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Drainville face à un cul-de-sac

14/06/2016 06:25 EDT | Actualisé 15/06/2017 05:12 EDT

Bernard Drainville s'est retrouvé face à un cul-de-sac et a donc tourné le dos à la politique. Ce cul-de-sac, c'est aussi, dans une bonne mesure, celui du mouvement souverainiste.

Croyez-vous que l'ex-député aurait démissionné à mi-mandat s'il avait la conviction que le Parti québécois sera au pouvoir dans deux ans? L'opposition c'est une longue traversée du désert.

Bernard Drainville a lié son sort à celui de Pierre Karl Péladeau qui, malheureusement pour lui, est passé en coup de vent à la direction du PQ. Pour le remercier de son ralliement en pleine course au leadership, PKP lui avait confié le poste de leader en Chambre, évinçant ainsi le très efficace Stéphane Bédard.

Drainville ne pouvait, cette fois-ci, jouer les kingmaker et se négocier un après-leadership l'automne prochain.

Le départ de son chef lui aurait «scié les jambes» invoquait-il en conférence de presse pour justifier sa réorientation de carrière. La direction du FM 93,3 affirme avoir entrepris les tractations avec le député péquiste il y a 2 mois (PKP a démissionné début mai) pour prendre le micro de Nathalie Normandeau.

Il est assez ironique de constater que celui qui a dénoncé avec le plus de mordant ces élus qui laissent tomber leurs électeurs en cours de route rejoint le groupe de ceux qui lâchent leurs comtés. Ces démissionnaires alimentent le cynisme disait le PQ.

Il dénonçait bien sûr la prime qui était versée aux démissionnaires, mais aussi la rupture d'un contrat moral avec les électeurs qui te choisissent pour un mandat de 4 ans.

Dieu merci, ces allocations de transition ont été abolies, grâce à la campagne de Drainville et des oppositions, mais c'est le gouvernement libéral qui en a fait une loi. En conférence de presse, l'ex-journaliste a insisté sur la dispararition de la prime, mais était moins loquace sur la notion de contrat avec les citoyens.

L'élection partielle dans Marie-Victorin c'est une facture de 500 000$, doit-on rappeler.

L'opposition officielle perd un redoutable bagarreur avec la démission de Drainville. Le verbe haut, démagogue à souhait, l'ex-député avait le sens du punch à l'Assemblée nationale et plaçait ses «amis d'en face» sur la défensive.

À 53 ans, il faisait partie de cette relève du PQ capable de «parler au monde», contrairement à certains des candidats actuels à la direction du parti.

Son brusque départ ébranle un parti déjà fragilisé par la démission de son chef.

Bernard Drainville a servi l'argument qu'il serait plus «utile» à la société en co-animant une émission de radio locale à Québec qu'en représentant ses électeurs de Longueuil. Voilà des propos qui ne sont pas de nature à revaloriser le rôle de député.

Il ne doit pas être le seul à le penser: en deux ans seulement, ils sont 11 ex à avoir tiré un trait sur leur carrière politique. L'Assemblée nationale serait-elle devenue un bureau de placement?

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