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La république de Drainville

17/08/2014 07:16 EDT | Actualisé 17/10/2014 05:12 EDT

Bernard Drainville est devenu le premier candidat à la direction du Parti québécois à lancer le gant dans l'arène politique.

Dans le manifeste qu'il a publié cette semaine, il pose comme le champion de la clarté sur la raison d'être du PQ. Exit la souveraineté, cap sur l'indépendance pure et simple.Le député de Marie-Victorin a connu une forme d'illumination durant ses vacances en Écosse ce qui l'a convaincu de la nécessité pour les péquistes de «s'assumer pleinement comme indépendantistes».

Avec Drainville, fini le marketing politique qui a marqué les 30 dernières années et qui a travesti l'option. Il est amusant de constater que le discours du député péquiste rejoint, en grande partie, celui de Stéphane Dion, le père de la loi sur la clarté référendaire.

Les règles de la course au leadership du PQ ne seront connues que fin septembre, mais la sortie de Drainville va pousser les autres candidats à se définir. Il y a un risque de surenchère dans la chasse aux indépendantistes qui ont lâché le PQ.

Les dernières élections ont démontré que le flou artistique maintenu par Pauline Marois (et ses prédécesseurs) ne fait plus recette. Bernard Drainville pose une série de questions existentielles et demande, entre autres: «Quelle démocratie pour la république québécoise?»

Il veut renforcer le fardeau de la preuve au niveau des arguments en divisant les Québécois entre indépendantistes et «provincialistes», un terme plus réducteur que fédéralistes.

«Le fardeau de la preuve incombe aussi aux provincialistes et, franchement, il me semble plus lourd à porter que le nôtre», écrit-il. Argument fallacieux puisque c'est le PQ qui veut modifier radicalement le régime politique. (Malheureusement, l'autre camp ne parle même plus de fédéralisme renouvelé). S'il veut unifier le PQ, Drainville n'hésite donc pas à diviser les autres citoyens en deux groupes ce qui rappelle un certain débat sur la Charte des valeurs.

Le texte du candidat n'aborde que du bout des lèvres les problèmes immédiats des Québécois. Une petite phrase pour mentionner qu'il réfléchit «à la fiscalité et jusqu'aux moyens concrets d'aider les familles de la classe moyenne à boucler leurs fins de mois». Un paragraphe complet, pourtant, sur la politique étrangère du Québec: ONU, UNESCO, OTAN.

Le manifeste de Bernard Drainville illustre le danger qui guette le PQ dans la course au leadership, celui de se marginaliser en ne parlant qu'à ses membres.

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