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Voici pourquoi vous avez abandonné vos résolutions

08/05/2014 12:00 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT
Klaus Vedfelt via Getty Images

Arrêtez de vous culpabiliser! Selon les statistiques, seulement 8 % des Américains tiennent réellement leurs promesses du Nouvel An, selon les statistiques compilées en janvier 2014 par l'Université Scranton aux États-Unis.

Au Canada, environ 80 % d'abonnés à un centre de conditionnement physique auront abandonné à la fin mars, révèlent des données non officielles de l'industrie.

Vous repensez à vos propres résolutions et au moment de lire ces lignes, vous ressentez un sentiment d'échec, doublé du douloureux constat que vous n'avez aucune volonté. Et si le problème n'était pas relié à votre volonté, mais plutôt aux choix de vos résolutions?

Que veut-on vraiment changer?

Pour expliquer nos abandons, nous nous attaquons à la mauvaise cible, explique la psychologue américaine Kelly McGonigal, en entrevue à TED, l'organisateur de conférences internationales. Ce sont plutôt les mauvaises résolutions qui nous conduisent automatiquement vers l'échec. « Les gens formulent des résolutions éloignées de ce qui les préoccupe le plus. Cette approche est une garantie d'insuccès. »

Selon la spécialiste, il faut vous poser la bonne question pour trouver la force de s'engager avec succès dans un processus de transformation (arrêter de fumer, commencer l'exercice, perdre du poids, etc.). Demandez-vous ce que vous VOULEZ changer à la place de ce que vous DEVEZ changer. « En misant sur les bons choix, vous saurez diriger votre attention et votre énergie à les saisir quand ils se présentent tous les jours. » L'équation est simple : pas de motivation, pas de volonté, explique Kelly McGonigal.

Pas qu'une affaire de volonté

Kelly McGonigal définit la volonté comme l'aptitude à faire ce qui compte le plus pour vous, dans les situations difficiles ou quand une partie de vous-même refuse de le faire. Tout changement de comportement qui requiert de la volonté met en concurrence deux états d'esprit. Une partie de nous réfléchit aux objectifs et aux gains à atteindre à long terme. Une autre partie de nous penche plutôt vers la recherche de satisfactions immédiates ou à court terme. Normal, on veut garder le plaisir au maximum tout en maintenant le stress, la douleur ou l'inconfort au minimum.

Sous l'angle des neurosciences, ces tensions perpétuelles sont inhérentes à la nature humaine et ont conditionné les structures fondamentales de notre cerveau. Chaque état d'esprit cherche à répondre aux défis à sa manière. On n'a qu'à penser à toutes les décisions à prendre dans une seule journée pour constater la jonglerie à l'oeuvre dans le choix des besoins à répondre à courts, moyens et longs termes.

Au cours du processus cognitif, la volonté incarne la capacité de rester focalisé sur les objectifs à long terme, résume la psychologue. Un processus de changement réussi, donc, doit forcément s'appuyer sur les choses qui nous tiennent le plus à coeur.

Les stratégies gagnantes

Le professeur de psychologie à l'Université Scranton, John Norcross, a étudié les stratégies éprouvées pour réussir un changement de comportements ou d'habitudes.

Dans une étude publiée en 1998 dans la revue Journal of Substance Abuse, le Pr Norcross en rapporte deux. La première stratégie consiste à éviter les stimuli ou toutes occasions susceptibles d'entraver la démarche. Par exemple, des non-fumeurs ont tenu le coup en évitant les bars où l'on tolérait la cigarette. La deuxième stratégie vise à se récompenser pour nos nouvelles habitudes. Par exemple, vous pourriez regarder une série télé pendant votre séance sur l'exerciseur de marche, suggère Kelly McGonigal.

Plus une personne est sûre d'amorcer une démarche avec succès et de garder le cap, meilleures sont ses chances de succès, explique Norcross. La décision de briser ses mauvaises habitudes doit être considérée comme un processus plutôt que d'un événement isolé, explique-t-il. C'est pourquoi toutes personnes mentalement préparées et réellement engagées à modifier ses mauvaises habitudes au moment de formuler ses résolutions ont 10 fois plus de chance d'y arriver que les autres qui foncent seulement sur un coup de tête, la veille du Jour de l'An.

Ce texte a aussi été publié sur le site de l'Agence Science-Presse

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