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Déculottés par une tempête

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La scène parlait d'elle-même plus tôt sur cette semaine: le premier ministre Philippe Couillard qui tente de reprendre le contrôle de la situation, flanqué de deux ministres senior (Martin Coiteux et Laurent Lessard) à qui il remonte les bretelles devant tout le Québec.

C'est une image forte et significative. Pour calmer l'indignation populaire, le premier ministre a présenté les excuses de son gouvernement à la suite de la gestion catastrophique de ce blizzard de mars. Ses ministres des Transports et de la Sécurité publique avaient la mine piteuse, avec raison.

Il est anormal que le premier ministre soit constamment obligé d'intervenir pour sortir du pétrin l'un de ses ministres qui s'est mis dans le trouble. Il n'y a pas si longtemps c'est ce même Lessard qui était sur la sellette en raison des agissements de l'un de ses adjoints.

Les libéraux sont bien conscients qu'il y a un risque à exposer constamment leur chef. Après un automne calamiteux, on avait décidé de rebrasser les cartes et de remanier le conseil des ministres.

Le premier ministre a plutôt opté au final pour un ajustement mineur à son équipe début janvier. Le plan se résumait ainsi: le retour de Pierre Moreau amène de la profondeur, l'action gouvernementale va tourner autour du budget et ses juteux surplus, le chef du parti va «tourner» en région où il est bien accueilli et délaisser un peu le Parlement, et, surtout, les ministres vont assumer pleinement leur rôle et «aller au bat» comme on dit.

On avait fini de couvrir les ministres plus faibles. Le plan n'a pas duré.

Les libéraux sont en mode pré-électoral et ils avaient bien l'intention de ne plus se laisser distraire par des «faits divers» de la politique (affaire Sklavounos, démission de Pierre Paradis..). La tempête est un énorme fait divers qui vient chambouler l'agenda politique.

L'opposition aura beau jeu de rappeler que ce gouvernement a été incapable de gérer une tempête et a abandonné des centaines d'automobilistes pris au piège en plein cœur de Montréal.

Si le premier ministre est obligé de prendre toutes les balles c'est sans doute parce que son cabinet est faible dès qu'on dépasse la première ligne. Laurent Lessard dirige deux gros ministères (Agriculture et Transports) mais on a l'impression que c'est par défaut qu'il a été promu.

Je n'ai pas compris pourquoi on avait déplacé Martin Coiteux du Conseil du Trésor à la Sécurité publique. Le Trésor convenait parfaitement à ce cérébral peu porté sur la chaleur humaine.

Depuis trois ans, Philippe Couillard a bricolé plusieurs fois son conseil des ministres, mais cela demeure du bricolage. Il a fait monter d'ex-caquistes comme Sébastien Proulx et Dominique Anglade en laissant sur le banc des députés qui trépignent.

Quant à la nomination de Rita de Santis, elle demeure un mystère inexpliqué, tout comme la répudiation de Robert Poeti. Cet ex-policier aurait sans doute allumé plus rapidement que son successeur le soir du 14 mars.

Si le premier ministre Couillard doit mettre le pied à terre régulièrement c'est aussi en raison des choix qu'il a faits en constituant son équipe.

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Tempête à Montréal (14 mars 2017)
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