Donald Charette

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Les libéraux et l'après-Charest

Publication: 21/10/2012 18:54

Pour un parti chassé du pouvoir tout récemment, le Parti libéral du Québec ne semble pas trop porté sur le mea culpa.

Les libéraux se rencontraient pour la première fois depuis l'élection du 4 septembre, dimanche à Laval. Il me semble que l'occasion était propice pour tirer des leçons de cette défaite aux mains du PQ, d'autant que le chef, Jean Charest, a quitté après avoir été défait dans son comté.

Dans son discours de clôture du conseil général, le chef intérimaire, Jean-Marc Fournier, a, d'entrée de jeu, souligné qu'à peine 0,70% du vote séparait les deux partis de tête le soir du scrutin et quatre députés.Ça limite l'introspection.

Selon lui, les libéraux ont mené un excellente campagne et «nos idées tenaient et tiennent encore la route...elles sont au diapason des Québécois » et il en a profité pour rendre un hommage à son ancien chef.

Le début de mandat du gouvernement Marois, très chancelant, a conforté les libéraux dans leur perception que les électeurs vont les reporter au pouvoir plus tôt que tard.

Pourquoi changer quand l'adversaire a gagné par un poil de nez?

Aucune allusion dans le discours du chef temporaire à la Commission Charbonneau et à ses révélations révoltantes. On aurait aimé, par exemple, que le PLQ admette qu'on a trop tardé à faire le ménage dans l'attribution des contrats publics.

Les libéraux manquent, par ailleurs, une belle occasion en choisissant un leader «à l'ancienne» avec des «slates» de délégués venant des comtés qui choisissent un candidat. La plupart des formations politiques ont opté pour le vote universel des membres. À l'heure des réseaux sociaux et du twittage en direct, cela fait ringard. Si la constitution du parti ne le permet pas dans un délai aussi court - le choix sera connu le 17 mars - il fallait la modifier, quitte à tenir un congrès spécial.

Les règles de la course proposées par le parti été votées en bloc: plafond de dépenses de 600,000$, 500 signatures dans 50 comtés de 10 régions, dépôt de 50 000$...Elles empêchent les huluberlus de profiter d'un tour de piste mais désavantagent un simple militant comme Jean David.

Les militants avaient raison de s'inquiéter du fait que les candidats pourront rembourser les dépenses des gens qui viennent des régions lors de ce congrès. Une somme maximale de 100,000$ par candidat. Il y a 75 comtés-orphelins au Québec et cette disposition forcera les délégués «à se déclarer», comme le soulignait un militant.

Fait à souligner, l'aile jeunesse, sera surreprésentée dans cette course avec le tiers des votes. Le PLQ est le seul parti à, statutairement, à laisser autant de place aux jeunes.

Qui a a dit que les libéraux étaient coupés de la jeunesse du Québec? ou du moins d'une certaine jeunesse.

Pour les libéraux, les remises en question ou les idées neuves viendront peut-être des cinq débats entre les candidats en début d'année. Pour le moment, le débat le plus important semble être: Philippe Couillard avec ou sans barbe?

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  • Qui fait quoi à l’Assemblée Nationale?

    Lorsqu’il est question de politique, les Québécois distinguent aisément les tâches qui reviennent à la première ministre, aux députés, aux ministres et aux porte-paroles en matière de ceci ou de cela. Par contre, fort peu nombreux sont ceux qui connaissent l’utilité du whip, le concept de leader parlementaire ou le nom de l’actuelle protectrice du citoyen. Voici donc une présentation de quatre fonctions parlementaires des députés, de cinq personnes désignées par l’Assemblée et du plus haut dignitaire sur le plan protocolaire au Québec.

  • Président de l'Assemblée nationale

    Actuellement: Jacques Chagnon, député de Westmount-Saint-Louis, mais celui-ci pourrait changer avec la venue du nouveau gouvernement. C’est à lui que les députés s’adressent lors de leurs interventions à l’Assemblée. Ses tâches principales consistent à arbitrer les séances, s’assurer du bon déroulement des travaux, protéger les droits des députés, préparer les prévisions budgétaires et représenter l’Assemblée dans ses rapports avec d’autres gouvernements. N’ayant pas droit de vote, sauf en cas d’égalité des voix, il cesse d’appartenir à son groupe parlementaire, dès qu’il entre en fonction.

