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Le bon motif

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Les Québécois sont presque en campagne électorale malgré l'adoption, en juin dernier, d'une loi qui établit qu'un appel au peuple doit se faire à date fixe.

Le statut de gouvernement minoritaire a le dos bien large. Le Parlement actuel n'est pas paralysé, en fait il est en congé depuis le début du mois de décembre et le calendrier prévoit deux semaines de relâche en février; et on a peine à identifier les projets de loi qui ont été bloqués par les oppositions.

Il y a celui sur la Banque de développement, le projet de loi 14 sur la langue, quant au projet de loi sur les mines il a été sauvé in extremis et ce n'est surement pas en raison de la flexibilité démontrée par la ministre Martine Ouellet.

Le projet de loi 60, la Charte des valeurs québécoises, aurait profité d'une majorité en Chambre mais, encore la, le projet fait l'objet d'une consultation de plusieurs mois. Le gouvernement serait bien mal venu de bulldozer sur une question aussi épineuse qui l'a bien servi.

L'adoption du projet de loi sur le Droit de mourir est une simple formalité. Quant à celui sur l'assurance-autonomie il semble baigner dans une bienheureuse utopie.

La première ministre a indiqué à la fin du caucus de son parti qu'elle voulait lutter à armes égales avec les oppositions. Donc on se retrouverait en élections... pour éviter que les autres partis ne les précipitent.
Comprendre donc qu'elle veut conserver la mainmise sur l'agenda politique et éviter que le PLQ et la CAQ n'actionnent la guillotine lors du vote sur un budget.

Du même souffle, elle affirme que le gouvernement ne présenterait pas de budget au cours des prochaines semaines. Pas de budget, pas de vote de confiance, donc moins de risque de se faire défaire.

Je trouverais irresponsable de nous lancer sur le sentier électoral sans un nouveau budget. Le premier budget de Nicolas Marceau date de 18 mois et ce dernier a présenté une simple mise en jour à l'automne parce que la situation était intenable.

Selon Mme Marois, les chiffres sont semblables. Un certain scepticisme s'impose quand on sait que le gouvernement s'est enfermé dans le déni en ce qui concerne le déficit qui est passé de zéro à 2,5 milliards$.

Pour quel motif serions-nous à nouveau en élections. Nous avons connu le thème des deux mains sur le volant (2008), celui de la loi ou la rue (2012), et cette fois-ci ce serait l'austérité ou la prospérité. Bien difficile de conclure que le Québec a prospéré en 2012-13. Je doute que ce thème tienne la route pendant 35 jours.

Tout citoyen informé sait bien que le prochain gouvernement, minoritaire ou majoritaire, sera condamné à l'austérité.

Si des élections sont appelées ce n'est pas parce que le gouvernement péquiste a les mains attachées mais plutôt parce Philippe Couillard est vacillant, que la CAQ traine dans les bas-fonds et que les sondages sont grisants.

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