LES BLOGUES

Pour moi, c'est terminé les «likes» sur Facebook et les «favorites» sur Twitter!

17/09/2014 11:49 EDT | Actualisé 17/11/2014 05:12 EST

Pourquoi? C'est simple... Parce que les deux actions, semblables, vont à l'encontre de la philosophie qui est à la base du Web social, soit celle du partage et de la conversation. On parle beaucoup, ces temps-ci de l'économie du partage qui est le rejeton du Web 2.0, mais au contraire de cette nouvelle économie, auparavant le partage ne se faisait pas au niveau des actions, mais au niveau des idées.

Les blogues, les médias et réseaux sociaux sont nés de ce besoin d'exprimer et de partager des opinions et des idées. Dans le cas des blogues, cette philosophie impliquait qu'il ne fallait pas seulement publier SON texte, mais aussi aller voir ceux des autres et de les commenter, et ce pour avoir la réciproque sur le sien. Une communauté qui converse et qui partage. C'est ce que j'enseigne toujours à mes étudiants en communication interactive. Le mot le dit d'ailleurs...

Sont ensuite arrivés Facebook et Twitter qui ont agi comme de formidables moyens de partager et de commenter à la puissance 10 ce que nous écrivions sur les blogues. Commentaires et partage par le biais du «retweet» ou RT étaient toujours de mise. Mais subtilement, ils sont devenus de formidables haut-parleurs... Et Facebook a introduit le «like», suivi plus tard par d'autres plates-formes dont LinkedIn et surtout Twitter avec son «favorite». On parle ou on crie et tout ce qu'on obtient c'est un pouce levé éteignoir.

Ce qui a tout changé... Nous sommes passés d'une société que nous voulions plus inclusive et faite de nombreuses communautés de partage avec le blogue comme ancrage à une société où les communautés ont éclaté au profit de l'individu qui comptabilise les «likes» comme mesure de succès. Mais que valent pour moi 200 likes et je-ne-sais-pas-combien de favoris ? Pas ce qu'on croit. C'est trop facile de peser sur un bouton et de s'en tirer ainsi, de penser qu'on partage. On partage quoi au juste ? Le fait qu'on aime ? Oui et après ? Si on aime, ça vaut la peine d'être partagé non ? Et si on favorise sur Twitter, ça vaut la peine de retweeter non ? Et je ne parle même pas des «likes» forcés pour participer à un concours... Que valent-ils ? C'est de l'engagement ça ?

Cliquer sur ces boutons, c'est couper court à la conversation, c'est briser la chaine du partage. Tout ce pour quoi nous militions pour entre 2004 et 2007. C'est en 2006 que j'ai commencé à bloguer et je considère que c'est toujours la bonne façon de faire valoir ses idées et de les partager et de respecter les autres en écoutant ce qu'ils ont à dire et si ça me parle, de commenter et de le partager avec les autres; ça, c'est de l'engagement. C'est moins facile, moins centré sur l'égo, mais pour moi c'est plus authentique...

Cliquer sur les boutons «like» ou «favorite,» c'est aussi éviter toute forme de controverse ou de débat, éviter la polémique ou le choc des idées. C'est s'en aller vers une société toute lisse, je dirais même policée et qui permet aux algorithmes de mieux vous tirer le portrait pour consommation future...

Oh! En passant, vous avez remarqué ici sur ce blogue du Huffington Post ? Il y a de ces boutons qui servent à partager mes billets. l y a deux boutons pour Facebook: le like et le partage, une chance ! Comme je l'ai déjà écrit, c'est plus facile de cliquer j'aime que d'aller faire un commentaire en bas. Mais il est important de partager si on aime...

C'est pour ces raisons que ce billet de Elan Morgan, dite Schmutzie, m'a tant «parlé» et qu'il ma fait prendre conscience de la futilité du «like». Sentiment corroboré à la lecture d'un autre billet de Fred Cavazza sur un sujet semblable. Donc, depuis quelques jours déjà, je n'utilise plus ces boutons. Plus de « like» ou de «favorite» mais beaucoup de partager, de RT, de commenter...

Et sur Facebook, je commente, je partage et j'utilise de plus en plus le message direct, même s'il n'est pas public et même si j'ai entendu entre les branches que cette fonctionnalité serait appelée à disparaître. Du moins, il permet de converser en temps réel et surtout d'apprécier d'une façon beaucoup plus conviviale avec le magasin d'auto-collants humoristiques (ci-haut).

Et sur Twitter, j'évite en autant que faire se peut la petite étoile, même si celle-ci permet de créer une catégorie à part, les favoris, qui peut être ensuite consultée aussi bien sur Twitter que dans un agrégateur comme TweetDeck. D'ailleurs, qui va consulter cet onglet chez un de ses abonnés ?

Et j'aimerais que nos blogues puissent avoir la possibilité d'offrir un tel magasin dans la mesure où la personne vient commenter notre dernier billet. Ce serait un peu comme à la petite école que plusieurs d'entre vous n'ont pas connue... La maîtresse (i.e. l'enseignante) nous mettait des anges et des étoiles quand on avait bien écrit dans nos cahiers, clairement, sans fautes et avec une belle écriture sans gribouillages...

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