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Pourquoi la Chine secoue l'économie mondiale et les marchés financiers

05/09/2015 08:52 EDT | Actualisé 05/09/2016 05:12 EDT

L'été 2015 est sombre pour l'économie mondiale et les marchés financiers, et il peut encore se produire beaucoup d'ici le 22 septembre, premier jour d'un nouveau chapitre automnal.

Dès le 27 juin, Alexis Tsipras annonçait, à la surprise générale, un référendum en Grèce, épilogue d'un psychodrame qui a duré près d'un mois. Et pratiquement dans la foulée, à la mi-juillet, les marchés financiers asiatiques ont plongé, conduisant le gouvernement chinois à dévaluer trois fois le yuan en août.

La bourse de Shanghai a effacé, en quelques semaines, tous ses gains depuis le début de l'année, mais n'oublions pas qu'elle gagne encore plus de 30% sur les douze derniers mois! Cela montre bien les excès des places chinoises (avec Shenzhen) depuis deux ans.

Après une semaine du 15 août déjà éprouvante, le 24 août a été sanglant et peut être qualifié de krach, le CAC 40 et le Dow Jones perdant près de 8% en séance avant de se ressaisir un peu en fin de journée.

Pour essayer de comprendre la fébrilité des marchés face au tumulte chinois, l'enchaînement de mauvais signaux depuis trois mois est un premier élément d'explication. Entre la situation grecque déjà évoquée (mais non close avec la démission de Tsipras et l'organisation de nouvelles élections), la fébrilité des Brics (récession prévue en 2015 pour le Brésil et la Russie), la volatilité des matières premières avec un pétrole sous les 40 dollars le 24 août, ou encore la perspective d'une remontée des taux aux États-Unis, les planètes économiques et financières se sont brutalement désalignées.

Dans ce contexte tendu et difficile, la situation chinoise n'en suscite que plus d'inquiétudes

Inquiétudes, car la Chine est la deuxième puissance économique mondiale (18% du PIB mondial), juste derrière les États-Unis (20% du PIB mondial); son impact sur la croissance mondiale est croissant et exponentiel depuis 15 ans et rappelons-nous que la Chine représentait seulement 1% de la croissance mondiale en 1976! Quelques repères sont utiles pour mesurer l'influence de la Chine dans l'économie mondiale en 2015.

La Chine est le premier exportateur, la première puissance manufacturière et la deuxième puissance industrielle au niveau mondial. Il s'est vendu, en 2014, près de 24 millions de voitures sur le marché chinois: c'est deux fois plus que les ventes sur le marché européen. Par conséquent, quand la Chine s'enrhume, de grands groupes commencent à «tousser», que ce soient les constructeurs de voitures allemands ou les géants de Silicon Valley comme Apple.

Interrogations aussi sur la capacité des Chinois à faire face à la fois à une bulle immobilière considérable et à une banqueroute potentielle des 75 millions de petits actionnaires qui ont souscrit des prêts bancaires pour acheter des actions. Par ailleurs, comme dans le mauvais scénario d'un film noir, l'explosion de Tianjin vient accroître la suspicion que l'on peut avoir sur la viabilité et la soutenabilité du modèle économique chinois. Car Tianjin est la quatrième ville chinoise avec une agglomération de près de 15 millions d'habitants et une gigantesque plateforme industrielle.

Ralentissement économique, crise financière, drame industriel et peut-être écologique, voilà une conjonction d'éléments qui fragilise la Chine et inquiète fortement les investisseurs.

D'autant que, comme l'indique la recherche de Natixis, «Pendant l'été, la logique économique l'a emporté sur la logique financière et les perspectives économiques négatives l'ont emporté sur le caractère positif des perspectives financières».

Et les marchés se sont rappelé brutalement que, même si la liquidité n'a jamais été aussi abondante, seule la croissance est, à terme, facteur de richesse pour les entreprises.

Billet précédemment publié sur le blogue de Daniel Karyotis

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