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Dark secrets 3: entre terrorisme et trahison!

08/02/2015 08:49 EST | Actualisé 10/04/2015 05:12 EDT

L'an passé voyait l'arrivée de Dark secrets 1 et 2 (Le Disciple), deux bons polars qui, sans révolutionner le roman policier, possédaient tout ce qu'il faut pour devenir des succès. On attendait avec impatience la traduction de la troisième histoire. Voici donc Dark secrets 3 : Le Tombeau, des Suédois Michael Hjort et Hans Rosenfeldt.

style="float: Suède, 2003. La ministre des Affaires étrangères est assassinée. La menace terroriste contre les démocraties prend forme et le sentiment de sécurité doit être renforcé. Le pays a besoin de trouver des responsables, qu'ils soient coupables ou non. C'est ainsi que des bavures vont être commises, menant des années plus tard à la découverte d'un charnier contenant six cadavres. La brigade criminelle commandée par Torkel entre en scène afin de découvrir qui sont ces corps putréfiés, pourquoi ils sont morts et qui les a tués.

Ce troisième volet prend beaucoup de temps avant de mettre en place une intrigue qui se tient. À la fin, comme il se doit, toutes les scènes viennent s'imbriquer l'une dans l'autre. Malheureusement, si lors des épisodes précédents, l'équilibre était parfaitement maintenu entre l'investigation et les éléments moins primordiaux, cette fois, la bande à Torkel fonctionne en retrait et les actions de ses policiers et leurs découvertes sont beaucoup moins décisives.

Ce qui faisait le charme des volets antérieurs - la brigade criminelle et les relations conflictuelles entre les membres - s'étiole. Pourtant l'intrigue est là, bien présente et bien actuelle. Deux innocents afghans sont enlevés et torturés pour cause de terrorisme. Un agent du gouvernement, qui pressent que ces morts sont plutôt des meurtres, est assassiné, ainsi que toute sa famille. Cette sombre histoire mêlant terrorisme et trahison étend ses tentacules jusqu'au gouvernement.

Mais l'aventure manque de rigueur. Les liens menant à la découverte de la vérité sont peu vraisemblables et la fameuse brigade d'élite de Torkel n'est pour rien dans la résolution de l'intrigue. Tout au plus fait-elle figure de faire-valoir.

Les relations entre les protagonistes de la brigade (Ursula, Vanja, Sebastian) prennent plus de place que l'enquête et commencent à ressembler à un téléroman d'après-midi. (Le lien entre Sebastian et Vanja, par exemple : elle ignore qu'il est son géniteur et qu'il est à la source même de tous ses malheurs. Plutôt que de le confronter, elle préfère se terrer, ce qui ne correspond pas à la psychologie de son personnage. De toute façon, cette situation père/fille est devenue ridicule et les auteurs auraient avantage à y mettre un terme.) Les fins ouvertes de toutes ces historiettes secondaires laissent une impression d'éparpillement.

Le Tombeau n'est pas un mauvais polar pour autant, mais le charme est rompu et la machine Dark secrets a perdu en intensité.

Michael Hjorth et Hans Rosenfeldt, Dark secrets 3 : Le Tombeau, Éditions Prisma. Traduction du suédois par Lucile Clauss (Fjällgraven, 2012). Janvier 2015. 474 pages.

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