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Déficit zéro: un énième recul du gouvernement Marois?

22/04/2013 09:42 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT
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Quebec's Prime Minister Pauline Marois speaks during an interview at the Hotel Westin on October 16, 2012 in Paris. AFP PHOTO JACQUES DEMARTHON (Photo credit should read JACQUES DEMARTHON/AFP/Getty Images)

Le gouvernement Marois nous a habitués à des reculs à répétition. S'il devait reculer sur l'atteinte du déficit zéro, ce serait renier son action des derniers mois et reconnaître que son action économique ne fonctionne pas.

Toute l'action du gouvernement, depuis septembre, a été subordonnée au retour de l'équilibre financier en 2014-15, même si cela signifie écraser bien des orteils.

En août, en présentant son cadre financier en pleine campagne électorale, Pauline Marois soutenait que le Parti québécois est «le parti du déficit zéro». Cette volonté faisait partie de son Message inaugural.

«Si nous tardons à agir, la situation ne fera que se détériorer, et, d'ici, quelques années, nous serons dans l'obligation de faire des compressions douloureuses dans nos services publics... la rigueur... c'est la seule façon d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2014 et de réduire le ratio de notre dette sur le PIB» - Pauline Marois, 31 octobre 2012

Le déficit zéro était au coeur du budget précipité de l'automne de Nicolas Marceau et était martelé à nouveau dans la toute récente mise à jour des Finances. Or, voilà qu'on apprend que la première ministre a testé l'idée d'un report du déficit zéro devant un petit groupe d'influenceurs triés sur le volet.

Ce n'est pas la première fois que ce gouvernement nage en pleine contradiction.

Le duo Marceau-Stéphane Bédard (Conseil du Trésor) tient à bout de bras la rigueur dans cette administration. Les compressions ont frappé de plein fouet des alliés naturels: aide sociale, universités, commissions scolaires...

Les ministres, fraîchement nommés, ont avalé cette première série de compressions, mais on doit comprendre qu'on ne les y reprendra plus à se faire les porteurs de mauvaises nouvelles.

Le problème se situe dans la colonne des revenus. La conjoncture internationale a le dos bien large et il serait grand-temps que le gouvernement questionne sa stratégie économique, si elle existe. Cette stratégie s'articule autour d'un Groupe ministériel pour la mise en oeuvre des projets d'investissements privés, Groupe dont on n'a pas entendu parler depuis le mois d'octobre.

Le congé fiscal de 10 ans pour tout projet de plus de 300 millions$ tarde à faire des petits.

La Banque de développement économique ressemble drôlement à un nouveau brassage de structures, enveloppé dans un projet de loi qui n' a pas encore été déposé!

Le débat sur les redevances minières, qui devaient rapporter des millions supplémentaires, s'enlise. La mise à jour des Finances fait état de redevances d'environ 300 millions de dollars au cours des deux prochaines années, essentiellement ce qui a réalisé en 2012.

On sent une volonté politique derrière le projet de loi 14 sur la langue, sur les lois sur l'intégrité, sur la gouvernance souverainiste... mais un grand flou en matière économique.

Au sein du gouvernement Marois, on compte deux ministres de l'Éducation, un ministre à la Gouvernance souverainiste et, accessoirement, aux bonnes relations fédérales-provinciales, qui, incidemment, ont dopé les finances publiques de plus de 1 milliard$ cette année (règlement TPS-TVQ), un ministre aux Institutions démocratiques, mais aucun ministre dédié au développement économique. Ce ministère a été désarticulé.

Quand les revenus ne sont pas au rendez-vous, il faut se poser des questions. Il est plus facile,évidemment, de blâmer les libéraux, ou Ottawa, ou de jongler avec l'idée repousser les échéances.

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