croix sur le Québec.

La position de la ministre des Ressources naturelles au sein du conseil des ministres apparaît plus fragile que jamais. Le gouvernement estime que la ministre a été victime d'une vendetta des libéraux qui lui pardonnent mal d'avoir bloqué la version précédente du projet de loi, pendant des mois.

La réalité c'est que la ministre n'a pas jugé bon de gagner des appuis auprès de la Coalition Avenir Québec (CAQ) pour faire adopter le principe du projet de loi, première étape vers son étude article par article. Appeler la CAQ une heure avant le vote, c'est ignorer le processus parlementaire et agir comme si on était majoritaire en Chambre.

Les oppositions demandaient des modifications au projet de loi, modifications sensées. La ministre a dit oui mais n'a pas voulu les coucher dans un texte amendé. Or, comme l'opposition ne lui fait pas confiance,le projet de loi est enterré, pour une 3e fois.

Durant la campagne électorale, le PQ ne jurait que par cette législation et Martine Ouellet se présentait comme la championne des redevances et de la transformation des ressources naturelles.

La menace d'Alcoa de retirer ses billes du Québec a semblé prendre par surprise la première ministre Pauline Marois. Pourtant, des informations en ce sens avaient déjà filtré.

Le 12 octobre, dans Le Quotidien, la ministre envoyait paître Rio Tinto Alcan et fermait la porte à toute négociation. Elle affirmait que cette entreprise «trompait la population» sur son tarif d'électricité ajoutant que «les négociations ont déjà eu lieu et les contrats sont signés».

Interrogée à l'Assemblée nationale, Mme Marois a souligné que son entourage immédiat s'occupait du dossier et n'a pas mentionné que sa ministre était impliquée.

Ce n'est pas la première rebuffade subie par la ministre des Ressources naturelles. L'an dernier, la saga sur les redevances minières s'est conclue quand le ministre des Finances, Nicolas Marceau, s'est emparé du dossier.

Le chantier majeur de l'électrification des transports a été confié à Daniel Breton, l'autre écologiste bon teint de ce gouvernement.

L'exploitation éventuelle du pétrole de la Gaspésie et de l'île d'Anticosti tombe sous la coupe du ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet.

Quand il est question d'Hydro-Québec, la juridiction est partagée bien souvent avec les Finances.

La menace d'Alcoa de fermer ses usines, à moins d'un dénouement heureux, peut saboter les bénéfices produits par la politique économique et industrielle lancée par le gouvernement Marois.

Comment convaincre les Québécois qu'on peut créer des milliers 'emplois si on ne réussit pas à sauvegarder ceux qu'on a?

Les jours de Martine Ouellet à titre de ministre des Ressources naturelles sont-ils comptés?

Elle n'a livré ni les redevances promises, ni le projet de loi 43 et son dogmatisme lui a fait bien des ennemis au Parlement.

Pour un gouvernement qui fait, dorénavant, de l'emploi sa priorité ça devient lourd à porter.

Le meilleur et le pire du gouvernement Marois

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.