Donald Charette

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Le bulletin des ministres

Publication: 10/12/2012 11:54

Une bien courte session parlementaire à Québec -- six semaines au total -- mais qui permet de mesurer déjà la performance en Chambre de la nouvelle équipe au pouvoir.

Pauline Marois, première ministre

Mme Marois s'est glissée avec aisance dans ses nouvelles fonctions. Depuis le temps qu'elle rêvait de remplacer Jean Charest! Quand les journalistes lui ont demandé lors de son bilan de session si l'emploi de premier ministre était plus difficile que prévu, elle a répondu que, non, elle savait exactement à quoi s'attendre en raison des postes qu'elle a occupés depuis 30 ans. Solide dans ses réponses en général, elle a paru plus hésitante quand il fallut expliquer l'affaire Boisclair ou les reculs à la chaîne de son son gouvernement minoritaire.

Stéphane Bédard, conseil du Trésor et leader en Chambre

Le député de Chicoutimi demeure l'homme de confiance de la première ministre. Il a été souvent appelé à répondre à des questions, en lieu et place de ministres peu expérimentés et il a, indéniablement, le sens de la formule. Ses tirades ultrapartisannes font monter la pression durant la période des questions. À la reprise, il sera fort occupé à défendre les compressions qu'il a ordonnées dans tout l'appareil de l'état.

Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l'Économie

Début vacillant, mais il a défendu avec aplomb un budget en droite ligne avec le budget de Raymond Bachand. Si on vu le ministre des Finances, on n'a pas vu encore celui de l'Économie.

Sylvain Gaudreault, ministre des Affaires Municipales et Transports

La première ministre a surchargé son député de Jonquière, mais ce dernier a effectué un sans-faute durant cette session alors que l'actualité le plaçait sur la sellette avec les travaux de la Commission Charbonneau.

Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles

Après avoir été rabrouée sur la question des gaz de schiste et les redevances minières, la nouvelle ministre s'est ajustée et atténué ses propos de militante écologiste. Plutôt solide durant la période des questions pour une néophyte.

Réjean Hébert, ministre de la Santé

Un ministre au verbe facile qui exprime fermement ses convictions. J'espère qu'il aura compris que son assurance-autonomie ce n'est pas pour demain, alors que le budget couvre, à peine, les coûts de système. Il n'est pas sans rappeler Jean Rochon qui avait réponse à tout. La Santé étant ce qu'elle est, il devra répondre à des questions difficiles au printemps.

Marie Malavoy, ministre de l'Éducation

Mme Malavoy a été peu interrogée toute l'attention portant sur l'autre volet: l'enseignement supérieur.

Pierre Duchesne, ministre de l'Enseignement supérieur

L'ancien chef de bureau de Radio-Canada est incapable de répondre à une question sans charger les libéraux. Ne cesse de marteler que le PQ a ramené la paix sur les campus, comme si le mouvement étudiant s'était éteint le 4 septembre. Duchesne a hérité d'un dossier empoisonné avec le Sommet sur l'éducation et, de surcroit, le bunker lui a coupé l'oxygène avec ses compressions dans les universités. À surveiller en février.

Jean-François Lisée, ministre des Relations internationales, Francophonie, Commerce extérieur

Il a bien fait au départ, mais a mal paru dans la double nomination d'André Boisclair, d'abord en l'acceptant puis en la justifiant. Il a fait preuve, par contre, d'une franchise trop rare en politique en confessant avoir induit la Chambre en erreur en comparant la nomination à celle de Lawrence Cannon par Ottawa.

Agnès Maltais, ministre du Travail, Emploi et Solidarité sociale

Parlementaire expérimentée, elle s'est bien débrouillée. Surtout, elle a su composer avec l'opposition pour faire passer le règlement sur le placement dans la construction.
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Bernard Drainville, ministre des Institutions démocratiques et Participation citoyenne

Une mention honorable au député de Marie-Victorin qui a fait adopter ses projets de loi en douceur. On ne parle plus des référendums d'initiatives populaires (rip), mais c'est sûrement partie remise.

Voilà donc un premier bulletin pour ce conseil des ministres à travers le prisme de la période des questions. Certains ministres n'ont pas eu l'occasion de s'illustrer. La situation devrait être différente à la reprise en février alors que les ministres auront une meilleure maitrise de leurs dossiers.Les élus vont «plancher» pendant 2 semaines... avant de s'attribuer 2 semaines de relâche. Il est vrai que la politique se déroule, pour beaucoup, en dehors de l'Assemblée nationale.

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  • Qui fait quoi à l’Assemblée Nationale?

    Lorsqu’il est question de politique, les Québécois distinguent aisément les tâches qui reviennent à la première ministre, aux députés, aux ministres et aux porte-paroles en matière de ceci ou de cela. Par contre, fort peu nombreux sont ceux qui connaissent l’utilité du whip, le concept de leader parlementaire ou le nom de l’actuelle protectrice du citoyen. Voici donc une présentation de quatre fonctions parlementaires des députés, de cinq personnes désignées par l’Assemblée et du plus haut dignitaire sur le plan protocolaire au Québec.

