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Alexis, viande à chien!

Publication: 22/02/2012 00:12

Grignon, dans sa bien longue saga laurentidienne fit de son Alexis un symbole de liberté, un fier beau gars privé de son égérie, la soumise Donalda, « vendue » par son père. Il y a un autre Alexis, acteur et auteur, un petit bourgeois d'Outremont, élève d'une école avant-gardiste et qui aura bien meilleur destin qu'Alexis Labranche. Cet autre Alexis, questionné par Dame Pétrowski m'en apprenait sur mon petit camarade de la SRC, Louis.

Cet Alexis, pondeur de Matroni et moi, s'installe dans la maison d'enfance, fouille "le tombeau" du papa disparu; comment faire "le ménage" des archives ? J'ai confiance. Louis fut un journaliste emeritus de la jeune télé publique et son fils devra raconter les débuts de la "Révo dite tranquille". Hâte de lire cette biographie car n'est-il pas étonnant que notre libération ait eu comme riche source une machine fédéraliste d'Ottawa, Radio-Canada. Le fier Pet Trudeau, d'Outremont lui aussi, voyait notre néo-nationalisme comme "plaie d'Égypte". Il s'écrira : "On va mettre la clé dans cette boîte, Radio Canada, ce nid de séparatistes!" Ce fut l'annonce de "radio-cadenas" ! De nos jours, Radio Canada a précarisé tous ses employés et "presque tout" est confié aux "privés". Rien à craindre. Le Radio Canada de feu Martin fut une efficace machine, essentielle à notre nationalisme nouveau.

Son papa, comme tant d'autres, fut de ceux qui devaient calculer les coups portés. Rivaliser d'astuce pour participer au neuf nationalisme qui n'avait plus rien à voir avec le nationalisme duplessiste, clérical et conservateur. Pauvre Trudeau, le dénommé "Réseau français" était un "foyer actif" de nationalistes. Duplessis était hanté par la haine du socialisme, Trudeau, lui, par ce fringuant Québec nouveau "Deux frères" au fond, Pet et Maurice! Alexis racontera ce brillant Louis et en viendra forcément à raconter ce beau cortège libérateur.

Cet Alexis-là, jeune choyé, va se passionner pour le théâtre, existence risquée, il va s'associer avec Robert Gravel, le fondateur de la LNI et puis auteur. Robert n'a pas connu la jeunesse outremontaise, il venait d'Hochelaga Maisonneuve. C'est rue Parthenais, angle Ontario, qu'il installera son toujours excitant théâtre. Alexis, jeune, dit Petrowski, dévorait les écrits de Tolstoï mais Gravel s'adonnait, houblon en main, à ses chers "jeux-de-société". Mort jeune, Gravel inventera une dramaturgie à l'hyperréalisme étonnant, forts textes.

Rue Parthenais, désormais y officie Alexis. Parfois en pièces exotiques bien éloignées de l'essentielle quête d'identité. Le papa d'Alexis, journaliste hertzien donc, fut un ardent acteur et observateur en nos batailles libératrices là où il y avait plein de collabos fédérats parmi des valeureux "résistants" et, fort imprudents, certains se firent congédiés. Brutalement. Gérald Godin, Louis Bourdon, aussi un Norman Lester. Paradoxalement ce Radio Canada d'antan, toujours guetté par l'État fédéral, fit naître l'actuel Québec moderne, Fier-Pet fut cocufié.