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Le bulletin des ministres

10/12/2012 12:49 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST
PC

Une bien courte session parlementaire à Québec -- six semaines au total -- mais qui permet de mesurer déjà la performance en Chambre de la nouvelle équipe au pouvoir.

Pauline Marois, première ministre

Mme Marois s'est glissée avec aisance dans ses nouvelles fonctions. Depuis le temps qu'elle rêvait de remplacer Jean Charest! Quand les journalistes lui ont demandé lors de son bilan de session si l'emploi de premier ministre était plus difficile que prévu, elle a répondu que, non, elle savait exactement à quoi s'attendre en raison des postes qu'elle a occupés depuis 30 ans. Solide dans ses réponses en général, elle a paru plus hésitante quand il fallut expliquer l'affaire Boisclair ou les reculs à la chaîne de son son gouvernement minoritaire.

Stéphane Bédard, conseil du Trésor et leader en Chambre

Le député de Chicoutimi demeure l'homme de confiance de la première ministre. Il a été souvent appelé à répondre à des questions, en lieu et place de ministres peu expérimentés et il a, indéniablement, le sens de la formule. Ses tirades ultrapartisannes font monter la pression durant la période des questions. À la reprise, il sera fort occupé à défendre les compressions qu'il a ordonnées dans tout l'appareil de l'état.

Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l'Économie

Début vacillant, mais il a défendu avec aplomb un budget en droite ligne avec le budget de Raymond Bachand. Si on vu le ministre des Finances, on n'a pas vu encore celui de l'Économie.

Sylvain Gaudreault, ministre des Affaires Municipales et Transports

La première ministre a surchargé son député de Jonquière, mais ce dernier a effectué un sans-faute durant cette session alors que l'actualité le plaçait sur la sellette avec les travaux de la Commission Charbonneau.

Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles

Après avoir été rabrouée sur la question des gaz de schiste et les redevances minières, la nouvelle ministre s'est ajustée et atténué ses propos de militante écologiste. Plutôt solide durant la période des questions pour une néophyte.

Réjean Hébert, ministre de la Santé

Un ministre au verbe facile qui exprime fermement ses convictions. J'espère qu'il aura compris que son assurance-autonomie ce n'est pas pour demain, alors que le budget couvre, à peine, les coûts de système. Il n'est pas sans rappeler Jean Rochon qui avait réponse à tout. La Santé étant ce qu'elle est, il devra répondre à des questions difficiles au printemps.

Marie Malavoy, ministre de l'Éducation

Mme Malavoy a été peu interrogée toute l'attention portant sur l'autre volet: l'enseignement supérieur.

Pierre Duchesne, ministre de l'Enseignement supérieur

L'ancien chef de bureau de Radio-Canada est incapable de répondre à une question sans charger les libéraux. Ne cesse de marteler que le PQ a ramené la paix sur les campus, comme si le mouvement étudiant s'était éteint le 4 septembre. Duchesne a hérité d'un dossier empoisonné avec le Sommet sur l'éducation et, de surcroit, le bunker lui a coupé l'oxygène avec ses compressions dans les universités. À surveiller en février.

Jean-François Lisée, ministre des Relations internationales, Francophonie, Commerce extérieur

Il a bien fait au départ, mais a mal paru dans la double nomination d'André Boisclair, d'abord en l'acceptant puis en la justifiant. Il a fait preuve, par contre, d'une franchise trop rare en politique en confessant avoir induit la Chambre en erreur en comparant la nomination à celle de Lawrence Cannon par Ottawa.

Agnès Maltais, ministre du Travail, Emploi et Solidarité sociale

Parlementaire expérimentée, elle s'est bien débrouillée. Surtout, elle a su composer avec l'opposition pour faire passer le règlement sur le placement dans la construction.

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Bernard Drainville, ministre des Institutions démocratiques et Participation citoyenne

Une mention honorable au député de Marie-Victorin qui a fait adopter ses projets de loi en douceur. On ne parle plus des référendums d'initiatives populaires (rip), mais c'est sûrement partie remise.

Voilà donc un premier bulletin pour ce conseil des ministres à travers le prisme de la période des questions. Certains ministres n'ont pas eu l'occasion de s'illustrer. La situation devrait être différente à la reprise en février alors que les ministres auront une meilleure maitrise de leurs dossiers.Les élus vont «plancher» pendant 2 semaines... avant de s'attribuer 2 semaines de relâche. Il est vrai que la politique se déroule, pour beaucoup, en dehors de l'Assemblée nationale.

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