Donald Charette

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Élections: fenêtre ou soupirail

Publication: 12/07/2012 17:58

Les libéraux avaient encerclé 3 dates en septembre pour la tenue d'élections le mardi 4 et les lundis 10 et 17.

Le 4 l'a emporté car le gouvernement craint que la fenêtre politique se referme rapidement. Dans l'état actuel des choses il faudrait davantage parler d'un soupirail, tant la partie s'annonce serrée.
Le 17 demeurait hasardeux en raison de la reprise des travaux de la Commission Charbonneau. Aller déposer son vote au moment où les médias rebrassent les allégations de corruption et de collusion dans la construction, c'est un peu risqué.

En déclenchant début août, selon le scénario actuel, le gouvernement prend à contre-pied le mouvement étudiant et peut faire campagne sur le thème: qui mène au Québec?
Une auditrice affirmait jeudi à une tribune de Radio-Canada qu'il y a eu «confiscation de la démocratie» et que les assemblées locales des casseroles permettaient de reprendre le pouvoir. Wow! L'animateur ne l'a pas corrigée et n'a pas rappelé que les gouvernements sont élus, parfois de façon majoritaire, au Québec.

Les libéraux savent qu'ils devront faire campagne avec des cohortes d'étudiants sur les talons mais ils pensent pouvoir faire passer le message, néanmoins, avec de nouvelles méthodes.
Leurs atouts sont connus: la situation économique est bonne, financière, pas si mal si on se compare, le Plan Nord finira par rapporter gros, le gouvernement a démontré de la poigne avec les étudiants et, surtout, Jean Charest, disent-ils, peut faire passer Pauline Marois et François Legault pour des juniors.Reste le bilan du gouvernement après 9 ans et il est dificile à escamoter.

Dans les facteurs négatifs pour le PLQ notons une organisation moins bien huilée que d'habitude, Dans la région de Québec, par exemple, certains candidats n'ont pas encore été identifiés et le ministre Clément Gignac a la mauvaise idée de se frotter à Agnés Maltais dans Taschereau, la seule péquiste élue à Québec.La défaite dans Argenteuil a semé le doute sur la machine électorale.

Le Québec est déjà allé en élections dans la chaleur de l'été. Le 23 juillet 1994 Daniel Johnson, fils, avait lancé les dés et..perdu aux mains de Jacques Parizeau. C'était la fameuse élection de l «l'enclenchisme» , Monsieur ayant annoncé que, s'il était élu, il enclencherait la mécanique de l'indépendance.

Johnson a eu beau se distancier du bilan de son prédécesseur Robert Bourassa durant la campagne, il n'y a pas échappé. La victoire péquiste a été, par contre, beaucoup plus courte que prévue et allumé quelques signaux chez les lucides.

La difficulté pour les partis, en août, c'est de capter l'attention des électeurs.
Je parierais sur une version revisitée de l'enclenchisme du côté libéral.
Généralement, les Québécois sont réfractaires aux élections. La situation est tellement troublée que tout le monde en réclame, pour nettoyer le paysage.

La réaction de Pauline Marois- elle demande un scrutin depuis 1 an mais dénonce une campagne d'été- est curieuse.

Nous sommes, presque, en campagne, alors ne boudons pas notre plaisir collectif.

 

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