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Les vaches sacrées du Québec

05/08/2014 11:34 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

Le gouvernement Couillard osera-t-il s'attaquer à certains services à la population qui sont devenus intouchables?

La question a été posée au premier ministre Philippe Couillard le 19 juin dernier au cours de l'étude des crédits du Conseil exécutif en commission parlementaire.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a fait remarquer que l'un des mandats de la Commission de révision permanente des programmes, celle qui est présidée par Lucienne Robillard et placée sous la férule de Martin Coiteux du Conseil du Trésor, est « ultimement de se rapprocher d'un niveau de dépenses comparable à celui des autres provinces ».

Atteindre l'équilibre budgétaire c'est une chose, d'observer Stéphane Bédard, mais ramener le niveau de dépenses à ce qui se fait dans le reste du Canada, c'en est une autre et cela commande des compressions majeures.

Selon cet ancien président du Conseil du Trésor, le Québec devrait couper 7 milliards $ de ses dépenses, en sus des 4 milliards $ déjà prévus, pour y parvenir. Le Québec est à 25,67%, alors que la moyenne canadienne est de 23%.

Il est clair, dit-il, que le gouvernement ne peut y parvenir avec des mesurettes et, s'il est sérieux, devra remettre en cause des programmes devenus des vaches sacrées.

Bédard a énuméré cinq programmes que se sont donnés les Québécois (ou plutôt que le gouvernement a jugé prioritaires) qui font partie de notre distinction: l'assurance médicaments, les frais de scolarité, les tarifs en garderie, les congés parentaux et l'indemnisation des victimes d'actes criminels.

Le chef de l'opposition a tenté de faire dire au premier ministre qu'il devra vider le panier des services à la population pour donner un coup de barre aussi décisif. Le PQ estime que le Québec peut choisir des programmes plus généreux qu'ailleurs, quitte à payer plus d'impôts et de taxes.

Philippe Couillard a fait valoir, bien sûr, qu'il fallait laisser travailler la Commission Robillard-Montmarquette, mais a martelé que « l'illusion est terminée » et que « des programmes de solidarité collective sur la carte de crédit, ce n'est que du vent ».

Somme toute, la générosité, il faut avoir les moyens de se la payer.

On comprend de son exposé que la volonté libérale est non seulement de retrouver l'équilibre d'ici un an, mais de casser définitivement la spirale des dépenses.

Tout cela demeure, pour le moment, bien théorique, mais les décisions difficiles se pointent au détour.

L'opposition péquiste se prépare à défendre la distinction dans les services et la facture qui vient avec.

Lucienne Robillard réussira-t-elle là où Paul Gobeil s'est cassé les dents en 1985-86 sous un gouvernement libéral?

Vivement critiqué, jugé trop radical, Gobeil avait été lâché par son chef, Robert Bourassa, et son rapport envoyé à la déchiqueteuse.

Le Québec avait alors manqué une belle occasion.

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