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De l'argent de Monopoly

03/06/2014 04:41 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Je n'exagérais pas en traitant, au cours des derniers mois, de bidon le budget Marceau de février 2014, prélude évident au déclenchement de l'élection qui devait reporter l'équipe Marois au pouvoir, selon les «talentueux» stratèges du PQ.

À lire le rapport du vérificateur général déposé mardi après-midi à l'Assemblée nationale, les mots budget de menteurs, budget de tricheurs, budget de fraudeurs, budget de berneurs, budget de mythomanes, budget de maquilleurs... bref, budget de politiciens malhonnêtes qui n'hésitent pas à tromper la population pour parvenir à leur fin, auraient été plus appropriés. Je regrette aujourd'hui de ne pas les avoir employés.

Ces gens étaient prêts à tout pour conserver le pouvoir en obtenant une majorité, y compris tromper le peuple sur l'état réel de ses finances publiques. Tout cela en n'hésitant pas à faire les annonces publiques les plus folles et à engager les dépenses les plus débridées, sachant bien que le Québec ne pouvait pas se les permettre et que le gouvernement n'avait pas le début du commencement d'un vieux dollar rond dans ses caisses.

Qu'on en juge : le gouvernement péquiste a déposé un faux budget, ni plus, ni moins. Le ministre Marceau nous parlait avec sa (fausse) candeur habituelle d'un déficit de 1,75 milliard de dollars en 2014-2015. La réalité est toute autre : le vérificateur général, un haut fonctionnaire absolument indépendant nommé de consentement unanime par l'Assemblée nationale, affirme aujourd'hui que le déficit atteindra 5,65 milliards de dollars, un «léger trou» de 3,9 milliards. Surprenant? Non, scandaleux. Mais on n'a encore rien vu. Pire encore : le gouvernement connaissait la situation depuis le mois de novembre 2013 et n'a rien fait, absolument rien pour la corriger, ni pour en informer la population. C'est tout? Que non pas. Dans son pseudo budget de février, l'équipe péquiste a choisi de limiter à 2% la croissance des dépenses de ses programmes, tout en sachant que celle-ci serait plutôt de 6,7%.

On le soupçonnait : maintenant, on comprend parfaitement pourquoi monsieur Marceau nous a présenté un budget unijambiste, amputé d'une prévision de dépenses (les crédits budgétaires). Un budget fabriqué avec de l'argent de Monopoly que les Québécois auraient malheureusement payé en réduction de services, le gouvernement n'ayant évidemment pas eu le courage d'annoncer une hausse, si légère eut-elle été, des impôts.

Affirmer, main sur le cœur, qu'on limitera la hausse de nos dépenses à 2 % alors que la rémunération du personnel représente à elle seule 2,5 % de la croissance des dépenses, qu'on sait qu'il faut contribuer aux régimes de retraite de ses employés, cadres ou autres, contribuer à l'assurance-médicaments, payer le coût de l'élection qu'on s'apprête à déclencher, prévoir les sous-estimations quasi habituelles des revenus et des dépenses de toutes sortes, c'est, pour me répéter, mépriser les institutions et prendre les Québécois pour des imbéciles. Et, une fois de plus, fidèle à mon habitude, je me retiens et mesure mes propos.

Et voilà que monsieur Marceau tente désespérément et fort malhabilement de défendre l'indéfendable en disant sans rire que tout cela relevait du domaine du potentiel et que son bon gouvernement aurait agi de façon responsable et que jamais il n'aurait autorisé toutes les dépenses qui, elles aussi, étaient potentielles. Pour faire bonne mesure, il en rajoute en maintenant que la pluie de bonnes nouvelles déversées par le gouvernement Marois entre février et avril dernier aurait, bien sûr, été réalisée...

Voilà pourquoi, madame la Marquise, votre fille est muette...

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