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Le sens de la fête

18/12/2016 08:22 EST | Actualisé 18/12/2016 08:22 EST

Nous approchons de la période de fêtes hivernale et il est utile de s'interroger sur le sens qu'il faut donner à la fête dans notre société de consommation moderne.

Nous vivons une époque dans laquelle notre société est ballottée par les intérêts nationaux et corporatifs, les idéologies totalitaires qu'elles soient politiques ou religieuses, et les pressions démographiques. La science évolue très vite et l'on n'a pas le temps de juger, de jauger ou de digérer des mutations technologiques toujours nouvelles qui refaçonnent notre monde. Or et trop souvent, la conception de l'humain est réduite à une dimension : matérialiste, voulant que l'être humain soit un consommateur aux réflexes pavloviens; marxiste réduisant l'être humain à ses seuls intérêts économiques; freudienne, ramenant l'homme à des pulsions internes qu'il ne contrôle pas toujours. Ces visions réductrices sont un refuge contre l'avenir inconnu d'un monde irréprimable qui semble dériver vers le chaos.

Or, derrière ces réalités sociétales et ces conceptions simplificatrices de l'humain, il arrive souvent qu'on néglige une autre dimension intime et personnelle : celle de l'âme.

Cinq termes hébraïques désignent l'âme dans les Écritures.

  • Haya, dont le sens littéral est la vivante désigne la vie biologique qui se démarque du monde minéral ou végétal.
  • Le vocable néfésh se traduit aussi par âme et représente la vitalité de l'être vivant animé de souffle. Dans certains passages bibliques, le terme néfésh peut être interprété comme gorge et ce sens précis relierait l'âme au souffle, c'est-à-dire l'esprit qui nous habite.
  • Le terme neshamah caractérise tout être humain doté de vie et de conscience. Elle est comparée à une étincelle divine (Proverbes 20-27) et s'apparente à un autre terme, neshimah qui signifie respiration.
  • Le mot rouah est généralement rendu par vent, souffle ou esprit et signifie aussi souffle dans le sens de souffle de vie. L'âme ou néfésh désigne la source même des impulsions de vie des êtres vivants. Lorsqu'un être doué de vie et de conscience ou néshamah nous quitte, il rend l'âme et laisse derrière lui des souvenirs, et son exemple continue d'imprégner notre esprit ou rouah.
  • Yehida désigne l'âme en ce qu'elle a d'unique et d'individuel et intègre toutes les dimensions de l'être. Elle représente l'unicité de l'être qui forme une entité distincte, soit la façon dont une personne fusionne les différents aspects de son être : haya, néfesh et neshama et rouah.

La religion en tant qu'expérience personnelle est indépendante, des rites, des interdits ou des hiérarchies religieuses. La mission de dévotion de la Yehida est une mission qui peut engager toutes les dimensions de son être, amalgamant son intégrité physique et morale. Tout comme certaines musiques, elle fait vibrer le sentiment du beau et du bien et faire résonner l'être dans la plénitude et la sérénité.

Fasse qu'en ces jours de fête, entre les lumières de Noël et de Hanoukka qui sont célébrées le même jour cette année, entre les présents enrubannés et les mets savoureux, que l'on puisse trouver le temps de s'imprégner du sens original et personnel de la fête : il s'agit de la fête de la vie et de la liberté qu'elle nous procure : c'est celle qui devrait nous guider lorsque, empêtrés dans toutes sortes de vicissitudes, nous cessons de mettre parfois en perspective l'essentiel : le sens du bien, du bonheur et du partage du bonheur.

Fasse que l'on soit inspiré pour une pensée et un geste pour les rescapés d'Alep.

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