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«Les Suicidées» n'est probablement pas le polar de l'été

Ceci dit, quel animal peut bien prétendre vouloir imposer un seul livre à ce drôle d'été.

16/07/2017 08:00 EDT | Actualisé 16/07/2017 08:41 EDT

Avant que son trône ne vacille quelque peu, Val McDermid était, pour moi, la reine du polar. Ce statut lui est peut-être contesté, mais Les Suicidées marque un retour en force!

Désœuvrée, l'ex-commandant Carol Jordan est interceptée en état d'ébriété au volant de son véhicule. Si elle accepte de reprendre du service, la peine encourue sera commuée. Avec l'aide du profileur Tony Hill, elle reconstitue son équipe de choc! Pour se refaire la main, ils examinent le suicide apparent de trois femmes harcelées sur le net. Ils découvrent alors que ces décès sont l'œuvre d'un tueur en série et que toutes les femmes célèbres pour leur féminisme sont en danger.

Fournie

J'ai entamé la lecture de cette neuvième enquête de la commandant Carol Jordan avec un peu d'appréhension et beaucoup de curiosité. L'équilibre des premiers romans de la série m'a semblé rompu avec les derniers titres, la thématique féministe prenant parfois plus de place que l'histoire et faisant de l'ombre au suspense.

La première portion de ce nouveau polar n'y fait pas exception! Les hommes sont méchants et les femmes sont des victimes... Vous dire mon énervement!

Le féminisme qui se dégage des romans est devenu une tendance.

Si j'ai cru lors des romans précédents qu'il s'agissait d'une thématique temporaire, il me faut admettre qu'il n'en est rien. Le féminisme qui se dégage des romans est devenu une tendance. Je regrette seulement que ledit message soit un peu trop apparent, la subtilité étant — me semble-t-il — plus efficace que cette artillerie lourde.

Et tout à coup, comme si l'auteure prenait elle-même conscience de quelque chose, son monde en noir et blanc se rompt. Tout rentre dans l'ordre et elle nous embarque dans son histoire, une intrigue funambulesque dont elle seule connait le secret.

Les Suicidés est un subtil mélange de profilage et d'intuition, de techniques d'investigation et de haute technologie, un suspense de haut vol avec cette histoire de femmes heurtées par des trolls sur le web.

Les Suicidés est un subtil mélange de profilage et d'intuition, de techniques d'investigation et de haute technologie, un suspense de haut vol avec cette histoire de femmes heurtées par des trolls sur le web. La thématique féministe vient prend alors tout son sens. C'est beaucoup plus efficace. On n'en attendait pas moins de cette très grande écrivaine.

Les Suicidées n'est probablement pas le polar de l'été. Ceci dit, quel animal peut bien prétendre vouloir imposer un seul livre à ce drôle d'été.

Sur les tablettes

Midnight, Texas, 3 Nuits blanches à Midnight de Charlaine Harris (Éditions Flammarion).

À l'intersection qui marque le cœur de Midnight, au fin fond du Texas, plusieurs personnes se sont tragiquement suicidées avec des armes prises au pawnshop. Le phénomène intrigue et effraie les habitants qui voient toute cette publicité d'un très mauvais œil. Lemuel, le vampire, découvre dans ses livres anciens qu'à minuit, autrefois, l'endroit devenait la proie de créatures sanguinaires. Manfred, le médium, Fiji, la sorcière, les tigres-garous, les anges déchus et autres parias qui ont choisi de vivre là vont tous devoir déployer des trésors d'ingéniosité et de solidarité pour mettre fin au carnage et préserver leur tranquillité.

Val McDermid, Les Suicidées,Éditions Flammarion. Traduit de l'anglais par Perrine Chambon et Arnaud Baignot (Splinter the Silence, 2015). Mai 2017. 414 pages.

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