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La loyauté, une valeur incontournable à transmettre

24/04/2013 03:19 EDT | Actualisé 25/06/2013 05:12 EDT
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J'ai abordé dans mes billets précédents la transmission des grandes valeurs d'une génération à l'autre. Des adultes aux plus jeunes! Mais surtout l'obligation faite aux vieux de transmettre tout le savoir d'une vie à la descendance. Sinon, quels seront les principes de vie qui animeront ceux qui suivent? Quelles seront ces valeurs communes qui façonneront l'identité de notre nation demain? Encore faudra-t-il que des jeunes écoutent et comprennent les plus vieux. Sinon, ce ne sera qu'un monologue, dont la sécheresse ne permettra pas la moindre moisson. Et abrogera la fertilité de la terre de nos ancêtres! Merci de me lire. Merci de lire les mots d'un p'tit vieux de 71 ans.

La kyrielle de valeurs nobles qu'on m'a enseignées m'a permis de vivre les méandres d'une vie entière guidée par la noblesse de l'âme et de l'être humain. Au cœur de cette multitude de valeurs, j'en ai extrait une, peut-être deux, qui me semblent dominantes, que je retrouve au sommet de la pyramide: la générosité et la loyauté ! Après avoir traité de la générosité dans mon billet précédent, abordons la loyauté.

Toutes les vertus qui sont «orientées vers les autres» servent de solage, de fondation à la loyauté. Cette dernière sert, à son tour, d'assise solide à toutes les autres vertus. D'où coulent une qualité morale, une attitude d'esprit et une force de caractère, qui excluent la tromperie, la trahison et le mensonge, selon Confucius. La loyauté se nourrit à de nombreuses mamelles, dont la sincérité, la droiture, la fiabilité, la franchise, la fidélité, la constance, la responsabilité, le respect, la confiance et le dévouement. Ouf!

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La loyauté et sa compagne la générosité, comme un couple, sont des qualités d'âme qui me touchent au plus profond et que je classe en haut de la pyramide des vertus. Elle est cimentée par la fidélité et le dévouement envers une cause ou une personne. L'honneur et la fierté en sont le carburant. Pour être loyal, il faut vouloir vivre de manière vraie, pure et être conséquents avec la parole donnée. Mais, parole donnée ou pas, il faut toujours se sentir moralement obligé à assumer librement un lien ainsi que des valeurs suggérées par la raison ou la foi. La loyauté s'inscrit dans la permanence et n'a aucune affinité avec le bref engagement. L'engagement est un pacte de loyauté et ne peut en être dissocié.

Dans une relation de couple ou familiale, la loyauté englobe la fidélité et l'honnêteté. Ces deux dernières expriment quelque chose de précis tandis que la loyauté exprime une probité plus étendue et plus transversale.

Être loyal à son patron et à l'entreprise qui l'embauche fait étalage de l'envergure de l'employé. Je me souviens, quand j'embauchais, je recherchais d'abord la loyauté. La compétence en second.

Être loyal à sa Nation implique de reconnaître le lien qui existe entre les citoyens et les valeurs de la nation. Qu'elles soient géographiques, nationales ou morales. Elles regroupent un ensemble de valeurs auxquelles adhèrent les citoyens et constituent l'identité du groupe. Comme l'identité du Québec. En somme, la loyauté peut identifier tout un groupe, un ensemble de valeurs, des individus, des structures sociales, philosophiques, religieuses et éthiques. L'attachement peut flirter avec la rationalité et l'émotivité.

Personnellement, je m'applique à essayer d'être le plus loyal possible. La vie ne rend pas la tâche toujours facile, et parfois... est bien absurde. La loyauté est une vertu qui demande un effort important et sera toujours exigeante envers ses convictions. Combien de fois, elle nous placera face à un choix déstabilisant. L'observance de la loyauté sera toujours inconstante pour les personnes superficielles. Les trahisons existeront toujours et mettront en péril les engagements fragiles. Et le fanatisme pour une cause, un parti politique et même religieux n'est qu'une façade et une pseudo valeur qui ne cherchent bien souvent qu'à combler un vide de l'âme. Ce n'est pas en empruntant les idées des autres, en s'alignant dans les idées éphémères à la mode qu'on nourrit la grandeur de son âme.

J'ose espérer ne pas avoir été en défaut de cette vertu et qu'on me pardonnera mes manquements. J'ai eu le privilège de côtoyer des gens respirant cette vertu. Autant dans ma famille, dans mes amis que dans mes relations d'affaires et sociales. Ils se reconnaîtront s'ils lisent ce texte. S'ils pouvaient savoir combien ils m'inspiraient. Combien je leur vouais un respect indéfectible pour leur noblesse vertueuse.

Il y a des valeurs qui se vivent avec plus d'intensité en famille. Comme l'intégrité, la justice, le respect des autres, etc. D'autres avec des groupes d'amis. La valeur de la camaraderie peut se vivre plus facilement à l'école qu'au niveau national. C'est pourquoi les parents devraient insister sur la loyauté de chaque membre de la famille envers les institutions les plus proches de l'être humain. La valeur «nation» n'aura de sens que si les habitants sont loyaux envers eux-mêmes, à ce qu'il y a de plus fondamental en eux, à la vérité. La loyauté envers ses valeurs choisies est fondamentale dans un monde qui se désintègre, en raison d'une attention de plus en plus exclusive à ce qui est purement transitoire et éphémère.

Les valeurs peuvent aussi se différencier d'une culture à l'autre et même être nationales comme le démontre un sondage en Allemagne. Il situe la loyauté en tête des valeurs soit 92 %. Suivent juste derrière la fidélité, la justice, l'honnêteté, la fiabilité, la responsabilité et la conscience du devoir pour 91%. Le respect et le savoir-vivre sont crédités de 89 points. Ils sont suivis par la solidarité (84 %) et par le courage (83 %).

Lisez d'autres textes de Claude Bérubé en visitant son blogue Leptitvieux.com

Et que sont nos valeurs nobles au Québec? Ce sont rarement les valeurs germaniques qui nous préoccupent selon des sondages québécois avec des approches différentes et possiblement incompatibles. Ils établissent qu'on cherche davantage la richesse et la diminution du travail au sommet de la pyramide avec 75 %. Que la langue française et l'égalité des sexes suivent avec 50 %. Que la tolérance et la paix sociale se classent vers le 10%. Que la spiritualité et la religion viennent se blottir à 2 %. L'individualisme se classe bien. Tout comme l'apparence, la consommation, le prêt à jeter, le «tout est permis», la facilité, les idées «prêt-à-porter». Les exemples ne manquent pas..., je vous laisse en faire la longue liste..., c'est catastrophique. Avouons que les deux sondages observent des paramètres opposés, mais les sujets titillent un certain intérêt.

Tous ces propos sont issus d'une longue vie, la mienne. Est-ce possible de gaspiller une vie d'observations et de réflexions sans les transmettre à ceux qui veulent bien les écouter? Quel gâchis que d'effacer le vécu d'une vie sous le qualificatif de passéiste. Le savoir a pris naissance il y a des millénaires et l'homme a peu changé sinon son environnement. Bravo à ceux qui auront l'audace de s'y inspirer pour de meilleurs lendemains.

Un beau sujet à méditation, à la recherche et à l'observation. Je vous laisse sur ces propos en souhaitant lire vos propres commentaires.

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