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Marc Parent: la transparence au service des citoyens

08/05/2015 12:33 EDT | Actualisé 07/05/2016 05:12 EDT

Je ne prétends pas être totalement objectif quand il s'agit de Marc Parent. Encore moins quand il me faut commenter sa décision surprise de ne pas renouveler son mandat de directeur du SVPV à son échéance au mois d'août.

Responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la ville, j'ai été, avec le maire Gérald Tremblay, à l'origine de la nomination de Marc Parent à la tête du SPVM en 2010. Cinq ans plus tard, je ne trouve aucun motif, aucune raison valable de ne pas me réjouir de ce choix et, sans fausse modestie, de m'en enorgueillir. (*)

Marc Parent, en effet, a bien rempli le difficile mandat qui lui a été confié. Marc Parent n'a pas été un bon directeur du SPVM. Il s'est révélé un excellent directeur.

Si Marc Parent, ce sont quelques policiers corrompus (je pense à Davidson et Roberge) ou complètement «sautés» (qui a oublié le célèbre matricule 728?). Si Marc Parent, ce sont plusieurs dizaines de troupiers peu empressés d'embêter leurs frères syndiqués qui vandalisaient la salle du conseil en août 2014, ou encore trop d'arrestations musclées lors de différentes manifestations et trop de policiers déguisés en clown pour «sauver» leur confortable retraite. Marc Parent, c'est aussi et d'abord la droiture et la transparence au service des citoyens. Marc Parent, c'est encore le leadership rassembleur tranquille, l'implication profonde et vraie dans la communauté. Marc Parent, c'est toujours l'excellence comme message tant à ses hommes et à ses femmes qu'aux jeunes. Marc Parent, c'est enfin le démantèlement pacifiste et réussi d'Occupons Montréal en novembre 2011, et la reconnaissance courageuse de certains excès commis par ses policiers durant le printemps érable.

S'agissant d'Occupons Montréal, Marc Parent et son équipe ont privilégié une stratégie de dialogue avec les participants. Soucieux, comme le Maire et moi, de maintenir en tout temps les communications avec les participants, le directeur du SPVM déploya ses patrouilleurs spécialisés en médiation urbaine. Il maintint un dialogue constant avec les leaders ou ce qui en tenait lieu. Tout au long de ce mois bien spécial, Marc Parent se révéla l'homme de terrain patient, l'interlocuteur attentif, le stratège habile que l'on attendait

Au cours du printemps érable, le travail du SPVM ne fut pas sans failles et son directeur eut la grâce de le reconnaître. Dans les circonstances, plus de 500 manifestations en cinq mois, la chose était malheureusement inévitable. Je ne veux pas absoudre le SPVM de toutes les erreurs, petites et grandes, qu'il a commises durant ces longues et difficiles soirées. Car il en a commis. Notamment, dans certains cas, heureusement peu nombreux, d'usage excessif de la force. Trois ans après les événements, je persiste à dire que dans l'ensemble, nos policiers et policières ont accompli honorablement leur devoir dans cette période troublée de notre histoire.

Décision surprenante que la sienne pour qui, comme moi, n'est pas ou n'est plus proche du milieu. Le connaissant, je suis certain qu'il l'a murement et longuement réfléchie et qu'il l'a prise dans les meilleurs intérêts du SPVM et des siens.

Je suis de ceux qui regretteront l'homme et le Directeur.

(*) Je consacre trois chapitres au SPVM dans mon livre De la crise d'octobre au printemps érable (Québec Amérique, 2015)

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