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D'<em>Alger</em> à <em>Paradis City</em>: un maudit beau voyage avec Jean Leloup

04/02/2015 12:29 EST | Actualisé 06/04/2015 05:12 EDT

Depuis 1989, on en a fait du chemin avec Jean Leloup. Parti d'Alger, on s'est baladé à Toronto, chez les fourmis et dans des paradis perdus. Avec Johnny, on a passé go et joué de la guitare. On a chanté le printemps et l'été, gueulé que le monde est à pleurer, l'amour sans pitié et la vie est laide laide. Ses chansons forment la trame sonore de nos vies.

Leloup, c'est le lien musical le plus fort que ma blonde et moi partageons avec notre fils. Comme un chaperon, il nous a accompagnés. Pendant la vaisselle, quand on avait envie de lâcher notre fou en trio ou dans nos voyages. Comme on vient de l'Outaouais, je ne vous dis pas le nombre de fois qu'on est passé à Hawkesbury. À Hawkesbury!

Avec Paradis City, on est reparti pour refaire encore du millage. Dès la première toune, on entonne: «Les chiens aboient, le train passe, c'est la nuit pas loin de minuit, les étoiles sont magnifiques le ciel noir de ce noir bleu que l'on voit quand on est triste ou bien joyeux», qu'on accompagne d'un peu de air guitar pour accompagner l'irrésistible riff de guitare.

On pogne vite Paradis City aussi. D'abord il y a le beat donné par Alain Bergé et ensuite comment résister au refrain «Et je cry, je cry, baby Hou, à Paradis City, à Paradis City...» (Ah l'art de la répétition chez Jean Leloup).

La maisonnée se transforme en karaoké lorsqu'enchaîne Voyageur : «Nous étions heureux. Tous les deux disaient les amoureux. Et toujours le temps passe, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse? C'est la mort qui grimace».

On a juste envie de chanter avec lui. Un, parce qu'il a ce don d'écrire des histoires qui parlent. Deux, parce qu'il a toujours cette voix hi-pitch et ce rythme contagieux qui font souvent passer ses chansons pour des partys alors que se sont en fait des récits de fin du monde, des constats d'échec ou l'écho d'un mal de vivre.

Jugez-en vous-même avec ce bout de Zone Zéro: «Je bois du vin. Je tue le temps perdu. C'est le destin des fous et des pendus de trop vouloir ce qu'on aurait pas su, si on était resté sagement chez soi.»

Leloup a rencontré beaucoup d'écorchés pour nourrir son imaginaire. Mais on sent qu'il n'est jamais trop étranger à ces histoires. N'écrit-il pas dans la page consacrée aux remerciements: «À mon frère, à ma mère et mon père qui m'ont toujours tenu quand je tombais.»

Musicalement, c'est du Leloup pur jus. Il ne verse dans aucune mode de l'heure. C'est son son qui, on le sait aujourd'hui, résiste au temps qui passe. La guitare est à l'avant dans le mixage. Il y a même les accords dans le livret ce qui permettra de renouveler le répertoire autour du feu de camp.

Il y a longtemps que je n'ai pas vu un tel emballement autour d'un disque québécois. Spécialistes et quidam, jeunes et vieux, médias officiels et médias sociaux, tout le monde y va de son texte, son entrevue, sa recommandation. Je l'avoue, moi aussi Je suis Jean Leloup.... à Paradis City. À Paradis City....


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