LES BLOGUES

Commission Charbonneau, entre colère et dégoût

01/10/2012 09:55 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST
PC

Colère et dégoût. Ce sont les réactions que suscite le témoignage de Lino Zambito devant la commission Charbonneau.

Les révélations de l'ancien propriétaire d'Infrabec demeurent, pour le moment, des allégations et le témoin-vedette n'a pas passé le test du contre-interrogatoire. Mais elles corroborent à certains chapitres les enquêtes menées par Radio-Canada, celles d'autres médias, et le rapport Duchesneau.

C'est le «système» lui-même qui est en train d'être démonté devant la commission. On a beau savoir que la gangrène s'est développée dans l'attribution des contrats publics, il est troublant de constater son ampleur et le réseau de complicité qu'elle implique.

La mafia qui prélève son 3,5% sur tous les contrats de construction, un ingénieur de la Ville de Montréal qui prend au passage une cote de 1%, de faux-extras qui servent à graisser un autre ingénieur.... Si tout cela est vrai, nous sommes face à un système parasité qui pousse les coûts à la hausse.

Au bout de la ligne c'est le payeur de taxes qui s'est fait flouer pendant des années, alors que tous les intermédiaires avaient intérêt à gonfler les budgets.

Pour la première fois, la commission a touché au financement des partis politiques et c'est Union Montréal, le parti du maire Gérald Tremblay, qui a été écorché. Selon Lino Zambito, un 3% allait directement à la caisse électorale. D'autres partis risquent d'être entachés par la commission d'enquête.

Quant au maire Gérald Tremblay, tout a été dit à son sujet mais il pourra difficilement traverser les prochains mois tant sa crédibilité avoisine le zéro absolu. Un premier magistrat ne peut plaider l'ignorance à chaque fois que quelqu'un de sa garde rapprochée fait face à la justice ou qu'on déterre une magouille municipale. Les tenants de la thèse de la naïveté se font de plus en plus rares.

Les partis d'opposition ont raison de demander sa tête, bien que leur souhait ne se réalisera pas aussi rapidement.

Je commence à penser que la commission Gomery sur les commandites c'est de la petite bière à côté de ce qui sortira de la commission Charbonneau, en raison des montants colossaux et du caractère permanent du «système».

LES RÉACTIONS SUR TWITTER


La commission Charbonneau en bref


Construction: la (longue) marche vers une enquête