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La grogne des régions

06/11/2014 09:28 EST | Actualisé 06/01/2015 05:12 EST

Le gouvernement Couillard bouscule les régions ou du moins les structures régionales. Il veut abolir les Agences de la santé, limiter le nombre de commissions scolaires, faire disparaître les Conférences régionales des élus (CRE), et remettre aux municipalités ou aux MRC les CLD (Centres locaux de développement), et coupe 300 millions$ dans les budgets des villes, grandes et petites. Pas étonnant que la grogne se manifeste à travers le Québec.

Cette semaine le Québec a connu un événement majeur alors que l'Union des Municipalités (UMQ) la Fédération québécoise des municipalités, le maire Denis Coderre de Montréal, le maire Régis Labeaume de Québec, ont entouré le premier ministre Philippe Couillard pour confirmer qu'ils consentaient à amputer leurs budgets de 300$ millions.

Les maires de la Métropole et de la Capitale ont expliqué qu'ils voulaient faire leur part pour redresser les finances publiques en 2015 et agir en élus responsables. Les présidents des deux associations de maires livraient le même discours, malgré la colère de plusieurs magistrats dans les villes de taille moyenne.

On se doute bien que le tandem Coderre-Labeaume escompte un retour d'ascenseur dans les projets de loi particuliers prévus par le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau.

Les présidents de l'UMQ et de la FQM jouent gros mais ils ont préféré prendre les devants et limiter les dégâts ( ils ont martelé que cette compression était pour 2015 uniquement) plutôt que de passer dans le tordeur. Québec et Montréal absorbent le tiers de la facture. Le maire Coderre a indiqué avoir prévu le coup tandis que Régis Labeaume a minimisé l'impact sur son budget et assuré que cela ne produirait pas de hausses de taxes.

Selon les chiffres du ministère des Affaires municipales, les villes ont mis pour un milliard de surplus de côté, ce qui est une bien mauvaise idée face à un gouvernement aussi vorace que fauché. Les CRE comptent bien peu de partisans contrairement aux CLD qui, dans certains cas, sont indispensables dans leur milieu. Le gouvernement libéral fait valoir qu'en donnant ces structures aux villes il répond à une de leurs demandes insistantes. La Fédération des Chambres de Commerce relevait récemment certaines aberrations dans le soutien aux entreprises. Dans la région de Québec, par exemple, on dénombre 44 organisations vouées, de près ou loin, au développement économique!

Dans tout ce rebrassage de structures, on discerne mal le plan d'ensemble. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ne cesse de répéter en commission parlementaire sur la loi 10 qu'il veut décentraliser le réseau, mais qu'il faut attendre la deuxième phase de son projet pour en comprendre la finalité. Cela demande un acte de foi.

Le citoyen garde l'impression que le gouvernement travaille à la pièce sans vision d'ensemble cohérente. Il appartient au premier ministre de dire ou s'en va le Québec et de préciser s'il mène la plus grande opération de décentralisation des pouvoirs qu'on ait connue, et si oui, vise-t-elle uniquement à soulager les finances publiques?

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