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J'Accuse l'islam tortionnaire!

26/01/2015 11:37 EST | Actualisé 28/03/2015 05:12 EDT

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

Pour la deuxième fois, les autorités saoudiennes, sous la pression internationale, ont décidé de surseoir à la flagellation de Raïf Badawi en raison du mauvais état de santé où il se trouve après avoir été fouetté sévèrement le vendredi 9 janvier. Cependant la sentence tient toujours, et celui-ci risque d'être encore torturé dans les semaines qui viennent. En s'entêtant à maintenir son effroyable châtiment, la dictature islamique qu'est l'Arabie saoudite affiche toute son intransigeance et sa fidélité aveugle au wahhabisme, le plus conservateur et le plus rigoriste des fondamentalismes musulmans.

Que reproche-t-on à M. Badawi? Seulement d'avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression en osant dénoncer sur son blogue l'intolérance religieuse qui étouffe son pays. Il été condamné à 10 ans de prison, à environ 300 000 $ d'amende et à 1 000 coups de fouet à recevoir sur une période de 20 semaines consécutives devant une mosquée après la prière du vendredi, car, dans le pays natal de Mahomet, on prie Allah avant de passer à la barbarie. En Arabie saoudite, toute critique de l'islam et de la police religieuse chargée de faire respecter strictement la charia est considérée comme un crime de lèse-majesté blasphématoire punissable des pires châtiments. Les dévots d'Allah saoudiens ne respectent ni la liberté d'expression ni la liberté de conscience, et, pour imposer leur fanatisme, ils n'hésitent pas à recourir à la terreur et à la torture.

Depuis la création de l'Arabie saoudite, les puissances occidentales se sont honteusement tues devant l'inacceptable et ont même pactisé avec cet État autocratique pour ne pas risquer de perdre leur approvisionnement en pétrole. Force est de constater cependant qu'à la base de l'Arabie saoudite opère le même fondamentalisme islamique mortifère que celui qui règne dans l'État islamique; la seule différence est que l'Arabie saoudite est un État officiellement reconnu qui siège à l'ONU et qui est l'allié des puissances occidentales, alors que l'État islamique est combattu parce qu'il est considéré comme un groupe armé terroriste. Les deux partagent en fait la même idéologie et menacent tout autant la survie de la démocratie et la promotion des droits humains.

Je suis profondément indigné devant l'injustice cruelle qui est faite au jeune blogueur Raïf Badawi. J'accuse de toutes mes forces l'islam tortionnaire dont l'Arabie saoudite est un des pires promoteurs, elle qui est le berceau de l'islam et la gardienne de ses lieux saints, La Mecque et Médine.

J'accuse le roi saoudien et tous ses ministres d'être les dirigeants d'un pays islamique tortionnaire qui maintiennent leur pouvoir absolu par l'autoritarisme religieux.

J'accuse les juges de l'Arabie saoudite d'être des magistrats d'un pays islamique tortionnaire qui infligent des peines inhumaines à des innocents.

J'accuse les policiers et les bourreaux de l'Arabie saoudite d'être les serviles exécutants d'un pays islamique tortionnaire qui, sans aucune conscience morale, exécutent des actes d'une violence sans nom.

J'accuse l'ambassadeur de l'Arabie saoudite au Canada, et tout son personnel diplomatique, de représenter, dans notre pays démocratique, un pays islamique tortionnaire correspondant à une théocratie oppressive et impitoyable.

J'accuse tous ceux et celles qui, parmi les musulmans et les musulmanes, acceptent de séquestrer leur pensée dans des dogmes immuables et cautionnent par leur silence et leur inaction un pays islamique tortionnaire. Or, récemment, des milliers et des milliers de fidèles soumis à l'islam, à la publication de simples dessins humoristiques de leur prophète, se sont soulevés en masse à travers le monde et ont manifesté violemment contre ce qui leur apparaît être une insulte à leur foi ; ils ont crié des slogans hostiles, ils ont brûlé des drapeaux ou des effigies d'hommes d'État occidentaux, ils ont incendié des églises. Mais quand il s'agit de dénoncer l'injustice commise par leurs coreligionnaires, ces bigots se taisent et préfèrent assister à la flagellation d'un jeune innocent devant une mosquée.

J'accuse le premier ministre du Canada et son ministre des Affaires étrangères du Canada ainsi que le premier ministre du Québec de tergiverser devant un pays islamique tortionnaire et de ne pas oser prendre des mesures énergiques en faveur de la cause de Raïf Badawi. Faudra-t-il demander à un sbire de l'ambassade d'Arabie saoudite de leur donner 50 coups de fouet à chacun pour qu'ils éprouvent, dans leur propre corps, les souffrances du jeune Badawi ? Ont-ils besoin de subir le même supplice pour que leur compassion les amène enfin à intervenir efficacement afin de faire libérer ce prisonnier d'opinion et de soulager sa femme et ses trois enfants qui sont plongés actuellement dans le malheur et l'angoisse ?

Le martyr de Raïf Badawi, car il s'agit bien d'un martyr, c'est-à-dire d'une personne innocente à qui on inflige des supplices pour avoir défendu une cause juste et non pas d'un fanatisé qui meurt l'arme à la main pour son idéologie meurtrière. Le martyr de Raïf Badawi montre au grand jour que l'islam n'est pas forcément « une religion d'amour et de paix » comme on essaie de nous le faire croire. Au contraire, son martyr nous révèle que l'islam peut être aussi une religion d'intolérance, d'oppression, de torture, de sang et de mort. Oui, effectivement de mort, car il est tout probable que le jeune Badawi, qui souffre du diabète, succombera bien avant la fin de son supplice.

J'appelle tous les vrais Charlie du monde à devenir aussi des Raïf Badawi, à lutter pour sa libération et à combattre avec acharnement l'islam radical qui, une fois au pouvoir, n'a aucun scrupule à être tortionnaire en emprisonnant, en flagellant, en mutilant et en décapitant au nom de la loi prétendument divine du Coran.

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