  • Président de l'Assemblée nationale

    Actuellement: Jacques Chagnon, député de Westmount-Saint-Louis C’est à lui que les députés s’adressent lors de leurs interventions à l’Assemblée. Ses tâches principales consistent à arbitrer les séances, s’assurer du bon déroulement des travaux, protéger les droits des députés, préparer les prévisions budgétaires et représenter l’Assemblée dans ses rapports avec d’autres gouvernements. N’ayant pas droit de vote, sauf en cas d’égalité des voix, il cesse d’appartenir à son groupe parlementaire, dès qu’il entre en fonction.

  • Présidents de caucus

    Sylvain Pagé, député de Labelle (gouvernement) et Geoffrey Kelly, député de Jacques-Cartier (opposition officielle) Le caucus de chaque parti est constitué de l’ensemble des députés qui siègent à l’Assemblée sous la bannière de ce parti. Choisis par le chef de leur groupe parlementaire, les présidents de caucus établissent l’ordre du jour et dirigent les réunions de leurs caucus respectifs. Ils doivent entre autres s’assurer que tous les sujets prévus sont examinés et que le temps qui leur est alloué soit respecté.

  • Whip

    Marjolain Dufour, Député de René-Lévesque (gouvernement) et Laurent Lessard, député de Lotbinière-Frontenac (oppostion officielle) Signifiant «fouet» en anglais, le mot «whip» représente la fonction disciplinaire du parti. Aidé d’adjoints, le whip s’assure que les députés manifestent une solidarité parlementaire, veille à ce qu’ils soient suffisamment nombreux à l’Assemblée et en commission (surtout les jours de votes), note le nom de ceux qui interviennent pendant les débats et remplit diverses fonctions touchant aux aspects matériels de la vie de ses collègues.

  • Leader parlementaire

    Stéphane Bédard, député de Chicoutimi (gouvernement) et Pierre Moreau, député de Châteauguay (opposition) Possédant une connaissance approfondie des règles et coutumes parlementaires, il est le principal stratège et conseiller en la matière. En plus d’assurer un lien entre le Conseil des ministres et l’Assemblée, il a l’exclusivité de certains actes de procédures tels que la motion d’ajournement de l’Assemblée (qui met fin aux travaux d’une séance) ou la motion de renvoi en commission d’un projet de loi pour son étude détaillée.

  • Directeur général des élections - Jacques Drouin

    Responsable des élections provinciales (générales et partielles), municipales, scolaires et des référendums, il supervise la délimitation des circonscriptions électorales, la liste électorale permanente, le dépôt des bulletins de vote, leur dépouillement et la proclamation des résultats. Il veille également au contrôle du financement des partis politiques et des dépenses électorales, en plus d’avoir le devoir d’informer les électeurs de leurs droits électoraux.

  • Commissaire au lobbyisme – François Casgrain

    Assurant la surveillance des activités de lobbyisme exercées auprès des titulaires de charges publiques, tels que les ministres, les députés et leur personnel, le Commissaire au lobbyisme effectue les inspections relatives à toute contravention aux dispositions de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme ou du Code de déontologie des lobbyistes qu’il a élaboré.

  • Commissaire à l’éthique et à la déontologie – Jacques Saint-Laurent

    Il guide les députés au sujet de leurs obligations concernant les incompatibilités de fonctions, les conflits d’intérêts, les dons et les avantages. De sa propre initiative ou à la demande d'un député, il peut faire des vérifications ou des enquêtes pour déterminer si des manquements au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée ont été commis par un député ou un membre du Conseil exécutif.

  • Protectrice du citoyen - Raymonde St-Germain

    Elle prévient et corrige les erreurs ou les injustices commises à l’égard de toute personne ou groupe de personnes en relation avec un ministère, un organisme du gouvernement du Québec ou une instance du réseau de la santé et des services sociaux. Dans le meilleur intérêt des citoyens, elle peut proposer des modifications aux lois, règlements, directives et politiques administratives, ou à tout projet concernant ces matières. Même si elle ne dispose d’aucun pouvoir de contrainte, plus de 95 % de ses recommandations sont acceptées.

  • Vérificateur général – Michel Samson (par intérim)

    Exerçant un contrôle parlementaire sur les fonds et autres biens publics, il communique aux principaux intéressés ses constatations, ses commentaires et ses recommandations. Son apport consiste à promouvoir une reddition de comptes à la fois rigoureuse et transparente. Il vise à améliorer les pratiques de gestion à l'échelle gouvernementale. Depuis 2008, il vérifie également les livres et comptes des entités des réseaux de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des organismes sans but lucratif qui gravitent autour de ces réseaux. Il a aussi la responsabilité de réaliser des mesures d’évaluation de l’efficacité et de la performance des sociétés d’État.

  • Lieutenant-gouverneur – Pierre Duchesne

    Représentant de la Couronne et reconnu comme le plus haut dignitaire sur le plan protocolaire, il a la tâche de nommer le premier ministre, les membres du Conseil exécutif (ministres) sur recommandation du premier ministre, ainsi que les juges des cours du Québec. Il est également responsable de la ratification des décrets du gouvernement, de la sanction des lois, en plus de veiller à la convocation, la prorogation et la dissolution de l'Assemblée nationale.

 

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