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Emploi: le nez dans le pare-brise

11/11/2014 09:09 EST | Actualisé 11/01/2015 05:12 EST

Le «parti de l'emploi» en arrache avec l'emploi. 82 000 jobs à temps plein se sont évaporés depuis 7 mois et le gouvernement Couillard ne peut invoquer une conjoncture nord-américaine, des emplois apparaissent en Ontario et aux États-Unis.

On a indéniablement surestimé «l'effet libéral» qui devait se manifester après 18 mois de régime Marois.

La stratégie économique libérale repose sur deux piliers principaux, le Plan Nord et une stratégie maritime très embryonnaire. Le Plan Nord est tributaire d'un marché mondial des minerais qui est à plat et qui ne donnera pas de résultats avant bien des années.

On peut faire miroiter des emplois au nord du 49e parallèle, mais cela ne règle pas nécessairement le cas du chômeur de Repentigny.

Les libéraux nous ont aussi présenté un «trio économique» redoutable (Coiteux-Leitao-Daoust). La partie compression des finances est bien engagée mais on ne peut en dire autant du volet investissement privé.

Aux Finances, Carlos Leitao, bien que compétent, manque de sens politique.

Encore une fois le premier ministre Philippe Couillard a dû corriger le tir et affirmer que la création de 250 000 emplois, sur 5 ans, c'est un engagement formel et non une simple «cible (une cible, ça peut se rater).

Rappelez-vous que, bien maladroitement, le titulaire des Finances avait dit que le Québec pourrait occuper l'espace fiscal libéré par Ottawa.

Le Parti québécois n'a pas tort quand il dit que le gouvernement nourrit l'incertitude générale avec sa vague de compressions, réelles ou non. Les Québécois ont le sentiment que le ciel va leur tomber sur la tête alors, qu'en réalité, les dépenses publiques sont en hausse de 3% cette année.

«Notre message est bien passé dans la population», confiait récemment un attaché politique libéral «on est victime de notre succès à ce chapitre».

Le gouvernement Couillard n'aide pas sa cause en laissant planer bien des décisions. La mobilisation sur la modulation des frais de garderie s'est faite sur une fuite dans un quotidien et non sur une politique officielle, politique qu'on attend toujours.

Nous sommes à la mi-novembre et on ne sait rien des recommandations du groupe de travail de Lucienne Robillard sur la révision des programmes. Le PQ et la CAQ pressent le gouvernement de présenter un plan de relance économique rapidement. L'occasion se présente avec la mise à jour des finances début décembre, mise à jour qui prend la forme d'un mini-budget.

Toutefois, il faudra attendre 2015 avant que le gouvernement mette l'accent sur les investissements.

Une grande interrogation alarme le gouvernement: la démographie est-elle en train de plomber le marché de l'emploi au point de changer la donne pour longtemps. Le rapport Godbout-Montmarquette d'avril dernier notait que le nombre de personnes âgées de 18 à 64 ans commence à diminuer en 2014 et anticipait une «décélération de la croissance économique au cours des prochaines années».

Mardi, le premier ministre a affirmé en Chambre qu'il avait senti une «grande énergie» auprès des entrepreneurs venus discuter du Plan Nord à Saguenay. Devant cet auditoire, il a aussi fait valoir «qu'il faut s'enlever le nez de sur le pare-brise», dans le sens ou le prix du minerai ne peut que remonter.

Entretemps, des chercheurs d'emploi ont le nez collé dans le pare-brise.

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