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Le PQ attaqué par ses alliés

22/11/2012 03:01 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST
CP

«Un budget écrit par la main gauche, mais livré par la main droite». C'est ainsi qu'un de mes amis décrivait le tout premier budget du gouvernement de Pauline Marois.

Le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, a déposé mardi un budget qui est décrié par ses alliés naturels, notamment les centrales syndicales. La charge la plus raide est venue le jour même du budget de Québec solidaire qui dénonçait le budget des promesses rompues.

En maintenant le cap sur le retour à l'équilibre budgétaire en 2013-14, le ministre Marceau a verrouillé la porte des dépenses et annoncé, sans le nommer, un budget d'austérité. Contenir la hausse des dépenses dans l'ensemble des ministères en déca de 1,8% tient de l'exploit ou d'un jovialisme débridé. Le gouvernement précédent n'a jamais réussi à aligner les dépenses sur l'inflation (de 2006 à 2010, durant 4 ans, la moyenne fut de 5,7%).

La Santé à 4,8% est épargnée, mais on convient que ce réseau a besoin de 5% annuellement pour se maintenir à flot. L'Éducation supérieure (celle conviée à un Sommet) a droit à 2% en guise de remerciements pour services rendus.

Pour le reste de l'appareil de l'État cela signifie des compressions et des coupures de postes. Le réveil est donc assez brutal pour le mouvement syndical qui s'est rangé massivement derrière le Parti québécois.

Le SCFP qui dénonçait François Legault de la Coalition Avenir Québec et son engagement d'abolir 4000 postes à Hydro-Québec apprend que «son» gouvernement en supprimera 2 000 par attrition!

Chaque jour révèle une nouvelle coupure ou une remise en question (l'entente avec les médecins par exemple) d'une décision gouvernementale.

Le SPQ-Libre tire à boulets rouges sur ce budget «provincialiste» qui, dit-il, n'a rien de souverainiste ou de social-démocrate. Le groupe de pression, blotti au coeur du PQ, reproche au gouvernement d'avoir plié devant le diktat des firmes de cotation.

Le SPQ-Libre fait un parallèle avec le passage de Lucien Bouchard et conclut que Mme Marois fera le ménage dans les finances pour préparer le terrain au prochain gouvernement... qui sera libéral ou caquiste!

Il est peut-être un peu tôt pour conclure à une rupture entre le gouvernement et la gauche québécoise, mais il y a certainement de l'eau dans le gaz. Le flirt opéré par Mme Marois depuis le 4 septembre avec une tranche de la population a fait long feu A la défense du nouveau gouvernement il faut bien constater qu'il a les 2 mains, non pas sur le volant, mais attachées par la situation budgétaire et un statut fragile en Chambre.

Nombre de Québécois constatent maintenant que, durant la dernière campagne électorale, on leur a présenté des promesses irréalistes ou, pire, volontairement trompeuses, pour mettre la main sur le pouvoir.

Quant à la mouvance de gauche, elle pourrait toujours recycler sa campagne «On n'a pas voté pour ça» qui avait suivi l'élection des libéraux en 2003 si le coeur lui en dit.

Les faits saillants du 1er budget Marceau


Les coulisses du budget


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