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Justin n'avait pas le choix

09/11/2014 09:54 EST | Actualisé 09/01/2015 05:12 EST

Justin Trudeau n'avait pas d'autre option que de sanctionner ses députés soupçonnés de harcèlement sexuel dans la mesure ou il a été mis au courant des allégations par une élue d'un autre parti politique.

C'est le côté inusité de cette affaire, c'est-à-dire qu'elle implique des représentants du peuple. La colline parlementaire est un milieu assez fermé et quiconque l'a fréquenté sait que certains s'y comportent comme sur un territoire de chasse.

Loin de leurs circonscriptions, pour de longues périodes, bien des députés ont une vie sociale très active.

Par le passé, les cas de harcèlement connus touchaient généralement le «staff», secrétaires, adjoints politiques, stagiaires, qui ont bien souvent un statut précaire.

Mais voilà qu'une députée néo-démocrate va à la rencontre du chef libéral, lors des funérailles du soldat Nathan Cerillo à Hamilton le 28 octobre, pour dénoncer le comportement de l'un de ses troupiers. On doit en conclure qu'elle était désespérée pour prendre cette initiative.

Le chef du PLC n'a pas identifié les deux plaignantes ni divulgué le nom de leur parti, c'est le NPD qui a vendu la mèche et accusé Justin Trudeau d'en faire doublement des victimes.

Imaginons que le chef du PLC décide de mettre cette affaire embarrassante sous le boisseau, comme il aurait été commode de le faire, et qu'elle resurgisse plus tard dans cette année électorale. Il aurait été accusé de «cover-up».

On doit supposer que Justin Trudeau a agi par conviction personnelle en appliquant la tolérance zéro dans ces cas. (Étudiant universitaire, il s'est investi dans un comité sur les agressions sexuelles).

Au plan politique, il aura désamorcé une bombe à retardement.

Deux choses demeurent irritantes dans cette affaire. D'abord on ne sait rien des «fautes personnelles» qu'auraient commises les députés Scott Andrews et Massimo Pacetti qui ont nié les allégations de harcèlement.

Par manque d'information sur la gravité des gestes, il est difficile de juger s'ils méritaient, chacun de son côté, la peine capitale pour un élu, être chassés du parti. Encore là, on présume que le harcèlement était sérieux, au point de forcer le PLC à se priver de deux députés.

Par ailleurs, comment se fait-il que la Chambre des Communes qui vote des lois et défend des principes d'égalité n'ait pas de mécanisme qui permet de traiter le harcèlement au travail? Une députée forcée de faire appel au chef d'un autre parti, c'est du jamais vu.

Dans le parlement fédéral se croit-on au-dessus de ces considérations au sommet de l'Olympe.

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