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Un bilan en mode recul

07/12/2012 04:15 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST
AP
Quebec Premier Pauline Marois talks to the media after meeting with French President, Francois Hollande, at the Elysee Palace in Paris, Monday, Oct. 15, 2012. (AP Photo/Francois Mori)

Après 100 jours, le bilan législatif du gouvernement Marois est assez solide, mais son bilan politique est marqué par le reniement de nombre de ses promesses. Dans le cas de certaines décisions, on a démontré un manque flagrant de flair politique au bureau de la première ministre.

Après un départ coup de canon (fermeture de la filière nucléaire et de l'amiante notamment, droits de scolarité), le nouveau gouvernement a connu des ratés. Le cadre financier présenté en campagne électorale n'a pas tenu la route bien longtemps. Des engagements péquistes étaient donc irréalistes, voire carrément mensongers.

À l'Assemblée nationale, les choses se sont déroulées assez rondement et le gouvernement a pu faire adopter sans coup férir une dizaine de lois : plafonnement des contributions aux partis politiques, élection à date fixe, règlement du placement syndical dans la construction, projet de loi (reporté) sur les maires accusés au criminel, etc.

Les oppositions ont démontré un bel esprit de collaboration. De plus cette session a permis l'adoption du budget Marceau et le dépôt des crédits, ce qui n'est pas rien en décembre..

Parmi les bons coups, mentionnons la participation de Mme Marois au Sommet de la Francophonie et sa rencontre avec François Hollande, le président français. La première ministre en a surpris plus d'un en participant de façon constructive au Conseil de la fédération qu'elle dénonçait sur les banquettes de l'opposition.

Par ailleurs, la liste des reculs est interminable et elle risque de s'allonger au cours des prochains mois. Taxe-santé, redevances minières, dégel du tarif d'électricité, compensation financière aux universités, compressions dans les dépenses, la loi 101 appliquée aux cégeps..les reculs sont en voie de devenir la marque de commerce du gouvernement Marois.

Bien sûr le nouveau gouvernement a dû composer avec son statut minoritaire et des finances malades. Mais je trouve que le fait d'être en minorité a le dos bien large alors que tous les parlementaires connaissent l'état des finances, assez pour ne pas promettre n'importe quoi. En dressant son bilan, Mme Marois a avoué que peu de choses auraient changé si son gouvernement avait été majoritaire, sinon l'extension de la loi 101 aux cégeps.

Durant la période des questions vendredi elle a pris ses distances avec le budget Marceau en reprochant aux libéraux de critiquer ce qui est «votre budget»! Voilà ce qui illustre le fait que la marge de manoeuvre est inexistante et qu'on a tort de nous faire croire le contraire en campagne électorale.

Dans le cas de 3 nominations, on a démontré, au plus haut niveau, un manque de flair politique: Chantal Landry (Mme Post-It) nommée sous-ministre à la Santé, Daniel Breton à l'Environnement et, évidemment, la double nomination d'André Boisclair.

Il a fallu une levée de boucliers pour que le «bunker» se rende compte de son manque de jugeote.

Une note sur les libéraux et la Coalition Avenir Québec. La CAQ a bien fait à titre de 3ème joueur et s'est appliquée à proposer des amendements législatifs. Dans le cas de François Legault, c'est une bonne pratique pour la prochaine session. La traversée de la Chambre a été difficile pour le PLQ qui est en période d'ajustement. Pas facile de traîner 9 ans au pouvoir et de se le faire mettre sur le nez.

«Depuis le 4 septembre, le Québec s'est remis en marche. Nous avons fait reculer la corruption et l'endettement» pouvait dire la première ministre en dressant son bilan. En marche arrière par rapport à des engagements qui datent de 3 mois à peine.

Les promesses du PQ

Le conseil des ministres de Pauline Marois