LES BLOGUES

À la recherche d'un chef d'État

18/04/2016 10:27 EDT | Actualisé 19/04/2017 05:12 EDT

«I have a dream» disait un grand chef. Les Afro-Américains ont eu ce chef, qu'ils ont suivi, admiré et respecté. Les Indiens, pour ne pas dire les hindous, ont idolâtré Gandhi. On cite encore de Gaulle à toutes les sauces. Ces hommes furent de grands chefs inspirants qui ont marqué l'Histoire de leurs peuples respectifs, et même le monde. Ce ne sont pas des politiciens, des politicailleurs de carrière ; ils sont issus du peuple, d'une fonction où ils ont excellé. Deux furent assassinés et l'autre est retourné dans ses terres. Ils ne sont pas seuls. Il y en a d'autres. Ils ont écouté et ont convaincu leur nation de gagner leurs causes par la paix. Et ils ont gagné la majeure partie des revendications.

Je rêve de ce chef. Loin de ces politicailleurs, des politiciens de carrière et des chefs de partis politiques.

Je cherche ce chef d'État respecté qui dirigera notre peuple vers une destinée fière, qu'elle soit indépendantiste, nationaliste, fédéraliste ou autre.

Ce rêve m'a titillé en constatant le mi-mandat du chef du Parti libéral du Québec, le chef d'un parti politique, et non du peuple.

Une mi-mandat à tenter de colmater sans vision toutes les structures de l'État, les structures des ministères, en oubliant le peuple et ses grandes misères ; changeant d'orientations au gré du vent, prenant plusieurs décisions sans le jugement adéquat. Impulsif et têtu, comme il l'a démontré dans le dossier du forage à l'île d'Anticosti. Excellent débatteur, il n'a en rien relevé les débats de l'Assemblée nationale comme il l'avait promis, même au contraire. Ne réussissant jamais à démontrer l'intégrité de son gouvernement et de sa famille politique. Son absence de compassion identitaire m'a grandement touché, et tant de gens aussi. Sa propension à habiller les bévues de ses ministres et ses hésitations à prendre des décisions ont terni son lustre. Son orientation libertarienne à réduire la taille de l'État semble illustrer son agenda caché. La réélection de son parti est sa priorité. Il est prêt à sacrifier 2 000 emplois comme monnaie d'échange.

Puis si je regarde l'opposition. Le Parti québécois ne permettra jamais à un chef d'État de les diriger sans lui infliger des jambettes. À moins d'un être exceptionnel! Et le chef de la CAQ manque de charisme pour convaincre tout un peuple, mais son intégrité en fait un politicien de premier plan.

Sur la scène fédérale, Justin Trudeau n'a pas un passé de réalisations. Une belle prestance et une capacité de séduire lui apportent une bonne note. Mais pour la consistance de son œuvre et l'habileté de devenir un chef d'État, il lui faudra une bonne dizaine d'années encore, ou peut-être moins. Il faut se souvenir de l'euphorie du début de l'«Obamania» et les idéaux non atteints.

Suis-je trop sévère? Ou mes attentes sont-elles si élevées que mon rêve ne sera qu'une utopie?

Voici quelques critères pour décrire les qualités d'un chef d'État.

Un homme (ou une femme) authentique, courageux, le ou la plus apte à répondre aux aspirations du peuple. Par la persuasion, sa première qualité sera de convaincre efficacement le peuple de ses objectifs. Une aura et un charisme doivent couler dans ses veines. Il devra démontrer sa capacité d'analyse, de décision, pour réaliser sa politique ; d'atteindre ses objectifs et orientations ; de montrer son aisance à écouter, à comprendre les autres et les rendre fiers de leur nation.

Il doit démontrer sa facilité à accepter les conséquences de ses actes. Voir loin et voir grand! Il doit être conséquent en élevant un haut degré d'intégrité dans sa vie personnelle et professionnelle. Il doit être enclin à inspirer les autres dans la recherche du bien et du mieux.

Ce doit être un homme ou une femme qui croit et se projette dans l'avenir en convainquant ceux qui l'entourent et son peuple. Celui qui respecte son peuple est respecté par celui-ci. Ce qui unit les hommes, c'est l'amour de la vision d'un chef. Un vrai chef d'État gouverne autant à droite qu'à gauche. Il n'est ni un président, ni un premier ministre, parce qu'il doit incarner la nation entière et penser en tout temps à cette incarnation, sa vraie vocation. Il espère suivre la trace des grands comme de Gaulle, Gandhi, Mandela et combien d'autres.

Il y a certainement un grand homme parmi les nôtres. Qu'il se lève!

Et vous qu'elles sont les qualités de votre grand chef d'État?

Lisez d'autres textes de Claude Bérubé en visitant son blogue Leptitvieux.com.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Les femmes les plus puissantes du monde selon Forbes (2015)

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter