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La caution économique

13/10/2016 07:00 EDT | Actualisé 13/10/2016 07:00 EDT

Après deux ans au pouvoir, le gouvernement Couillard fait appel au milieu des affaires pour secouer l'économie du Québec.

Le comité consultatif sur l'économie et l'innovation lancé cette semaine regroupe un nombre impressionnant de décideurs-27- et est présidé par Monique Leroux, ex-grande patronne de Desjardins.

On dit souvent que lorsqu'un gouvernement ne sait pas quoi faire avec un dossier, il forme un comité.

Est-ce à dire que le gouvernement ne sait plus quoi faire pour doper l'activité économique?

Les comités Robillard (révision permanente des programmes) et Godbout (fiscalité), sur lesquels misait énormément le gouvernement, n'ont rien révolutionné jusqu'à ce jour.

Difficile de prévoir ce que conclura ce comité consultatif de 27 personnes, mais on peut supposer que ces dirigeants d'entreprise ne voudront ont pas que leur nom soit associé à un rapport destiné à une tablette.

Le gouvernement libéral s'est fait élire sur une stratégie économique incarnée par le trio économique (Daoust-Coiteux-Leitao). Le trio s'est disloqué et on a recruté la nouvelle ministre de l'Économie (Dominique Anglade) chez un adversaire politique, la CAQ.

Sam Hamad, qui a un profil économique, a été poussé sur les lignes de côté.

Au cours des derniers mois, le premier ministre s'est fait davantage remarquer par ses élans verts que par une obsession de nature économique.

Maintenant que l'austérité a fait son travail, et permis d'engranger des surplus, le gouvernement libéral veut se réapproprier l'étiquette du parti de l'économie.

L'annonce de la formation de ce comité consultatif démontre qu'on doit aller à l'extérieur du cercle du pouvoir pour innover. Je croyais que c'était le mandat de Mme Anglade.

La région de Québec a raison de protester contre le fait qu'elle n'a pas de représentant dans ce groupe. Son économie pourrait servir de modèle pour le reste du Québec. Encore une fois, la sensibilité politique a fait défaut. Il faudrait parler du comité du Montréal inc plutôt que du Québec inc.

Tant mieux si ce comité consultatif pointe des façons de propulser l'économie québécoise en mobilisant ses forces vives. À court terme, ce rapport servira avant tout à redonner une caution économique à un gouvernement qui en a besoin.

Le rapport Leroux présage peut-être, par ailleurs, de l'entrée en politique de Monique Leroux lors des élections générales, quel beau tremplin.

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