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Reconsidérons l'option de l'annexion du Québec par les États-Unis

31/08/2014 09:00 EDT | Actualisé 31/10/2014 05:12 EDT

Dans le dossier des régimes de retraite des fonctionnaires et des policiers, qui a tort? Qui a raison? Qu'est-ce qui doit primer? La santé des finances publiques ou des ententes négociées serrées? Peu importe, les récents événements, plutôt violents, projettent une pauvre image des serviteurs de l'État et plongent la population dans une crise de confiance majeure par rapport à celles et ceux qui ont pour mission de la protéger.

Peut-on légitimement penser que la population est abandonnée à elle-même et sans protection, rendue vulnérable à la criminalité organisée? Se poser la question, c'est y répondre tellement le conflit d'intérêts est criant.

Par ailleurs, ce litige relève de la science actuarielle qui est une tonne de chiffres inaccessible au commun des mortels. L'employeur aura donc toujours une longueur d'avance quant aux déficits, mais les syndiqués vont continuer de faire valoir leur position par la force. En bout de ligne, c'est la santé des finances publiques et des régimes à long terme qui doivent l'emporter. Ce sont les paradigmes dominants. À défaut, nous risquons de sombrer dans la décote financière et l'anarchie comme la Grèce.

Mais contrairement à la Grèce, les États-Unis sont notre voisin et notre réseau hydro-électrique leur appartient. Voilà! C'est toute une différence. L'anarchie ne peut donc être tolérée au Québec. Nos installations valent d'être protégées: nous alimentons la côte est américaine en électricité. Il faut donc une solution politique à long terme et ramener à l'ordre les serviteurs de l'État et nos forces de l'ordre.

Le fédéral de Harper va probablement se servir du chaos à des fins politiques. Il n'intervendra pas ou refusera de le faire. Il a besoin d'une complicité pour instaurer son ordre. N'oublions que ce gouvernement conservateur méprise les droits fondamentaux et les institutions judiciaires. Il l'a prouvé à maintes reprises (sentences minimales, fin du pardon, conflit ouvert avec la juge en chef, etc.).

Cette nouvelle forme de dictature ou d'État policier n'est pourtant pas nouvelle. Nos voisins américains ont créé des milices armées ou des citoyens en armes pour résister à l'oppression britannique à l'occasion de la Révolution américaine. Cette milice ou citoyens en armes s'appellent désormais la Garde nationale. Elle est devenue un intervenant majeur de la crise raciale qui frappe présentement le coeur des États-Unis à Ferguson. Dans le passé, à l'occasion du mouvement des droits civiques des années 60 et 70, la Garde a joué essentiel.

Voici quelques informations importantes au sujet de cette Garde nationale.

  • Aux États-Unis, la Garde nationale fût constituée conformément à l'Article I, Section 8, Clause 15 de la Constitution dont la mission consiste à appliquer la loi, à supprimer la rébellion et à répondre à l'invasion du territoire.
  • La Garde nationale est au service du gouverneur de chaque État.
  • Le mode de rémunération de la Garde n'est pas à l'heure mais conformément à la solde, c'est-à-dire par journée de 24 heures. Ainsi, le soldat de la garde peut travailler 8 heures ou être en devoir 24 heures, le taux de rémunération demeure le même, ce qui permet à l'État de faire face à des crises, nommément à des grèves violentes et à des rebellions sans mettre en péril la santé financière de l'état, entendons la communauté.
  • La Garde nationale américaine dispose d'une impressionnante puissance de feu, de blindés, d'artillerie et d'une force aérienne.
  • Le recrutement se fait essentiellement auprès de jeunes étudiantes et étudiants, de travailleuses et de travailleurs qui souhaitent arrondir leur fin de mois ou payer leurs études. D'intéressants programmes de financement des études existent à cet égard, ce qui permet aux plus talentueux, mais qui proviennent de milieux défavorisés ou de la classe moyenne d'accéder aux universités privées confessionnelles (Georgetown, Fordham, etc) et aux «heavy leagues» (Princeton, Havard, Yale,
...)

Les gouverneurs des États - ils sont 50 sans compter les territoires protégés ou protectorats des États-Unis en forme de «fiducie» - n'hésitent généralement pas à utiliser la force armée de la Garde nationale pour mettre un terme aux grèves sauvages ou à toute forme de rébellion. À quand remonte la dernière grève «anarchique» aux États-Unis? Se poser la question, c'est y répondre.

Ainsi, l'État évite d'être à la merci d'un groupe d'intérêt particulier.

Le Québec aurait besoin d'une telle force dans le contexte actuel. L'annexion politique du Québec aux États-Unis aurait un effet majeur sur le mouvement syndical de ceux et celles qui étant armés, n'hésitent pas à intimider la collectivité pour défendre leurs intérêts.

Le concept de loi et ordre, ou tout simplement d'application de la loi, est plus flou que jamais au Québec: la commission Charbonneau en rajoute à cet épais brouillard de la légitimité de l'État et de la loi. Où étaient nos limiers pendant plus de 20 ans alors que sévissaient la corruption et la collusion? Où sont les dénonciations? Pourtant, ce ne sont pas les délateurs qui manquent.

Malheureusement depuis les années 60, les Québécois carburent à l'indépendance ou au fédéralisme classique sans envisager l'option de l'annexion politique du Québec aux États-Unis. Pourtant, cette option est dormante dans notre histoire, et ce, depuis la conquête. Le temps n'est-il pas venu de mettre un terme aux manipulations des uns et des autres pour affirmer la légitimité de l'État du Québec comme composante essentielle et importante de l'Union des États-Unis d'Amérique?

L'immense majorité des États de la communauté internationale n'ont plus les moyens de se payer une force armée et des ambassades à tout cran. Ces dépenses importantes, mais insignifiantes pour le quotidien des gens ordinaires pourraient être absorbées dans un cadre fédéral efficace, comme l'union américaine. Après tout, ce sont eux les États-Unis d'Amérique qui déjà patrouillent nos eaux arctiques et répondraient pour nous en cas d'attaque ou de menace nucléaire. Le Canada est à cent lieues d'assurer sa souveraineté : c'est un fauve édenté et sans griffe!

Cette troisième option, qui serait plus conforme à notre réalité géopolitique, existe virtuellement! Il suffit de lui donner vie.

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