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Boisclair, Blanchet, des fidèles

04/12/2012 08:07 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST
Getty Images
Saint-Eustache, CANADA: Leader of the Parti Quebecois, Andre Boisclair speaks to supporters at a campaign office in the Deux-Montagnes riding, 21 March, 2007 in Saint-Eustache, Quebec. AFP PHOTO/David BOILY (Photo credit should read DAVID BOILY/AFP/Getty Images)

Pauline Marois sait récompenser ses alliés les plus fidèles.

André Boisclair, Yves-François Blanchet font partie de ceux - et ils étaient peu nombreux à une certaine époque- qui ont défendu leur cheffe, bec et ongles.

Dans le cas du nouveau ministre de l'Environnement, il s'était valu une réputation de taupin (virtuel) quand le leadership de Mme Marois a été constesté par une frange très importante de son caucus. Les coups de gueule du député de Johnson sur Twitter lui ont valu cet épithète de «goon».

La première ministre a préféré lui confier l'Environnement plutôt que de choisir, par exemple, Véronique Hivon, députée de Joliette qui doit se contenter d'être ministre junior.

Blanchet a un profil qui le destinait davantage au monde culturel, ex-gérant d'Éric Lapointe, ex-président de l'ADISQ, mais cela ne veut pas dire qu'il ne se révèlera pas dans son premier ministère surtout s'il domine son caractère «un peu bouillant» convient Mme Marois.

Daniel Breton avait, pour sa part, le bon profil vert mais peu de sens politique.

La double nomination d'André Boisclair est indécente pour reprendre le qualificatif de Québec Solidaire. Sa nomination au poste de Délégué du Québec à New York se défend et a été bien accueillie. On comprend qu'il s'agit d'un poste politique et et que son titulaire doit être en phase avec Québec.

Il n'était pas nécessaire, en plus, d'en faire un grand mandarin de la fonction publique qui pourra prolonger sa carrière à titre de sous-ministre quand il quittera le prestigieux poste de New York.

Encore une fois on court-circuite le processus de nomination des hauts- fonctionnaires dans l'appareil de l'État.

André Boisclair n'a pas survécu, lui, aux divisions internes du PQ qu'il a dirigé brièvement. Contrairement à certains des autres chefs péquistes il a toujours manifesté son allégeance envers Mme Marois qu'il a supplanté au leadership en 2005.. Encore récemment, dans une sortie étonnante, il a accusait l'ADQ d'avoir organisé l'affaire Hérouxville!

Selon le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, André Boisclair a demandé un plan de carrière et ses avantages avec le poste de délégué. Lisée n'avait qu'à dire non...à moins que la commande ne vienne de plus haut.

Quant à l'argument voulant que le fédéral le fasse (Lawrence Cannon nommé ambasadeur à Paris après avoir été ministre des Affaires étrangères du Canada), il sonne un peu drôle dans la bouche du ministre Lisée.

Par ailleurs, le gouvernement Marois donne l'impresion d'avoir voulu cacher la «tittularisation» d'André Boisclair. Son avis de nomination, le 7 novembre, est un chef-d'oeuvre de laconisme et de dissimulation et ne mentionne pas le fait qu'il devient un haut-commis permanent.

Le PQ devrait cesser de justifier ses mauvais coups en rappelant ceux des libéraux. S'il a été porté au pouvoir c'est qu'il promettait d'agir autrement, notamment en ce qui trait aux nominations partisanes.