Donald Charette

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Courchesne épinglée

Publication: 08/06/2012 07:13

Michelle Courchesne se fait griller en Chambre pour sa mauvaise gestion du programme qui a servi à améliorer les équipements sportifs partout au Québec.

Tant le PQ que le CAQ réclament sa tête. Ils ont bien peu de chance d'y parvenir. La présidente du Conseil du Trésor a accepté de remplacer, à pied levé, Line Beauchamp, ex-ministre de l'Éducation, en pleine crise sociale.

En acceptant de jouer les pompiers dans un ministère qu'elle a déjà dirigé, elle a rendu un fier service au «bunker» et atténué l'impact de la démission de Line Beauchamp. Une telle loyauté, c'est précieux en politique.

Tasser par ailleurs Michelle Courchesne à quelques jours de la relâche parlementaire, et à quelques mois des élections, ce serait aggraver la perception que ce gouvernement est en déroute.

Pourtant, les reproches faits à la ministre sont graves. C'est la deuxième fois que Michelle Courchesne est écorchée dans un rapport du Vérificateur général en quelques mois. Dans le cas de l'attribution de 18 000 places en garderie, le Vérificateur avait jugé sévèrement la «grande place à la subjectivité» dans le choix des entreprises retenues.

En fait, plaidant l'urgence de la situation et les besoins criants, la sélection s'était faite au bureau de la ministre Courchesne. Le PQ a pu établir par la suite des liens entre les contributions à la caisse du PLQ et l'octroi de certains permis.

Cette affaire aurait justifié la démission de Mme Couchesne, mais il n'en fut rien. Il est troublant que celle qui est la gardienne des pratiques administratives au gouvernement ait survécu à ce premier rapport accablant.

Le Vérificateur a de nouveau pris Mme Courchesne en faute, cette fois-ci dans la gestion d'un Fonds de 363 millions de dollars pour le développement du sport et de l'activité physique. Sur 918 demandes, 418 ont été rejetées, d'entrée de jeu.

La ministre n'a pu expliquer, devant la presse, pourquoi cette présélection a été faite par du personnel politique et non par des fonctionnaires. Le Vérificateur insiste dans son rapport sur plusieurs lacunes administratives dans la gestion de ce programme.

A l'époque, la ministre, alors à l'Éducation, avait congédié son chef de cabinet, Jean-Sébastien Marineau, et appelé la SQ pour enquêter sur un possible trafic d'influence!

Le Conseil du Trésor, c'est le rempart ultime pour le contribuable, le ministre qui le dirige doit être inattaquable au plan de la rigueur et à l'épreuve des interventions politiques.

On mesure l'usure du pouvoir quand on se rappelle que la ministre Julie Boulet avait perdu son poste de ministre pour avoir distribué des dosettes à pilules dans sa pharmacie.

Imputabilité vous avez dit.

 

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