Donald Charette

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Un gros pied de nez

Publication: 23/05/2012 11:20

La démission de Line Beauchamp et l'adoption d'une loi spéciale musclée dans la même semaine n'ont pas eu l'effet escompté et les rues de Montréal grouillent de carrés rouges.

L'été sera chaud si ce conflit ne trouve pas son dénouement bientôt. La loi 78 a fourni des munitions à tous ceux, et ils sont nombreux, qui contestent le gouvernement Charest. Le focus s'est déplacé, à tort ou à raison, des frais de scolarité aux atteintes aux libertés fondamentales.

La manif du 100e jour ressemblait à un gros pied de nez. Avec cette loi, on a fait l'erreur de mettre dans le même projet de loi la section qui ouvre les portes des écoles et le contrôle des manifestations.

Mettre la barre à 10 personnes pour une manif c'était ridicule et laissait croire à de l'improvisation en haut-lieu. D'ailleurs les amendements soumis par l'opposition (caquiste) ont rapidement été retenus.

Ceci dit, la loi a été votée par des élus à l'Assemblée nationale et elle devrait être respectée, quitte à la tailler en pièces en justice. Le gouvernement appelle, incidemment, cette contestation. La loi 78 cherche essentiellement à ramener de l'ordre dans les rues de la Métropole et à permettre aux citoyens de mener une vie normale, à l'abri des vandales.

Il est désolant de voir un député, Amir Khadir, si solidaire soit-il, flirter avec la désobéissance civile et gonfler les voiles de la CLASSE. Le chef de Coalition Avenir Québec, François Legault, suggère que le premier ministre annonce des élections à l'automne pour faire sortir la pression. Est-ce que l'annonce d'élections en octobre faciliterait le retour en classe en août? On peut cultiver un petit doute.

Le sondeur Jean-Marc Léger analyse cette crise comme un conflit de générations, entre les Y et les «baby-boomers», vus comme une nuée de sauterelles voraces. On serait face à une sorte de «tasse-toé mononcle» politique. ( À 54 ans, Jean Charest est pourtant le plus jeune de nos chefs). La profondeur de la grogne indique en effet que beaucoup de jeunes ne se retrouvent pas dans les discours politiques actuels des partis.

Ce serait formidable de canaliser cette énergie. Avant de fermer le Parlement pour l'été, le premier ministre et la ministre de l'Éducation ont le devoir de tenter un rapprochement avec la FECQ et la FEUQ et d'écouter cette génération. À force de jouer avec le feu, jour après jour...

 

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