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GND le chef solidaire

09/03/2017 10:19 EST | Actualisé 10/03/2017 09:28 EST

Gabriel Nadeau-Dubois se pose dorénavant comme le véritable chef de Québec solidaire.

Dès l'annonce de son saut chez QS (oh surprise), il a étalé son plan devant les médias: devenir officiellement le co-porte-parole, sortir le parti de l'île de Montréal, trouver des candidats solides pour les élections, avaler Option nationale, regarder la possibilité d'ententes ponctuelles avec le Parti québécois...

Assez ironiquement, Gabriel Nadeau-Dubois emprunte des thèmes qui ont fait la fortune électorale de Donald Trump. Il préférerait sans doute qu'on le compare à Bernie Sanders.

Ce n'était pas le discours d'un simple candidat qui veut se faire élire dans le comté de Gouin.

Assez ironiquement, Gabriel Nadeau-Dubois emprunte des thèmes qui ont fait la fortune électorale de Donald Trump. Il préférerait sans doute qu'on le compare à Bernie Sanders.

Il a dénoncé à plusieurs reprises durant son allocution les traités de libre-échange qui auraient, croit-il, éliminé des jobs en région. Il estime que le Québec dépend trop de ses exportations (???).

Ce débat est pourtant réglé depuis longtemps au Québec, mais a toujours cours dans les milieux syndicaux.

GND a épinglé en bloc tous les politiciens du Québec. Les jeunes, a-t-il dit, doivent faire de la politique, pour «sortir la classe politique actuelle qui, depuis 30 ans, a trahi le Québec». Trahis le Québec? Les René Lévesque, les Jacques Parizeau, les Lucien Bouchard, les Jean Charest, les Pauline Marois, les Bernard Landry...?

Voilà un jugement réducteur et méprisant.

Quelle arrogance chez cet ex-leader étudiant qui a été incapable, durant le printemps de 2012, de dénoncer les débordements au sein du mouvement étudiant.

Le discours ressemble un tantinet au discours «anti-establishment», anti-élite, de Trump qui s'est engagé à «vider la swamp» de Washington.

L'arrivée de GND sur la scène politique annonce des jours sombres pour la convergence PQ-QS. À ses yeux, le PQ et le PLQ c'est du pareil au même, deux partis obsédés par les finances publiques. Seule Option nationale (0,7% des votes) est fréquentable, selon son analyse.

Jean-François Lisée a beaucoup misé sur Paul St-Pierre-Plamondon pour ramener des jeunes dans le giron péquiste, mais GND vient changer la donne au sein d'un jeune électorat qui penche à gauche.

GND sera candidat dans Gouin, un comté qui a donné de solides majorités à Françoise David (50% du vote). Le PQ a préféré capituler avant de livrer bataille en ne présentant pas de candidat.

Personnellement, je trouve inadmissible que l'opposition officielle refuse de faire face aux électeurs sous prétexte de convergence.

Si tu aspires à diriger le Québec, tu dois te présenter, aussi, dans les comtés perdus d'avance. L'expérience nous prouve, par ailleurs, qu'on ne peut additionner bêtement les votes de différents partis. Le PQ appose l'étiquette de solidaires sur le 20% des électeurs de Gouin qui ont voté pour lui en 2014.

Quand le PQ de Lisée arrêtera-t-il de se comporter comme un amoureux éconduit qui vogue de rebuffade en rebuffade?

Voilà de quoi alimenter les réflexions du chef péquiste durant sa tournée européenne.

Difficile de prédire où mènera la carrière politique de GND. Sera-t-elle plus longue que celle de Léo Bureau-Blouin ou de Martine Desjardins?