  • Présidents de caucus

    Nicole Ménard, députée de Laporte (gouvernement) et Sylvain Pagé, député de Labelle, (opposition officielle). Le caucus de chaque parti est constitué de l’ensemble des députés qui siègent à l’Assemblée sous la bannière de ce parti. Choisis par le chef de leur groupe parlementaire, les présidents de caucus établissent l’ordre du jour et dirigent les réunions de leurs caucus respectifs. Ils doivent entre autres s’assurer que tous les sujets prévus sont examinés et que le temps qui leur est alloué soit respecté.

  • Whip

    Stéphane Billette, député de Huntingdon, (gouvernement) et Marjolain Dufour, député de René-Lévesque (oppostion officielle). Signifiant «fouet» en anglais, le mot «whip» représente la fonction disciplinaire du parti. Aidé d’adjoints, le whip s’assure que les députés manifestent une solidarité parlementaire, veille à ce qu’ils soient suffisamment nombreux à l’Assemblée et en commission (surtout les jours de votes), note le nom de ceux qui interviennent pendant les débats et remplit diverses fonctions touchant aux aspects matériels de la vie de ses collègues.

  • Leader parlementaire

    Jean-Marc Fournier, député de Saint-Laurent, (gouvernement) et Agnès Maltais, députée de Taschereau, (opposition) Possédant une connaissance approfondie des règles et coutumes parlementaires, il est le principal stratège et conseiller en la matière. En plus d’assurer un lien entre le Conseil des ministres et l’Assemblée, il a l’exclusivité de certains actes de procédures tels que la motion d’ajournement de l’Assemblée (qui met fin aux travaux d’une séance) ou la motion de renvoi en commission d’un projet de loi pour son étude détaillée.

  • Directeur général des élections - Jacques Drouin

    Jacques Drouin quittera ses fonctions le 11 juillet 2014. Responsable des élections provinciales (générales et partielles), municipales, scolaires et des référendums, il supervise la délimitation des circonscriptions électorales, la liste électorale permanente, le dépôt des bulletins de vote, leur dépouillement et la proclamation des résultats. Il veille également au contrôle du financement des partis politiques et des dépenses électorales, en plus d’avoir le devoir d’informer les électeurs de leurs droits électoraux.

  • Commissaire au lobbyisme – François Casgrain

    Assurant la surveillance des activités de lobbyisme exercées auprès des titulaires de charges publiques, tels que les ministres, les députés et leur personnel, le Commissaire au lobbyisme effectue les inspections relatives à toute contravention aux dispositions de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme ou du Code de déontologie des lobbyistes qu’il a élaboré.

  • Commissaire à l’éthique et à la déontologie – Jacques Saint-Laurent

    Il guide les députés au sujet de leurs obligations concernant les incompatibilités de fonctions, les conflits d’intérêts, les dons et les avantages. De sa propre initiative ou à la demande d'un député, il peut faire des vérifications ou des enquêtes pour déterminer si des manquements au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée ont été commis par un député ou un membre du Conseil exécutif.

  • Protectrice du citoyen - Raymonde St-Germain

    Elle prévient et corrige les erreurs ou les injustices commises à l’égard de toute personne ou groupe de personnes en relation avec un ministère, un organisme du gouvernement du Québec ou une instance du réseau de la santé et des services sociaux. Dans le meilleur intérêt des citoyens, elle peut proposer des modifications aux lois, règlements, directives et politiques administratives, ou à tout projet concernant ces matières. Même si elle ne dispose d’aucun pouvoir de contrainte, plus de 95 % de ses recommandations sont acceptées.

  • Vérificateur général – Michel Samson (par intérim)

    Exerçant un contrôle parlementaire sur les fonds et autres biens publics, il communique aux principaux intéressés ses constatations, ses commentaires et ses recommandations. Son apport consiste à promouvoir une reddition de comptes à la fois rigoureuse et transparente. Il vise à améliorer les pratiques de gestion à l'échelle gouvernementale. Depuis 2008, il vérifie également les livres et comptes des entités des réseaux de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des organismes sans but lucratif qui gravitent autour de ces réseaux. Il a aussi la responsabilité de réaliser des mesures d’évaluation de l’efficacité et de la performance des sociétés d’État.

  • Lieutenant-gouverneur – Pierre Duchesne

    Représentant de la Couronne et reconnu comme le plus haut dignitaire sur le plan protocolaire, il a la tâche de nommer le premier ministre, les membres du Conseil exécutif (ministres) sur recommandation du premier ministre, ainsi que les juges des cours du Québec. Il est également responsable de la ratification des décrets du gouvernement, de la sanction des lois, en plus de veiller à la convocation, la prorogation et la dissolution de l'Assemblée nationale.

 

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