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Tomber en phéromones

Colorer  sa vie amoureuse est un art qui vient en le pratiquant avec discipline au quotidien.

22/11/2017 09:00 EST
GeorgeRudy via Getty Images
Est-ce de la paresse ou un manque de volonté?

Tomber serait plutôt monter.

Grimper dans une montagne russe, motivés tous les deux à la vue et à l'olfaction de substances hormonales d'une personne suscitant l'instinct de reproduction de l'espèce.

L'ascension se fait, selon la science, sur une période d'environ 18 mois.

Puis arrive à l'horizon la descente vers la sortie.

L'évacuation survient, les individus retombent sur leurs pieds sur la terre ferme.

Ceux qui survivent à cette sortie, développent généralement, une bactérie bienfaisante comme nous en trouvons dans le yogourt. Cette dernière se nomme Amicitia-Amor.

Un esprit d'équipe se développe, supporté par des intérêts et projets communs. Saupoudrés par beaucoup de volonté, de travail et d'investissement mutuel.

Pour les autres qui n'ont pas vu venir la descente du manège, trop enivrés par les effluves, intoxiqués par un état de béatitude, la sortie est beaucoup plus brusque voir douloureuse parfois. Ne sachant pas se réinventer un vent d'automne vient parfois faire frissonner la relation.

L'enivrement fait place à la sobriété. Beaucoup ne savent pas trouver le bonheur dans cette réalité plus sobre.

Colorer sa vie amoureuse est un art qui vient en le pratiquant avec discipline au quotidien.

Le couple se fait vieux lorsque l'on préfère trop souvent le mou au moulant, ou dès que l'on retire les gants blancs.

Le couple se fait vieux lorsque l'on préfère trop souvent le mou au moulant, ou dès que l'on retire les gants blancs.

L'un ou les deux cessent de se mettre à la place de l'autre, quand pourtant, au tout début, supportés par la distribution quotidienne de phéromones tout semblait possible.

Eh que l'on est prêt à tout au début!

Rien pour nous arrêter ! Les drapeaux d'avertissement ne se voient même plus! La pistache que pourtant on détestait goûte le ciel!

Ça semble de plus en plus un mal quotidien qui se généralise.

L'utilisation de baguettes pour ne pas blesser les collègues et les amis est de mise. Par contre, une fois rendu à la maison le déversement des toxines de la journée se fait sur la personne la plus importante à nos côtés.

Peut-être devient-on aspiré par l'ensemble de l'œuvre.

On ne fait plus la distinction entre couple, boulot et facture. Devenant une cour à scrap, trop las pour diviser les paquets dans chaque coin respectif.

Est-ce de la paresse ou un manque de volonté? La facilité du changement à notre portée? Prisonniers de la doctrine du nouveau modèle de l'année?

Éduqués par Walt Disney, on nous a laissés croire que c'était facile et éternel, sans aucun effort.

Je préfère de loin la version de la Belle au bois dormant à la «Angelina Jolie», où la potion hormonale est remplacée par le véritable Amor.

Je préfère de loin la version de la Belle au bois dormant à la «Angelina Jolie», où la potion hormonale est remplacée par le véritable Amor.

Qu'entre la Belle et le Charmant se construit lentement une Amicitia-Amor.

Beaucoup plus réaliste.

Ou bien que l'on doive enfin comprendre que tout casse, tout passe, tout lasse, comme le disait si bien mon grand-père.

Que la vie est un éternel recommencement ; passer ou se réinventer.

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