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<em>Le Livre du roi </em> de Arnaldur Indridason: polar nationaliste!

07/10/2013 12:15 EDT | Actualisé 07/12/2013 05:12 EST

Avec un regard intimiste et une écriture aussi lumineuse qu'évocatrice, Arnaldur Indridason, l'auteur le plus célèbre d'Islande, se lance avec Le Livre du roi dans une quête identitaire.

style="float: Le Livre du roi serait le plus ancien manuscrit connu du peuple islandais. Un recueil de poèmes épiques relatant les exploits des héros fondateurs. Cette relique de la littérature nordique est cependant revendiquée par plusieurs nations en mal de symbolisme identitaire. Suède, Norvège, Danemark, Allemagne : tour à tour, au gré des conquêtes, ces pays accaparent le trésor. Celui qu'on appelle le professeur, un érudit islandais, était le gardien du livre jusqu'à ce que la Gestapo le lui arrache en 1945. Lorsque Valdemar, un jeune étudiant débarque à l'Université de Copenhague pour compléter ses études nordiques, le professeur l'embarque dans sa quête pour retrouver le livre et un fascicule que tous croyaient perdu. Commence alors une saga à travers l'Allemagne de 1955 en pleine reconstruction. D'antiquaires en bouquinistes, professeur et Valdemar vont mettre leur endurance et pugnacité à l'épreuve pour récupérer Le Livre du roi, quel qu'en soit le coût.

Le Livre du roi est un jeu de piste avec juste assez de rebondissements pour conserver intact l'intérêt d'un lecteur étranger à cette histoire. Le personnage du professeur en chercheur opiniâtre et son jeune assistant un peu naïf vont devoir, un peu comme les héros du livre du roi, déployer bravoure et héroïsme pour retrouver le manuscrit, le conserver malgré les embûches afin de le ramener enfin en Islande. La quête désespérée devient une sorte de rédemption pour l'érudit professeur qui avait dû céder le livre. Mais il aspire toujours à se montrer à la hauteur de la bravoure de ses ancêtres. C'est d'ailleurs tout le sujet du livre au final. Se montrer de la même trempe que les héros du livre et prouver qu'ils sont bien les fiers descendants de cette race d'hommes ayant conquis le pays de glace.

Arnaldur Indriðason sait faire vivre pleinement des personnages, soutirer le maximum de leur psychologie sans jamais céder à la facilité et aux clichés du genre. Avec une écriture tout en élégance, il ponctue son récit de quelques mots judicieusement choisis pour nous faire ressentir les années 50. Des relations un peu obséquieuses entre les protagonistes, une certaine politesse un peu désuète, quelques vocables surannés pou décrire Berlin et ses immeubles toujours ravagés par les bombes des alliés, et le ton est donné.

L'impression qui reste est, par ailleurs, un peu la même qu'avec Le Chinois, de Henning Mankell : un grand roman, mais un peu trop hermétique pour être son meilleur polar. Les nombreux admirateurs du grand Arnaldur ne seront cependant pas déçus.

Arnaldur Indridason, Le Livre du roi. Éditions Métailié. Traduit de l'islandais par Patrick Guelpa (Konungsbόk, 2006). Septembre 2013, 355 pages. Disponible en version papier et numérique.

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