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Non à l'indépendance du Québec! Oui à l'annexion!

09/06/2014 09:15 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Si l'indépendance du Québec a été l'idée de deux générations nous disent des commentateurs politiques, celle de l'annexion politique du Québec, voire du Canada, aux États-Unis d'Amérique est une idée dormante qui perdure depuis des générations.

Rappelons quelques faits historiques remarquables. Disons plutôt de bizarres coïncidences.

Au lendemain de la conquête de 1763, le bon roi George III, reconnu même par les historiens britanniques, pour avoir été un dictateur, voire un psychopathe, sent très bien la braise chaude de la Révolution américaine lui souffler dans le cou. Il sait que la victoire contre la France risque d'être de courte durée puisque l'autre bon roi, un certain Louis XVI, accepte de recevoir à sa cour les lobbyistes de la Révolution américaine. Le sort de la Nouvelle-France est jetée: la mère patrie préfère de loin l'enthousiasme des révolutionnaires américains, même s'ils sont anglophones et qu'ils se considèrent d'abord et avant tout comme des Englishmen, au désespoir froid du pays hibernal. Les pères de la Révolution impressionnent par leur culture et leur indépendance d'esprit. La marque du protestantisme.

George III doit réagir: il ne veut pas perdre l'Amérique au complet. En 1774, le Parlement britannique et son bon roi adoptent l'Acte de Québec qui devient, en quelque sorte, un traité entre la nation française conquise et la Grande-Bretagne. C'est un grand compromis historique: l'Anglais ne veut pas se mêler des affaires internes de la nation conquise. On nous reconnaît la loi civile française, la religion catholique et la langue française. Bien informé, George III prépare sa contre-attaque: la trahison du général adjoint de Washington, le tristement célèbre Benedict Arnold. Aussi, un certain capitaine Clément Gosselin prépare l'invasion de la Nouvelle-France conquise par l'armée continentale sous le commandement du général George Washington lui-même. La difficulté de l'opération vient du fait que le premier Commandant en chef a confié la mission d'envahir la Nouvelle-France conquise à celui qui deviendra le symbole même de la trahison dans l'histoire américaine. Peut-on raisonnablement penser que le capitaine Gosselin a informé le Général Washington de la trahison d'Arnold puisque le Commandant en chef reconnaîtra plus tard les efforts et le courage de son premier officier de renseignement en lui cédant une partie du nord de l'État de New York (Clinton County), tel que le confirme des ordres exécutifs de Washington précieusement conservés à la librairie du Congrès? La Déclaration d'indépendance sera adoptée en 1776. Coïncidence?

Voilà pour la conquête. Mais il y a plus.

Au lendemain de la guerre civile américaine, durement gagnée par les forces de l'Union, Londres adopte en 1867 l'Acte de l'Amérique du nord britanniquemais en ayant pris garde d'adopter, deux ans auparavant, le Colonial Law Validity Act de 1865 qui interdit à sa colonie de faire des lois incompatibles avec les lois anglaises. Londres ne veut céder sur rien mais autorise une organisation administrative de type confédérale où le gouvernement central aura toujours le dernier mot par son pouvoir de dépenser. Fiscalité oblige! Ce dont l'histoire canadienne parle peu, mais qui est un fait connu et documenté chez nos voisins du sud, c'est que la Grande-Bretagne appuyait les confédérés lors de la guerre civile alors qu'à l'époque de la Révolution américaine, elle offrait la liberté aux esclaves noirs en échange de leur service pour le roi.

Ce n'est donc pas un fait nouveau que la Grande-Bretagne cherche à rétablir sa zone d'influence en Amérique. À l'époque de la Confédération, des débats font rage au Congrès des États-Unis aux fins de décider ce qu'on fera de l'Amérique du Nord britannique. Le Canada tremble. Londres est déçu: les Confédérés ont perdu la guerre. Les États-Unis d'Amérique se méfient du Canada dont certains membres du Congrès veulent l'annexion, voire la conquête.

Ce n'est donc pas d'hier que la Grande-Bretagne joue un double jeu, qu'elle mène plusieurs agendas en parallèle pour satisfaire ses ambitions impériales.

Aussi, je rappelle que le Canada Act (1982) adopté par Westminster ne reconnaît pas l'indépendance du Canada alors que la Proclamation royale signée par la Reine un mois plus tard la mentionne très explicitement. Westminster pourrait-il décider de faire des lois pour le Canada en abrogeant la fameuse formule d'amendement? Probablement. Mais cela est-il véritablement important considérant la place de notre voisin américain dans l'échiquier mondial?

Voyons ce qu'il en est du Canada lorsque surviennent des conflits majeurs. Ou nous tombons sous commandement américain...ou britannique comme durant la Deuxième Guerre mondiale, que ce commandement se nomme, pour la forme, alliés, OTAN, ONU ou toute autre forme de coalition.

Que les États-Unis d'Amérique aient remporté les deux grands conflits mondiaux, a certainement eu pour effet de calmer le jeu en Grande-Bretagne, laquelle va s'enferrer dans le conflit irlandais. L'imposition du Plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe va permettre à nos voisins du sud de développer leur économie et d'instaurer un contrôle géopolitique dans le contexte de la guerre froide. Quant au Québec, nous continuerons de dépendre et nous dépendons toujours de notre voisin américain pour l'essentiel de notre économie et de notre défense. Notre Hydro-Québec leur appartient en fait. Léger rappel.

Dès lors, comment comprendre, voir même évoquer dans ce contexte, l'idée même de l'indépendance du Québec, à moins d'ignorer la géopolitique? La puissance économique et géopolitique de notre voisin va sûrement attirer le Québec dans son giron, comme l'électron qui finit par s'effondrer sur le noyau. C'est un pari d'avocat et d'historien, mais une certitude pour un physicien. Le petit électron finit toujours par s'effondrer sur le noyau. Question de temps.

Le beau côté de ce court sommaire historique est que le Canada anglais et la Grande-Bretagne ne sont plus pertinents: les ordres et les ajustements viennent désormais de Washington D.C. et ce, depuis un bail. Il est grand temps que nous le réalisions.

L'option de demain et d'aujourd'hui n'est pas d'intégrer la famille canadienne où les autres provinces et territoires seraient trop heureux de nous faire porter le chapeau d'âne pendant plusieurs générations pour nous être entêtés et avoir échoués dans notre projet collectif, losers historiques s'il en est. L'option de demain et d'aujourd'hui, prenant en compte l'histoire et la géopolitique, est l'annexion politique aux États-Unis. C'est cela, ou être traités comme des parias et des enfants gâtés et ingrats par le maître anglais, d'Angleterre je précise, après avoir signé le document infâme, eux qui n'ont jamais cessé de nous mépriser et siphonner par ailleurs!

Ajustons-nous! Et sachons identifier nos vrais alliés. Il habite la Maison-Blanche.

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