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Budget, le test du gouvernement Marois

18/11/2012 03:38 EST | Actualisé 18/01/2013 05:12 EST
PC

Le premier budget de l'ère Marois, budget qui sera connu mardi, constitue un test de crédibilté pour le nouveau gouvernement, tant au plan financier que politique.

Si l'opération réussit, le gouvernement pourra respirer jusqu'au printemps prochain. Dans le cas contraire, la fin de session à Québec sera houleuse.

Le Parti québécois a beaucoup promis en campagne électorale, avant de se river le nez sur l'État réel des finances publiques. Dans son Message inagural en Chambre Pauline Marois a tenu des propos que n'aurait pas reniés Jean Charest ou Lucien Bouchard: «pour les années à venir, l'écart entre les revenus et les dépenses s'élargit rapidement et deviendra insoutenable si nous n'agissons pas maintenant. Le gouvernement devra prendre d'autres décisions dans les prochaines semaines. Si nous tardons à agir, la situation ne fera que se détériorer et, d'ici quelques années, nous serons dans l'obligation de faire des compressions douloureuses dans nos services publics.»

Depuis son élection, on a multipliés les dépenses à la pièce (frais de scolarité, garderies, fermeture de Gentilly2..) sans qu'on soit capable de voir le portrait d'ensemble sur un an ou deux.

Le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, a tenté une manoeuvre bien maladroite dans la colonne des revenus pour respecter une promesse électorale bien mal appuyée. Il a été contraint de battre en retraite piteusement. La cafouillage sur l'abolition de la taxe, pardon la contribution-santé, a

gâché les premières semaines du gouvernement Marois et terni l'image du financier du Québec.

Le nouveau ministre a appris, à la dure, que les contribuables ont l'épiderme sensible, y compris les riches qui gagnent 42,000$. par année!

Depuis quelques jours on cherche à fermer l'année en coupant dans le réseau de la santé, les infrastructures, la culture.. Seuls les chouchous du régime, les étudiants adultes, et leur porte-parole, le ministre Pierre Duchesne, sont à l'abri de de la crise des finances.

Il manque 1,6 milliard$ cette année et on ne voit pas comment le gouvernement péquiste peut tenir tous ses engagements et arriver à l'équilibre budgétaire en 2013-14. La nouvelle mouture de la taxe-santé rapporte beaucoup moins que la précédente. Les libéraux misaient sur un dégel du bloc patrimonial d'Hydro-Québec pour renflouer les coffres à coups de milliards. Mme Marois est contre.

Le PQ propose d'ajouter un palier d'imposition et de collecter les minières. Dans l'épisode de la taxe-santé on a vu qu'on atteint vite le point de rupture lorsqu'on touche au contribuable.

La solution la plus simple, pour le gouvernement Marois, serait de reporter l'atteinte du déficit zéro, comme le suggèrent les groupes de gauche. Un gouvernement, ultra-conservateur à Ottawa, vient de le faire.

Le fait que ce ne soit même pas envisagé démontre à quel point le Québec est coincé dans ses finances et ne peut supporter une décote.

Le premier budget Marceau sera donc le révélateur de ce gouvernement et une occasion de faire oublier le début chancelant du gouvernement Marois.

Il y a bien peu de chances que le budget ne provoque la chute du gouvernement, les libéraux ont déjà décidé de faire voter le minimum de députés. Le vrai test il se fera dans l'opinion publique d'ici Noël.

EN IMAGES:

Le conseil des ministres de Pauline Marois