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Le Canada n'est plus le gentil «boyscout» de jadis

15/08/2014 12:15 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Quelques rappels.

Les commentateurs politiques et autres experts académiques semblent oublier que Poutine est un ex-officier supérieur du KGB, colonel de son grade et qu'à ce titre, il en a conservé les qualités et les travers : loyal jusqu'à la mort, secret, perfectionniste. Poutine est un extrémiste tout comme son homologue israélien.

Quant à Netanyahu, il est essentiellement le porte-parole de l'extrême droite israélienne, c'est-à-dire de ceux pour qui la terre d'Israël est sacrée et leur est due conformément à l'histoire et à un destin divin. Au surplus, ce fut la terre refuge des victimes de l'Holocauste.

La communauté internationale est donc confrontée à deux fortes personnalités prêtes à défendre des principes jusqu'à la mort, c'est-à-dire des individus prêts à mettre en péril la sécurité internationale au nom de leurs intérêts et valeurs régionales. Le monde est en danger.

Seul Obama semble conserver son sang-froid.

Poutine ne se laissera pas «peinturer dans le coin». Au nom de la Sainte Russie, il ne cédera pas un pouce. Il a observé comme nous tous dans les médias le massacre de civils palestiniens. Il va chercher à tirer un avantage politique de l'indifférence des pays occidentaux, confrontés à des centaines de pertes de vie, de femmes et d'enfants.

Désormais, plus personne ne croit aux frappes chirurgicales en application des principes de nécessité et de proportionnalité du droit international. Chez les Israéliens manifestement le renseignement faisait défaut. L'armée israélienne ne pouvant frapper précisément a bombardé globalement. L'occident a laissé faire. Les raisons évoquées par Netanyahu pour justifier des frappes globales trahissent ses intentions réelles, à savoir saper le moral et l'économie palestinienne déjà très faibles et provoquer une crise humanitaire qui va engendrer encore plus de pertes.

La faute, c'est Hamas. Vrai!

Mais cela ne justifie pas le tir aveugle d'autant plus qu'Israël disposait du bouclier défensif américain, très efficace et qui a fait ses preuves. Son approche offensive était difficile à justifier. Quant aux tunnels, il y avait place pour des opérations très ciblées et précises des commandos terrestres : le leadership israélien a choisi les bombardements massifs pour éviter d'augmenter ses pertes. Ne soyons pas naïfs.

Qui va reconstruire la Palestine? Cette population va-t-elle succomber aux affres de l'effondrement complet de son économie et de ses infrastructures, à la pire crise humanitaire de son histoire? Qui va payer les pots cassés? L'aide internationale pour une éventuelle reconstruction? Cette aide internationale, ce sera qui vous pensez? Nous! En prime, va-t-on assister à de nouvelles vagues de terrorisme encore plus radical?

Peu importe, il est trop tard. Mais ce qui est certain, c'est que Poutine a compris le message: l'Ukraine va en payer le prix. L'occident n'a pas bougé pour les enfants et les femmes de Palestine. L'occident ne bougera pas pour l'Ukraine. Poutine dispose d'un accès clair et net à des milliers d'ogives nucléaires. Quant au Canada, Harper a tout fait pour que nos villes soient dans son collimateur nucléaire, des insultes personnelles aux déclarations à l'emporte-pièce.

L'existence humaine sur cette terre est en péril. Nous jouons avec le feu.

La seule stratégie acceptable pour l'occident est de se dissimuler sous le couvert de la légalité et de la négociation. Mais cela ne corrigera pas les drames récents. Par exemple, le site de la tragédie aérienne en Ukraine est tellement altéré, que les éléments de preuve paraissent contaminés à tout jamais, disent les observateurs. Ces victimes sont devenues des martyrs pour l'humanité.

Qui sont les coupables? Nous tous, qui avons laissé des extrémistes prendre la direction de nos sociétés.

Au Canada, nous avions la réputation d'être les boyscouts du monde civilisé: nous avons rétabli les relations diplomatiques de la Chine avec les États-Unis grâce à un ex-jeune marxiste du nom de TRUDEAU. C'était la fin de la guerre du Vietnam (1973). À cette époque aucune ville, pas un pouce du territoire canadien n'était dans le collimateur nucléaire des Soviétiques. Aujourd'hui, la diplomatie belliqueuse du Canada, un pays sans défense nucléaire, hormis l'intervention américaine, a fait de nous une cible facile, voire ridicule!

Harper peut bien quémander de participer au bouclier nucléaire américain après avoir insulté le président Obama à maintes reprises dans le dossier Keystone. Je ne suis pas certain qu'il réalise le ridicule de sa position.

Si nous avions retenu les principes de la diplomatie TRUDEAU-KISSINGER, nous aurions pu jouer un rôle analogue et essentiel dans les deux crises majeures que nous vivons: les boyscouts de l'humanité, porteurs de paix et de justice!

On ne refait pas l'histoire, mais on peut raisonnablement penser, sorte d'occasion ratée, que l'Holocauste étant considérée comme un grand drame et un dommage de la Deuxième Guerre mondiale, et la création de l'État d'Israël comme le début d'une réparation, que le déplacement et l'indemnisation des populations palestiniennes durant cette période, auraient pu faire partie d'un plan Marshall élargi pour la reconstruction de l'Europe. Les Alliés en ont décidé autrement en fermant les yeux et en laissant les survivants de l'Holocauste se débattre avec des voisins qui appuyaient les puissances de l'Axe durant la Seconde Guerre mondiale. Quelle méprise!

Aujourd'hui, c'est l'humanité tout entière qui en subit les contrecoups.

Au lieu de chercher des solutions diplomatiques et justes, Harper nous a braqués contre les Russes, ouvertement et sans mesure, en plus d'appuyer Israël sans discernement. Le Canada est devenu une cible, ce que nous avions toujours évité d'être.

Le Canada n'est plus le gentil boyscout de jadis. Nous avons joint le club des extrémistes et les aidons dans leur agenda démoniaque. Nous sommes en péril pour de mauvais motifs. Pour la prochaine guerre mondiale, il n'y aura pas de répétition. Nous sommes déjà au sommet d'une nouvelle guerre froide!

Pourtant le Canada, avec Lester B. Pearson et Pierre Elliot Trudeau, était un symbole de paix et de réconciliation. Avec le pape François, devenu la seule voix affirmée pour la paix, ils nous auraient préservés des pires calamités.

Ayons une pensée pour ce dernier, le messager de la paix et de la réconciliation qui est parmi nous. De cette paix, il faut en parler.

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