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Oléoducs, poutine et bélugas

14/09/2014 11:54 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

Philippe Couillard et son gouvernement libéral semblent être amoureux des oléoducs, à tel point qu'ils veulent en voir partout sur le sol québécois. Je leur propose de commencer par leur cour arrière. Les avantages esthétiques sont évidents (on peut même les peindre en rouge), ajoutez à cela la proximité d'une source d'énergie et la création d'emplois dans le quartier de chaque ministre, et vous avez une recette gagnante. De plus, ce sera une bonne façon de montrer l'exemple à toutes ces personnes en région qui souffrent d'une maladie foudroyante pour l'économie, le syndrome "pas dans ma cour".

Les gens viendront de partout pour admirer ces magnifiques oléoducs qui se répandent sur le territoire du Québec comme une coulée de pétrole albertain. En plus des avantages déjà énumérés plus haut, ces oléoducs libéraux auront un impact majeur sur l'industrie du tourisme. Les gens pourront venir photographier les derniers bélugas du Saint-Laurent pataugeant dans une belle marée noire (la prise de vue est encore meilleure à la pleine lune) et savourer une délicieuse poutine locale au béluga accompagnée de sauce albertaine (un délice à s'en lécher les doigts). On peut même penser à en vendre des modèles réduits d'oléoducs en plastique (un autre moyen de rentabiliser toute cette manne pétrolière) à l'intérieur duquel on pourrait insérer toutes sortes de messages positifs. Donnons quelques exemples :

- Avec le PLQ, l'environnement ne sera pas déçu.

- Les bélugas c'est meilleur en poutine.

- L'environnement, c'est agréable seulement dans les discours.

- Le tout à l'économie, c'est le bonheur garanti.

- Moins de bélugas, plus de livres dans nos écoles.

Le ministre du pétrole et des oléoducs québécois, Pierre Arcand, qui jouit d'une belle proximité avec l'industrie pétrolière au Québec (qui le nourrit bien), saura réunir tous les bailleurs de fonds et les acteurs intéressés nécessaires pour ce grand projet pour le Québec. Un Québec qui d'ailleurs se plaint constamment de l'absence de projets politiques transcendants. Le voilà servi! De plus, étant donné la sacro-sainte mission d'établir l'équilibre budgétaire en sabrant dans les dépenses (plutôt qu'en haussant les revenus), le gouvernement Couillard pourra faire l'économie du salaire de Pierre Arcand, qui pourrait être rémunéré par TransCanada en tant que porte-parole gouvernemental de cette compagnie.

Si Philippe Couillard a besoin de mes services pour l'aider à mettre en place cette stratégie gagnante pour un Québec fort dans un Canada uni par un réseau d'oléoducs, je demeure à sa disposition.

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