Avec le vieillissement de la population, la dégringolade des marchés boursiers, les taux d'intérêt quasi nuls et l'augmentation de l'espérance de vie, nos enfants auront-ils les moyens de nous verser une pension de vieillesse? Où en sommes-nous exactement?
Vers 1970, lorsque l'âge fixé de la retraite de la vie active a été établi à 65 ans, l'espérance de vie des Canadiens était de 72 ans, ce qui supposait alors que les rentes s'étaleraient sur une durée théorique de 7 ans. Aujourd'hui, alors que l'espérance de vie se situe à 81 ans, cette retraite théorique s'étale sur 16 ans. En soi, il s'agit là d'une bonne nouvelle, mais qui n'est pas sans conséquence.
Car en effet, parallèlement à ce phénomène, depuis 2010, les premiers Baby-boomers arrivent à leur retraite. En vagues massives, ceux-ci quitteront successivement le marché du travail jusqu'en 2025/2030. En 1975, on comptait 7 travailleurs pour 1 retraité. Actuellement, ce ratio est de 4 travailleurs pour 1 retraité et en 2030, cette proportion passera de 2 travailleurs pour 1 retraité. Les faibles taux de natalité des dernières décennies expliquent cette situation et comme l'indiquent les dernières données du recensement, aucune augmentation du taux de la natalité n'est prévue à moyen terme. Par conséquent, le coût du Programme de la sécurité de la vieillesse explosera, pour passer de 36 G$ en 2010 à 108 G$ par année en 2030! Un coût de 3 fois plus élevé avec 50 % de moins d'individus pour le financer. Il y a un mur devant nous, nous avons le choix de nous fermer les yeux et de le frapper ou d'être responsables et rigoureux et l'éviter, tout en assurant la pérennité du régime.
Les retraités sont-ils en danger à court terme? Non, bien sûr. Il est clair que les parlementaires, de quelque allégeance qu'ils soient, ne mettront pas la sécurité financière et le bien-être de nos aînés à risque. Toutefois, refuser d'aborder cette problématique pour des raisons partisanes serait complètement irresponsable, voire honteux à l'égard des générations futures. Presque tous les pays membres de l'OCDE ont pris des mesures pour assurer la viabilité de leur régime public de pension, incluant la Suède et le Danemark, reconnus pour leur sociale démocratie.
Par exemple, en 2010, la France a fait passer l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Autre exemple de mesure proactive? Pour retarder l'âge moyen de la retraite, la Suède, elle, a mis en place des plans de formation destinés aux actifs de 40 à 50 ans, pour leur permettre de rester plus longtemps en poste.
Si nous n'abordons pas avec sérieux la situation de nos régimes de retraite, nous pellèterons notre gâchis dans la cour de nos enfants et de nos petits- enfants. Je refuse cette option.
Quelles sont les autres options ?
Toutes les options sont sur la table, toutes, sauf celles de se fermer les yeux ou d'agir sauvagement - et à court terme - en pénalisant nos ainés actuels ou ceux qui s'apprêtent à prendre leur retraite. Le directeur parlementaire du budget, monsieur Kevin Page, affirmait récemment qu'en 2030, les dépenses supplémentaires du régime de pensions seraient gérables, car les revenus de l'État vont également croître. Gérables, probablement, mais gérer, c'est aussi choisir. En 2030, quels seront les choix des gouvernements lorsqu'il y aura 2 travailleurs pour 1 retraité ? D'autres coûts auront alors augmenté, en raison du vieillissement de la population, dont notamment les coûts de santé, qui correspondent aujourd'hui à 50 % des budgets des provinces.
Comme société, nous prendrons le temps de bien analyser les solutions les plus pertinentes et qui seront garantes de la pérennité de nos programmes sociaux. Nous devons adopter des mesures prudentes, responsables et équilibrées, et prévoir une importante période de transition pour faire en sorte que le Programme de la sécurité de la vieillesse demeure viable pour les futures générations de Canadiens et pour donner aux futurs retraités le temps de s'adapter aux nouvelles règles.
Le débat est lancé et j'ose espérer que nous pourrons le tenir calmement, lucidement et de façon responsable, le tout, sans lever d'épouvantails qui insécuriseraient une clientèle fragile.
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En fait, il raconte quoi le sénateur ? Le nombre de retraités augmente, faisons comme les autres. Il n'analyse pas le financement des pensions, ne s'intéresse pas vraiment à ce qu'en dit Page, il escamote toutes les questions qui pourraient permettre aux citoyens de se faire une tête, parce que le reform aime qu'on bouffe des couleuvres, pas qu'on se fasse une tête.
Voilà pourquoi des gens comme Manon Cornellier nous sont bien utiles, ils permettent d'élever le débat et de poser les bonnes questions, sans devoir se contenter du cherry picking du sénateur et de ses amis.
Est-ce que les faits qu'ils nous donnent sont réels ou sont-ils traficotés dans le but de désinformer?!?
À quel point les Harperites vont-ils régler le problème? Plus important pour nous, c'est de savoir où, dans les priorités de Harper, les besoins des Canadiens se situent, par rapport aux besoins des grandes banques et des pétroilières???
Premièrement je crois qu'il faut s'attaquer au régime de pension des députés/sénateurs et des employés de l'état. Ces régimes sont tout autant, sinon plus, sous-financés que les pensions de vieillesse.
Deuxièmement, l'affirmation "coût du Programme de la sécurité de la vieillesse explosera, pour passer de 36 G$ en 2010 à 108 G$ par année en 2030! Un coût de 3 fois plus élevé" est incomplète. Parle-t-on de dollar courant, indexé à l'inflation? Quel est son rapport avec le PIB qui est la capacité de payer des citoyens? A 3% de croissance par an, en 2030, le PIB sera environ 70% plus élevé + environ 50% d'inflation. Ceci fait que le coût des pensions ne sera pas beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui.
Troisièmement, ce sénateur conservateur ne nous parle pas des dépenses accrues que son gouvernement a fait (et fera) dans l'armée, les prisons, etc. Si vous demandez aux citoyens de voter pour des avions ou des pensions, je pense que la réponse sera à 90% en faveur des pensions.
- Carroll Quigley: The Seven Stages of Civilization
Si la tendance ce maintien, nous sommes au stages 6...
Ha, oui, j'oubliais... c'est bien mieux de ce mettre la tête dans le sable pour ignorer le problème... peut-être que si l'on ajoute quelques milliard à la dette le problème va s'en aller de lui même...
Peut-être que l'on peut faire comme la Grèce. Peut-être que quelqu'un va venir nous sauver...